Quand un rêve devient réalité

À la naissance de leur fils Joshua, Alain Ménard et Karen Clark, de Hawkesbury, peinaient à dénicher des produits de soins à la fois naturels et biologiques. Ils ont donc décidé de joindre leurs habiletés de scientifiques et d’en créer sans éléments artificiels ou synthétiques. De là est née la marque The Green Beaver.

Biochimiste de carrière, Karen Clark est la première du couple à quitter son emploi dans le domaine des pesticides, en 1996, afin de se consacrer à ce projet de vie.

Trois ans plus tard, son conjoint Alain Ménard reçoit un appel de sa soeur de 32 ans. Celle-ci lui annonce qu’elle a reçu un diagnostic du cancer du sein très avancé et qu’elle ne s’en remettra pas. « Ce n’est pas héréditaire, ni du côté de notre père, ni du côté de notre mère. Penses-y, tu manges des pommes avec des pesticides. Tu laves tes planchers, sans vraiment savoir ce qu’il y a dans ces produits. Un peu de ci, un peu de ça, certains s’en sortent, et d’autres non », se désole M. Ménard.

Pour The Green Beaver, cette annonce a été décisive. « Je me suis dit, tu sais quoi ? Je viens de comprendre. Je comprends, je le vis. On va faire ces produits pour sensibiliser les gens et leur montrer ce qu’il est possible de faire. » Une semaine et demi plus tard, le microbiologiste Alain Ménard démissionne à son tour de son emploi en pharmaceutique et décide de se concentrer à temps plein pour développer des produits à 100% naturels et biologiques.

Aujourd’hui, l’entreprise basée à Hawkesbury distribue ses produits dans près de 10 000 points de vente en Amérique du Nord, principalement chez les Health Food Stores, mais aussi dans les magasins à grande surface.

Produits révolutionnaires

The Green Beaver est la première entreprise canadienne à avoir introduit une gamme d’écrans solaires complètement naturels certifiés Écocert. Key West, la ville la plus au Sud de la Floride, vient récemment de se joindre au mouvement engendré à Hawaï pour bannir les écrans solaires synthétiques en raison des effets que ces produits peuvent avoir sur les récifs de corail. « Les gens réalisent et se disent que le très peu qu’il y a sur moi va aller dans l’océan et tuer les coraux. Oui, mais dans ce cas-ci, ça doit être aussi nocif pour ma propre santé, non ? »

L’entreprise est aussi la première et toujours la seule à avoir développé un dentifrice naturel pour dents sensibles sans fluorure. L’un des produits qui vient tout juste d’être mis sur le marché, l’antisudorifique sans aluminium, est également le premier du genre au Canada et devrait faire fureur, prévoit son propriétaire.

Alain Ménard et Karen Clark de l'entreprise Green Beaver

Alain Ménard s’enthousiasme facilement devant tous ses produits certifiés Écocert. Un produit arborant cette certification assure que chaque ingrédient, incluant l’emballage, est fabriqué selon de très hauts standards environnementaux. Tous les six mois, un inspecteur débarque chez The Green Beaver afin de s’assurer que M. Ménard fait tout en son pouvoir pour atteindre ces hauts standards. « Ils vérifient tout. Ils doivent approuver tous les ingrédients, ils ont accès à tous nos plans, ils regardent l’encre pour les étiquettes, et même les ingrédients pour la colle. »

Voyage au Sénégal

Il y a deux ans environ, des femmes membres de l’Union nationale des femmes coopératrices du Sénégal (UNFCS) sont venues visiter le laboratoire de The Green Beaver. Celles-ci ont appris à concocter des produits hygiéniques tels que des savons et des baumes à lèvres composés uniquement d’ingrédients disponibles au Sénégal. Ainsi, elles ont pu retourner chez elles avec la capacité de fabriquer leurs propres produits et d’en faire la vente.

Alain Ménard vient tout juste de quitter pour aller les rejoindre au Sénégal afin d’assurer la qualité de la production et la formation de ces femmes. De cette façon, The Green Beaver participe à sa manière au développement économique de la région. « Ça va super bien. On a pu augmenter le nombre de membres qu’elles ont par Union, quelques choses qu’elles désiraient. Ça fonctionne tellement bien qu’elles ont pu introduire leurs savons dans les pharmacies de la capitale, à Dakar. Ça permet entre autres d’envoyer les enfants à l’école. »

La prochaine étape est de montrer aux Sénégalaises comment faire un beurre corporel. Une formation en marketing leur sera également offerte, dans le but de favoriser la commercialisation de leurs produits.