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Un dentiste de l’Outaouais s’est donné comme mission de remodeler le système de cliniques dentaires au Québec afin de faciliter le travail des dentistes-propriétaires qui doivent gérer une entreprise en plus d’exercer leur profession.
Un dentiste de l’Outaouais s’est donné comme mission de remodeler le système de cliniques dentaires au Québec afin de faciliter le travail des dentistes-propriétaires qui doivent gérer une entreprise en plus d’exercer leur profession.

Implanter un réseau dentaire une clinique à la fois

Jean-Simon Milette
Jean-Simon Milette
Le Droit
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Un dentiste de l’Outaouais s’est donné comme mission de remodeler le système de cliniques dentaires au Québec afin de faciliter le travail des dentistes-propriétaires qui doivent gérer une entreprise en plus d’exercer leur profession.

Alain Thivierge agit comme dentiste depuis 1983. Basé à Wakefield en Outaouais, Le Dr Thivierge a toujours eu la fibre entrepreneuriale bien ancrée en lui. 

Alors qu’il sentait qu’il y avait un besoin urgent de remodeler le système de cliniques dentaires au Québec, le Dr Thivierge s’est penché, en 2011, sur la création d’un réseau qui permettrait de revoir le modèle d’affaires des cliniques québécoises.

Le réseau Clareo, anciennement connu sous le nom de Groupe Santé Dentaire, regroupe actuellement 11 cliniques réparties dans trois régions du Québec. Pour le moment, l’Outaouais compte huit de ces 11 cliniques sur son territoire.

Selon le Dr Thivierge, cette nouvelle approche basée sur le repreneuriat pourrait permettre à certains dentistes de se concentrer sur l’exercice de leurs fonctions en délaissant la gestion d’entreprise au réseau.

« Les dentistes sont d’excellents spécialistes de la santé, mais ils ne sont pas tous d’excellents gestionnaires. Ça permet aux dentistes et aux hygiénistes d’exercer la profession qu’ils ont choisie sans avoir le stress administratif. On leur enlève la charge financière et ils entrent au bureau avec une tranquillité d’esprit.  »

Le réseau Clareo préconise le développement en grappes dans plusieurs régions de la province comme en Outaouais, en Estrie et dans les Laurentides. Ce type de développement permet d’offrir à chacune des régions les soins qui sont propres à leurs particularités.

« Dans chaque grappe, on essaye de refléter l’ADN de ces régions-là dans les soins offerts. On peut donc apporter des soins adaptés aux clients selon les besoins de ces régions-là », indique le Dr Thivierge.

La création d’un réseau comme Clareo aurait aussi plusieurs bienfaits pour la clientèle. Clareo permet de déplacer des spécialistes vers les cliniques des régions afin de desservir cette portion de la population.


« La majorité des spécialistes se trouvent dans les grands centres comme Montréal et Québec. Pour consulter un spécialiste, les gens des régions doivent souvent faire deux à trois heures de route. Avec un réseau comme celui-là, ça nous aide à amener des spécialistes dans les régions. »
Alain Thivierge
Alain Thivierge

Place aux femmes

Le contexte démographique chez les dentistes a évolué de façon draconienne au cours des dernières années, si bien qu’une féminisation de la profession a été observée par le Dr Thivierge.

«  C’est maintenant environ 70 % des dentistes qui sont des femmes. Donc quand une dentiste dans le réseau nous dit qu’elle est enceinte, on dit :  bravo, quand tu seras prête, reviens travailler. Entre temps, nos patients ne sont pas laissés au dépourvu parce qu’en tant que réseau, on a la capacité de la remplacer avec un autre dentiste, ce qui permet de soutenir la clientèle. C’est une belle option pour notre profession au Québec, surtout avec le changement démographique et social qu’on vit. »

La mise en place d’un réseau dentaire solide pourrait d’ailleurs contribuer à sauver des cliniques qui sont aux prises avec d’importantes difficultés financières en raison de la pandémie de la COVID-19.

«  En mars dernier, on a immédiatement mis en place un comité de relance. On a prévu les coûts financiers et on a pu s’occuper de nos employés, des choses que les cliniques indépendantes ont dû mettre en œuvre elles-mêmes. Le fait d’être en réseau a été un grand avantage au niveau de la relance. Même au niveau du matériel. Au début de la crise, il y avait une grosse pénurie de matériel, notamment les masques N95. En tant que réseau, on a pu s’entendre avec un distributeur pour avoir le matériel nécessaire à la relance dans nos cliniques. On a même aidé des dentistes qui sont hors de notre réseau afin de leur fournir le matériel manquant. »

Bien que la pandémie ait ralenti l’agrandissement du réseau comme il était prévu, le Dr Thivierge continue de voir grand.

«  On veut être la référence au Québec et je crois que pour y arriver, il nous faudrait entre 35 et 50 cliniques dans le réseau  », termine-t-il.