La demande pour les traitements esthétiques est en forte croissance dans la région d'Ottawa-Gatineau.

Une région toute en beauté

Qui n’a pas un jour rêvé de s’abreuver à la fameuse fontaine de Jouvence pour réparer pattes d’oie, perte de cheveux, relâchement des paupières, ridules, couperose, rosacée, varices et cellulite, pour ne nommer que ces signes de vieillissement ou d’imperfection ? Pas étonnant de voir spas, cliniques de beauté et de chirurgie esthétique se multiplier. Et la région ne fait pas exception !

« Il est certain que la demande est très populaire à Montréal et à Toronto, mais elle est en forte croissance dans notre région », constate le docteur Alain Michon, qui pratique la médecine esthétique depuis 11 ans à Ottawa.

Il précise que la clientèle de sa clinique privée Ottawa Skin, sur l’avenue Beechwood, provient des deux côtés de la rivière des Outaouais, ainsi que de Brockville et de Kingston. Certains patients viennent même des États-Unis pour profiter de la valeur de la devise américaine, soutient M. Michon, également urgentologue à l’Hôpital Montfort.

Nul doute que les traitements esthétiques ont la cote dans la région, estime lui aussi le chirurgien esthétique Louis-Philippe Germain, qui partage avec sa collègue Tracey Thompson des locaux et blocs opératoires d’une superficie de 14 000 pieds carrés à la clinique privée Incognito Médispa à Gatineau.

« Oui, il y a bel et bien une demande pour l’esthétique. C’est une des facettes humaines où le monde cherche tout le temps à se parfaire et à se peaufiner et maintenant c’est beaucoup plus accepté en société de prendre soin de soi », indique M. Germain.

« Les gens veulent paraître bien et, ici, il y a beaucoup d’employés du gouvernement. Ils sont toujours avec le public, alors ils s’organisent pour bien s’arranger », relate la chirurgienne du Centre de chirurgie esthétique de Gatineau, Patricia Berbari, en pratique privée depuis 17 ans.

Le chirurgien esthétique Louis-Philippe Germain et sa collègue Tracey Thompson de la clinique Incognito Médispa
Patricia Berbari, chirurgienne esthétique du Centre de chirurgie esthétique de Gatineau

La professionnelle de Montréal dit d’ailleurs avoir été surprise, à son arrivée en Outaouais, de constater à quel point les salons de coiffure y sont légion. Un signe, dit-elle, que « les gens dans la région sont très conscients de leur apparence et font attention à eux ».

Mme Berbari effectue jusqu’à huit chirurgies par semaine à sa clinique du boulevard de la Gappe et reçoit une trentaine de patients pour des traitements moins invasifs, tels qu’injections au Botox et traitements au laser, avec l’aide de son personnel composé d’infirmières et d’une esthéticienne médicale.

Une panoplie de traitements

Abdominoplastie, asymétrie, rhinoplastie, redrapage mammaire, liposuccion, face lift, Vampire Facial, Thermage, Ultrashape, Venus Legacy, injections et fillers. De quoi perdre son latin ! Pas évident pour le commun des mortels de s’y retrouver dans l’univers en constante évolution des soins esthétiques, où les options chirurgicales et non-chirurgicales pullulent et où les technologies évoluent à la vitesse grand V.

« Je suis en perpétuelle formation», s’exclame le docteur Jacques Charbonneau, l’un des pionniers de la dermatologie esthétique et dont l’Institut du laser cutané de l’Outaouais en est à sa 22e année d’existence.

Le dermatologue de l'Institut du laser cutané de l'Outaouais, Jacques Charbonneau

« Les choses changent, les techniques se développent, les façons de faire et les produits se sont améliorés. C’est encore un monde qui est en grande effervescence et à tous les niveaux : les appareils, les soins pour la peau, les crèmes, les nouveaux produits, les injections et les sérums faits sur mesure », poursuit-il.

Des machines dispendieuses

Tout cela a bien sûr un coût, puisque le dermatologue a au fil des ans acquis jusqu’à 25 machines de traitement au laser et autres totalisant un investissement de près de 3 millions $.

Selon lui, plusieurs traitements non-invasifs permettent dorénavant aux patients désirant se procurer une cure de rajeunissement d’éviter de passer au bistouri. L’arrivée des injections, tel que le Botox, ainsi que les différents appareils laser, de raffermissement de la peau par radio-fréquence et les lumières intenses pulsées ou photorajeunissement ont depuis fait leurs preuves.

Entre 150 et 180 patients par semaine franchissent en moyenne la porte de la clinique du boulevard Montcalm, selon M. Charbonneau, qui peut compter sur l’aide de cinq infirmières techniciennes. Les services les plus en demande, dit-il, visent à améliorer la peau, à faire disparaître taches, rougeurs et cicatrices, ou encore à traiter les vergetures, sans oublier les injections de remplissage, botox, etc.

Détruire le gras par le froid

La destruction du gras par le froid avec la technique CoolSculpting est aussi en vogue, soutient M. Charbonneau, alors que 3000 traitements ont été donnés depuis plus de trois ans à l’Institut.

Cette technique est également très prisée à la Ottawa Skin Clinic de l’avenue Beechwood, fondée par le docteur Michon. Outre le CoolSculpting, les principales tendances, selon ses observations sont les agents de comblement dermiques pour l’augmentation et la redéfinition des lèvres, ainsi que pour le rajeunissement et le rafraîchissement de l’apparence du visage, en combinaison avec les traitements de Botox. Le traitement non-invasif du gras associé au double menton par le Belkyra gagne également en popularité.

Seins et paupières

Le chirurgien esthétique Yves Toupin, en clinique privée à Gatineau depuis 1994, dit pour sa part recevoir beaucoup de demandes pour la chirurgie des seins, la chirurgie esthétique faciale des paupières, le lifting facial, ainsi que l’abdominoplastie.

« Les groupes de femmes entre 20 et 45 ans, c’est sûr que ça va être plus pour la chirurgie des seins, soit l’addition, le redrapage ou le lifting. Et quand on tombe dans les catégories de 40 ans et plus, ce sera plus des clientèles pour les chirurgies esthétiques faciales », souligne-t-il.

Le chirurgien esthétique Yves Toupin

Louis-Philippe Germain croit lui aussi que l’augmentation mammaire ou le redrapage est la chirurgie la plus populaire. «Souvent c’est après avoir eu des grossesses ou juste pour  donner un peu plus de volume», constate le chirurgien esthétique.