G7: Qui sont ces entrepreneurs?

La plus ancienne du groupe est la compagnie Milident, qui produit 39 000 appareils dentaires par année dans ses locaux du boulevard de la Technologie à Gatineau.

Avec des bureaux également à Ottawa, à Laval et à Moncton, au Nouveau-Brunswick, Milident est toujours en mode «acquisition» pour augmenter ses parts de marché. Mais pour y arriver, l’entreprise, qui appartient au couple Nancy Lehoux et Pierre Rozon, doit faire venir sa main-d’œuvre du Brésil, du Pérou, d’Afrique du Sud et de la Corée. L’an prochain, le Laboratoire Milident célébrera son quart de siècle en affaires.

Également sur le point de célébrer ses 25 ans, la Trappe à Fromage est probablement la plus connue du groupe. Créée par Gilles Joanisse et Mario Hébert en 1995, l’entreprise s"apprête à transférer sa direction à la prochaine génération: leurs fils Alex et Kevin commencent à prendre la relève d’une compagnie qui possède maintenant six boutiques et qui transforme quatre millions de litres de lait par année.

La plus jeune entreprise de la cohorte du G7 s’appelle Inteloom. Cette compagnie de technologie de pointe lancée il y a cinq ans offre des services de «gestion orientée de l’objet», des logiciels qui permettent d’organiser l’information de l’entreprise en un seul système et en temps réel, «une révolution», lance le fondateur d’Inteloom, Jean-Sébastien Vachon. L’entreprise dévoile son nouveau-né, le GOOM-Tool, au début du mois de mai prochain. «Je n’ai aucune crainte que ça va décoller», assure son concepteur.

Josée Proulx et son conjoint ont fondé une entreprise de peinture et de revêtement en poudre et en liquide qui ne cesse de s’étendre, Prizma. Parmi ses clients, l’armée canadienne, le Casino du Lac-Leamy, l’industrie aérospatiale… Le couple et leurs quatre enfants participent à l’aventure.

L’entreprise de Marie-France Maisonneuve est loin de la fabrication. Elle a fondé il y a huit ans la Clinique d’apprentissage spécialisée dévolue aux personnes avec des difficultés d’apprentissage, d’attention et de langage. Avec ses 45 employés et ses bureaux de Gatineau et d’Ottawa, Mme Maisonneuve a développé du matériel didactique qui, graduellement, deviendra le noyau de l’entreprise.

La compagnie Allied Scientific Pro, fondée par Steeve Lavoie, est la plus grande exportatrice du G7 de Gatineau. Ses produits de photonique, des lasers essentiellement, sont vendus à des géants tels Boeing, Toyota et la NASA. Ses différentes formes de lasers permettent de tester des puces électroniques ou encore de nettoyer de la pierre ou de la peinture avec un minimum de matière résiduelle. Les lasers conçus et assemblés dans la région servent entre autres à rénover le parlement fédéral. L’objectif de
M. Lavoie? Créer de la richesse en Outaouais.

Spécialiste du logiciel informatique, Yves Marleau, un Hullois d’origine, est un ancien fonctionnaire fédéral qui a fondé Cogniva afin de pouvoir voler de ses propres ailes. Cet expert en gestion de l’information vend autant ses produits à des multinationales du monde des cosmétiques qu’au gouvernement canadien. Ses logiciels permettent de gérer le contenu des grandes entreprises en ayant recours au moins d’utilisateurs possible.

On le voit, les sept compagnies participantes aux ateliers du G7, deuxième version, ont des intérêts et des expériences d’affaires bien différents. Mais quand on y regarde de plus près, la réalité est tout autre. «Nos défis se ressemblent. On a tous des problèmes de ressources humaines», reconnaît Yves Marleau. Quand ce n’est pas le manque de ressources, c’est la rétention du personnel, ajoute-t-on. Chacun à des degrés divers doit jongler avec des problèmes de financement et l’incontournable question des ventes. Puis, il y a la difficulté à déléguer et à trouver ce fameux équilibre entre le travail et la vie personnelle. Hétérogène ce groupe? Assurément. Mais confronté aux mêmes défis.

Croissance et innovation

S’il y a un autre point commun entre les participants, c’est ce besoin d’innover pour rester en tête de peloton. «On consacre environ 500 000 $ par année en recherche et développement», explique Nancy Lehoux. Chez Cogniva, Yves Marleau évalue que 20 % de son budget annuel va à la recherche et au développement, le fameux R&D. «Notre plan d’innovation peut aller chercher dans les 20-25 % du budget», constate aussi Steeve Lavoie. Dans le domaine de la peinture et du développement, les avancées sont déterminantes. «Cette année, on veut investir pour la première fois en recherche et développement», admet Josée Proulx, de Prizma, dont les peintures recouvrent aussi bien des rampes que des véhicules militaires et des boites noires d’avion ou de train.

L’innovation permet de vendre et d’exporter, affirment les entrepreneurs. «Présentement, on transforme nos services et notre expertise dans le domaine des troubles d’apprentissage en manuels, en guides», dit Marie-France Maisonneuve. La connaissance développée en Outaouais pourra ainsi s’exporter.

Retombées du G7

«Le programme m’a permis de bâtir un réseau de gens d’affaires que je n’avais pas. J’ai plus de contacts en Europe qu’ici», reconnaît en souriant Yves Marleau. «Les formations ont dépassé mes attentes, lance Marie-France Maisonneuve. Ne serait-ce que parce qu’on prend du recul, on se donne du temps de réflexion.»

«Le G7, ça a été notre mise au monde, notre catalyseur», avoue monsieur Vachon. Ça adonne bien, le programme du G7 a été conçu dans le but ultime de diversifier l’économie régionale. Et d’aider les leaders d’aujourd’hui à générer la richesse de demain.