Pas moins de 4209 ventes résidentielles ont été faites en 2017 dans la Région métropolitaine de recensement de Gatineau.

Secteur immobilier de Gatineau: un marché qui se porte bien

Le marché immobilier résidentiel se porte bien dans la Région métropolitaine de recensement (RMR) de Gatineau et l’année 2017 en a été une particulièrement active grâce à une augmentation significative des ventes et reventes, notamment au chapitre de la construction de maisons unifamiliales et d’habitations en copropriété.

Et si la tendance se maintient, l’année 2018 devrait bénéficier de cet élan avec, là aussi, une croissance des ventes de maisons et une hausse des prix médians dans la résidence unifamiliale et la copropriété.

Survol de l’année 2017 avec quelques prévisions sur celle qui commence.

L’excellente cuvée 2017 

Pas moins de 4209 ventes résidentielles ont été faites en 2017 dans la Région métropolitaine de recensement de Gatineau, ce qui signifie une augmentation de 6 % par rapport à 2016. La Chambre immobilière de l’Outaouais rapporte qu’on a vendu pour légèrement plus d’un milliard de dollars de maisons en 2017, par rapport à 972 millions $ en 2016 , pour un bond de 10 %. 

Par secteur maintenant, revisitons le marché immobilier de 2017 en quelques lignes :

  • L’année 2017 a été généreuse en ventes d’habitations en copropriété dans la RMR de Gatineau avec 12 % d’augmentation. Le délai de vente moyen de ce type de logis se fixait à 120 jours en 2017, cinq de moins qu’en 2016.
  • On a observé une hausse de 5% des ventes de maisons unifamiliales en 2017. Le prix médian de vente de ce type de résidences a augmenté, lui, de 4 % pour se fixer à 242 000 $. Quatre-vingt quatre jours suffisaient en moyenne pour vendre ce type d’habitations par rapport à 88 jours en 2016.
  • Mais il y a tout de même eu baisse de 1% des ventes de plex en 2017. Le prix médian a cependant augmenté de 4 % pour se porter à 275 000 $ par propriété. Deux jours de moins étaient requis – soit 98 jours – pour vendre un plex.

Des surprises

En 2017, les observateurs sont restés sidérés devant le bond prodigieux des mises en chantier de logements locatifs destinés au marché des aînés. Alors qu’il ne représentait, entre 2012 et 2016, que 5% du marché locatif, en 2017, 45% des logements à louer nouvellement construits étaient destinés aux personnes âgées ! C’est deux fois plus que la moyenne canadienne.

Le directeur du service économique à l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec, Georges Lambert, tente une explication : « Il y a dans la région de l’Outaouais (...) une proportion importante de personnes âgées qui vont faire le choix de résider dans une résidence pour personnes âgées plutôt que de rester à domicile. » 

Le marché de la rénovation

La vigueur du marché de la rénovation, un secteur souvent sous-estimé en immobilier, mais qui fait vivre tout un pan de cette industrie, en aura étonné plus d’un en 2017. Quand toutes les données seront comptabilisées, on s’attend à une hausse de près de 10% des investissements en rénovation dans la région de l’Outaouais.

Le marché locatif

Dans la RMR de Gatineau comme ailleurs au Québec, c’est la production massive de logements pour le marché locatif qui a aussi étonné. En 2016, une hausse de 33% de construction de ce type de logements était enregistrée. Ce sera un peu plus, pense-t-on, en 2017, lorsque l’ensemble des chiffres seront connus.

Cette tendance est tellement nette qu’on retrouve, dans la région, plus de 12 000 ménages locataires avec des revenus de 60 000$ ou plus. Des gens qui auraient les moyens d’être propriétaires et qui choisissent de ne pas l’être.

Mais les Gatinois sont aussi des propriétaires puisque que la RMR de Gatineau a un taux de propriété plus élevé qu’ailleurs au pays. Soixante-huit pourcent des ménages gatinois sont propriétaires de leur résidence, comparativement à 67,8% au Canada et 61,3% au Québec. 

Dans la boule de cristal

2018 devrait être une année globalement favorable aux acheteurs expérimentés.

L’année 2018 devrait faire perdurer ce cycle de croissance avec une augmentation des ventes de maisons de 3% et une hausse des prix des propriétés de 4% dans l’unifamilial et de 2% dans les condominiums, prévoit le directeur du service d’analyse du marché à la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ), Paul Cardinal.

« On est positif pour l’année 2018, surtout à cause de la création d’emplois qui a été très forte au cours de la dernière année et de la confiance des consommateurs qui a atteint un sommet en 15 ans. Ça devrait nous donner une croissance des ventes de maisons », précise l’analyste. 

Selon la FCIQ, on devrait observer une hausse modérée des taux hypothécaires en 2018, de concert avec une croissance des transactions immobilières. 

Enfin, 2018 devrait être une année globalement favorable aux acheteurs expérimentés, c’est-à-dire ceux qui n’en sont pas à leur première maison.

Pas que des heureux

Gilles Desjardins, le président et fondateur de Brigil, l’un des importants constructeurs dans le domaine résidentiel à Gatineau-Ottawa, a une autre lecture des faits et élargit les comparaisons en retournant plusieurs années en arrière.

La baisse des mises en chantier à Gatineau inquiète le président et fondateur de Brigil, Gilles Desjardins, qui dit craindre pour l’avenir économique de la ville si des solutions ne sont pas trouvées en vue de favoriser l’attractivité de la municipalité.

Selon lui, le nombre de mises en chantier est en diminution constante depuis dix ans sur le territoire de la Ville de Gatineau. La Société canadienne d’hypothèques et de logement rapportait que 3304 nouvelles constructions s’étaient édifiées aux quatre coins de la municipalité en 2008. Ce nombre a chuté à 1502 en 2017.

La baisse des mises en chantier à Gatineau inquiète M. Desjardins qui dit craindre pour l’avenir économique de la ville si des solutions ne sont pas trouvées en vue de favoriser l’attractivité de la municipalité.

Il a fait part de ses inquiétudes dans une lettre envoyée en janvier de cette année aux administrateurs de la Chambre de commerce de Gatineau (CCG).