André et Pascal Dupont, du concessionnaire automobile Dupont & Dupont Ford, dans le secteur Hull.

Frappé par la tornade

« Un silence sourd, puis soudain tout s’est mis à tourbillonner. »

C’est en ces termes que le copropriétaire de Dupont & Dupont Ford se remémore la tornade qui a frappé sa concession automobiles, le vendredi après-midi du 21 septembre 2018.

« J’étais encore au bureau, il y avait des signes avant-coureurs. Le ciel a commencé à se noircir et pas à peu près. On entendait les alarmes et à un moment donné, il y a eu un espèce de silence très sourd. Tout est devenu extrêmement calme. Ils disent toujours le calme avant la tempête, bien en tous les cas, je l’ai vécu et à un moment donné on a commencé à sentir une espèce de commotion », lance Pascal Dupont.

La salle de montre du boulevard St-Joseph à Gatineau était particulièrement achalandée ce jour-là, se souvient-il, alors qu’une vingtaine de clients s’y trouvaient, dont plusieurs enfants.

« Les gens ont commencé à s’affoler et à se diriger au sous-sol où se trouve la comptabilité. Le bâtiment s’est mis à trembler comme si un train passait en plein centre. On regardait dehors et tout ce qu’on voyait c’était des tourbillons. On avait l’impression de regarder une espèce de grosse laveuse », poursuit-il.

Si le passage de la tornade dans le secteur n’a duré que quelques secondes, ses traces ont pour leur part mis plus de temps à s’effacer. Laine isolante, balais, boîtes de céréales ont atterri sur le terrain du concessionnaire, endommageant sur son passage environ 200 des 245 véhicules en montre.

« Quand on a commencé à regarder les véhicules de plus près, on a vu les dommages. C’était comme s’ils avaient été shootés avec un jet de sable. La peinture des véhicules était toute picotée. On a eu un seul véhicule déclaré perte totale, celui sur lequel un poteau électrique est tombé. Ensuite on a eu des dommages à la hauteur de 20 000 $ sur certains véhicules ou entre 14 000 $ et 15 000 $ sur d’autres », explique M. Dupont.

Le commerce s’est relevé de la situation sans trop essuyer de pertes. Au total, le concessionnaire a eu une déclaration d’assurance totalisant 1,5 M $ et la quasi-totalité des véhicules ont été vendus à rabais.

« On a décidé de faire une vente rapidement pour être capable de liquider les véhicules endommagés. Quand les clients passaient, on leur offrait le prix déduit avec le montant de la facture. Donc il y avait des gens que ça ne dérangeait pas d’avoir un véhicule flambant neuf avec des éclaboussures de peinture, mais qu’il payait un tiers moins cher. Donc on a fait une vente rapidement et ce tiers-là, on l’a assumé en attendant notre chèque des assurances », fait valoir M. Dupont.

S’il a fallu près de huit mois avant que la situation ne revienne au beau fixe, M. Dupont soutient néanmoins avoir ressenti une certaine fierté de constater qu’il était préparé à faire face à cet incident.

« J’ai compris pourquoi mon père ( André Dupont ) m’a toujours dit : « Mon gars, tu es bien mieux d’avoir plus d’assurances que pas assez. Et s’il y a bien une place où tu ne dois pas couper les coins ronds, c’est quand tu t’assures pour des pertes comme ça, parce que quand tu tombes dans des dommages matériels, c’est la santé financière de l’entreprise qui peut être en péril», fait valoir Pascal Dupont.