Jacques Laviolette, propriétaire du restaurant La Cage à Gatineau. 
Jacques Laviolette, propriétaire du restaurant La Cage à Gatineau. 

Plus de profits et moins de créativité avec une franchise

Dominique La Haye
Dominique La Haye
Collaboration spéciale
Lorsque les amateurs de café aperçoivent la petite sirène verte à l’effigie du géant Starbucks, ils savent à quoi s’attendre, fait remarquer le copropriétaire de la franchise de la rue Wellington au centre-ville de Gatineau, Joe Rego.

C’est là l’un des grands avantages de faire partie d’un réseau de franchises, renchérit l’homme d’affaires qui détient d’autres commerces avec sa conjointe Isabelle Lacroix, dont Le Cellier, le Quai St-Raymond et Olivia.

La preuve : quelque 450 personnes ont convergé vers sa franchise lorsqu’elle a ouvert ses portes le 3 septembre 2017. Depuis, le commerce sert en moyenne 700 amateurs de café par jour.

« Il ne faut pas se le cacher, à chaque fois que tu ouvres un commerce et que tu n’as pas une image de marque solide ou même si tu essaies, ça prend du temps avant d’attirer du monde. Moi, j’ai toujours voulu avoir un café, mais si j’avais ouvert le « Joe’s café », ça m’aurait probablement pris un an et demi avant d’attirer 400 personnes par jour », lance-t-il.

Le copropriétaire du café Starbucks, dans le Vieux-Hull, Joe Rego.

Depuis, le chiffre d’affaires de la franchise Starbucks qu’il détient en partenariat avec le Groupe Heafey, propriétaire de l’immeuble, a bondi de 20 %.

C’est aussi le constat du propriétaire de La Cage à Gatineau, Jacques Laviolette, qui a fait l’acquisition de la franchise il y a 28 ans. Il y a trois ans, le virage qu’a pris le franchiseur en optant pour un menu plus santé et raffiné et pour une ambiance différente a permis à M. Laviolette de pratiquement doubler son chiffre d’affaires. Il a connu une augmentation de 40% en 2017-2018, puis de 12 % les années suivantes.

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« Et ça continue, ce n’est quasiment pas croyable, affirme M. Laviolette. La clientèle a beaucoup changé. Avant on rivalisait avec les restaurants qui avaient des télévisions, mais là on rivalise avec le monde qui ont des télévisions et avec du haut de gamme, car on est rendu avec des tartares », ajoute-t-il.

Une partie de la salle à manger du restaurant La Cage, sur le boulevard Gréber, à Gatineau.

M. Laviolette se souvient du temps où il avait ouvert le restaurant Le Sterling, alors méconnu du public, et dans lequel il a depuis vendu ses parts, afin de financer les travaux de rénovation à La Cage.

« Ça avait pris sept à huit ans avant que le restaurant se fasse un nom. Au début c’était dur. Le monde n’osait pas y aller. Le monde en entendait parler, ça y allait tranquillement. Les employés ne voulaient pas lâcher une bonne place pour venir travailler là, car ça venait d’ouvrir. Et là tranquillement on est devenu la référence », souligne-t-il.

Cet exemple témoigne, selon lui, de l’avantage de faire partie d’un réseau de franchises comme La Cage dont la marque de commerce est déjà établie.  


« Pour quelqu’un qui est bien travaillant, c’est plus avantageux d’avoir une franchise, dans le sens où tout est là. Tu as juste à travailler et à gérer ta cuisine. Alors que quand tu es indépendant, bien là il faut que tu penses à faire ton menu, à structurer les coûts et à faire des ententes avec tes fournisseurs. Tu es toujours en train de gérer et tu ne t’occupes alors pas de tes clients. »
Jacques Laviolette, propriétaire du restaurant La Cage à Gatineau

C’est aussi l’avis de M. Rego, qui voit plusieurs avantages à obtenir une formule de type clé en main pour les gens qui souhaitent se lancer en affaires.

« C’est une belle aventure pour quelqu’un qui veut être entrepreneur et qui n’a pas trop d’expérience dans le domaine, mais qui a le goût de travailler. C’est une bonne façon de commencer et de mettre des heures. La maison-mère vous enligne dans la bonne direction et en raison de la marque de commerce, c’est presque garanti de succès », croit-il.

La conformité qu’impose le franchiseur laisse peu ou pas de place à la créativité constitue le principal inconvénient du franchisé, avance M. Rego.

« Tout ce qui est décidé est décidé par le franchiseur, même la manière dont on pose les tablettes et les couleurs sur les murs », dit-il.

M. Laviolette fait pour sa part valoir que l’un des désavantages survient lorsque La Cage est en rupture de stock pour un produit. Impossible alors d’aller se le procurer au supermarché local, étant donné que les produits doivent provenir de la maison-mère.

Le propriétaire de La Cage a cependant pu ajouter sa petite touche personnelle lors des rénovations de sa franchise en obtenant le droit d’avoir un cellier. Il ajoute aussi que les chefs peuvent créer une soupe du jour et les hors-d’oeuvre lors de 5 à 7. Ils peuvent aussi participer à un concours aux six mois et présenter une recette qui peut ensuite se retrouver sur les menus des restaurants.

La succursale Starbucks située sur la rue Wellington, dans le secteur Hull.