Les membres de la deuxième édition du G7 de Gatineau.

Les TGV du G7

Ils sont créateurs, déterminés, exportateurs, mais surtout, ils sont débordés. La nouvelle mouture du G7, parrainée par ID Gatineau, ne manque pas de défis: elle manque de temps.

«Trouver l’équilibre pour rester en santé, c’est le plus difficile», explique Josée Proulx, copropriétaire de Revêtement Industriel Prizma. «J’ai un horaire vraiment surchargé», ajoute Jean-Sébastien Vachon, fondateur de Inteloom. 

Pour Steeve Lavoie, papa d’une fillette de trois ans, «le défi est de partager ton temps entre la famille et la compagnie». Même verdict pour Marie-France Maisonneuve, propriétaire de la Clinique d’apprentissage spécialisée, en transit entre deux aéroports. «Quand on travaille 85 heures par semaine et qu’on veut être partout, ça bouscule une vie.»

Alors imaginez à quoi ressemblent des entrepreneurs débordés qui acceptent d’ajouter à leur horaire compressé des journées entières de formation pour améliorer leur entreprise!

Le G7, c’est une cohorte de sept gens d’affaires de Gatineau qui sont en mode croissance et qui ont besoin d’un coup de pouce pour aller plus vite, plus loin dans leur développement. «Nous, on veut les propulser, les aider à grandir», explique Jean-Francois Guitard, porte-parole d’ID Gatineau. Les sept entreprises d’élites doivent assister en quelques mois à une demi-douzaine d’ateliers intensifs où il sera question autant de créativité, de finances que d’équilibre psychologique. Elles ont été choisies pour leur capacité d’exportation. Une première cohorte du G7 a été formée en 2017.

«J’ai adoré l’expérience», affirme sans hésitation Nancy Lehoux, présidente de Milident, un laboratoire dentaire établi à Gatineau depuis 24 ans et qui donne de l’emploi à 80 personnes. «J’aime apprendre et on a été gâtés avec la crème des présentateurs. J’ai particulièrement aimé Nathaly Riverin, fondatrice de l’École d’entrepreneurship de Beauce, qui nous a expliqué entre autres comment faire pour rester sain d’esprit dans nos vies avec nos entreprises», laisse-t-elle tomber. «C’était génial», raconte M. Vachon, qui a également apprécié les ateliers où il était question d’équilibre mental, notamment avec l’ex-présidente de l’Ordre des psychologues du Québec, Rose-Marie Charest. «Moi, j’ai trippé», complète le benjamin du groupe, Alex Joanisse, de la Trappe à Fromage, notamment quand il a rencontré Richard Legault, anciennement de Brookfield.

Parmi les six activités à l’horaire, ce sont les ateliers où les participants ont pu s’ouvrir, échanger plus ouvertement entre eux, parler à cœur ouvert, qui les ont marqués.

«On se sent moins seul quand on est avec des dirigeants comme nous», constate Yves Marleau, fondateur de Cogniva. «Dans le quotidien, je suis seul au bâton», reconnaît Steeve Lavoie, fondateur de Allied Scientific Pro. «Face aux employés, il faut être fort. Face aux banques, il faut être fort. On est isolés. Alors que là, on a pu s’ouvrir aux autres», explique avec une reconnaissance certaine M. Vachon. «On a partagé nos inquiétudes, nos difficultés, ça nous a aidés à prendre du recul, à voir les choses autrement», admet Josée Proulx.