Jean-Luc Boissonneault est un ancien champion canadien de culturisme.

De culturiste à entrepreneur

Lorsqu’on regarde le parcours professionnel de Jean-Luc Boissonneault, on ne peut s’empêcher de penser au récit de la mythologie grecque des douze travaux d’Hercule. D’autant plus que l’homme d’affaires d’Ottawa est un ancien culturiste de niveau international et expert en conditionnement physique et en nutrition. Il est également coach d’affaires, mentor, auteur et conférencier. Mais son histoire ne tient pas de la mythologie. Elle est bien réelle. Comme dans la vraie vie, son succès, il ne l’attribue pas au génie. Il le doit à l’effort, au travail et à l’argent durement gagné à la sueur de ses muscles.

À 17 ans, il débute sa carrière comme entraîneur physique personnel dans un gymnase d’Ottawa. Un de ses clients est nul autre que Claude Dagenais, président-fondateur de Junicon Homes, une entreprise en construction domiciliaire d’Ottawa. M. Dagenais, aujourd’hui décédé, a eu beaucoup d’influence sur la carrière de M. Boissonneault. En 2006, raconte-t-il au bout du fil, Claude est venu le voir pour suivre un programme de remise en forme. Au cours d’un entraînement, Claude lui a demandé : « Quel rêve souhaiterais-tu réaliser ? » Jean-Luc lui a répondu : « Ouvrir mon propre gym ». Claude lui a alors dit : « Donne-moi une date. Car en affaires, il faut toujours avoir des échéanciers ».  Il a rétorqué en disant : « D’ici un an ». « Claude n’a pas aimé ma réponse, raconte Jean-Luc Boissonneault. Il m’a dit tu peux le faire en six mois. » Jean-Luc avait enfin trouvé son mentor. Il venait de lui donner l’élan dont il avait besoin pour prendre son envol. « Je n’avais que 23 ans à l’époque. J’avais peu confiance en moi. Claude m’a donné cette confiance dont j’avais besoin. Je suis retourné à la maison. J’ai dit à ma copine, aujourd’hui ma conjointe : « C’est décidé, j’ouvre mon gym. » Trois mois plus tard, le premier Free Form Fitness ouvrait ses portes à Kanata. 

Le succès n’a pas été automatique. Il n’avait pas d’argent, pas de connaissance en affaires ni de contact. Mais il avait beaucoup de détermination et d’ambition. 

Ancien champion canadien de culturisme,  M. Boissonneault a appris à travailler dur. Il sait que le succès ne vient jamais seul. De plus, la chaîne concurrente Goodlife venait tout juste d’ouvrir une succursale à côté de son centre. 

Pour ce jeune trentenaire qui a grandi à Clarence Creek dans l’Est ontarien, ces écueils furent une bénédiction dans sa vie. « Lorsqu’on affronte un tel obstacle, cela nous oblige à changer des choses et même à changer soi-même. J’ai surmonté cet obstacle en transformant mon gymnase en un centre d’entraînement personnalisé », confie-t-il.

Le vent dans les voiles, il a ouvert en 2010 un second centre de conditionnement physique rue Dalhousie, sur le Marché By. Encore une fois, un compétiteur est venu s’installer à deux pas de son gymnase. Il a défié la concurrence et deux ans plus tard, en 2012, il a ouvert un troisième centre dans Wellington Village. En 2015, il a inauguré un quatrième centre dans le quartier Glebe.

Passer à autre chose

Tout allait bien pour le jeune entrepreneur aujourd’hui âgé de 34 ans. Les affaires tournaient rondement. M. Boissonneault et sa conjointe Chelsea avaient eu un enfant. L’entrepreneur était bénévole à la Weston A. Price Foundation, une association à but non lucratif qui se consacre à la promotion d’une alimentation riche en nutriments. Il menait une belle vie. Mais il sentait que le temps était venu de passer à autre chose. La compagnie avait atteint sa pleine maturité, juge-t-il. C’est alors que deux propositions d’achat lui sont tombées du ciel. L’une venait de l’entrepreneur new-yorkais Jim Smith, qui possède plusieurs centres de conditionnement physique dans la région de Syracuse. Jean-Luc a accepté son offre. Avec son épouse et leur fille, il a pris une année sabbatique pour voyager à travers le monde. Ce voyage fut pour lui une révélation. C’est lors de ce périple qu’il a réalisé le vrai sens du mot liberté.

À l’époque où il était entraîneur physique, il voulait que ses clients retrouvent leur liberté par la forme physique et la nutrition. Ce n’est pas un hasard si sa chaîne se nommait Free Form Fitness, ironise-t-il. Il voulait aider d’autres entrepreneurs comme lui à démarrer leur entreprise, à se lancer à l’aventure, à se libérer.

Désireux de vouloir aider les autres à profiter de ses expériences en affaires, il a alors lancé en compagnie de sa conjointe Chelsea un incubateur d’affaires appelé Miyagi School.

Le maître de Karaté Kid

Inspirée du sage maître des arts martiaux des films Karaté Kid, la firme Miyagi a comme mandat premier d’aider au développement des compétences entrepreneuriales et de leadership des gens d’affaires. Sa mission consiste à ouvrir des portes à tout entrepreneur honnête, déterminé et désireux d’apprendre, quelle que soit l’industrie dans laquelle il se trouve. Pourquoi s’inspirer du maître des arts martiaux Miyagi ? « Dans le film Karaté Kid, explique Jean-Luc, Miyagi enseigne à son élève. Il lui donne les clés pour qu’il développe sa confiance et sa force. Il est le mentor du héros. C’est la même chose en affaires », explique-t-il. Miyagi est un incubateur d’entreprises, un accélérateur de startups et une structure d’accompagnement de projets de création d’entreprise. 

M. Boissonneault anime des rencontres lors desquelles il donne des conseils. Il explique comment démarrer une entreprise du bon pied. « Mon rêve est d’aider à faire 100 millionnaires. Je le sais que ce rêve ne se réalisera pas du jour au lendemain, mais je vais y parvenir un jour », croit-il. Il a déjà aidé plus d’une vingtaine d’entrepreneurs à démarrer leur entreprise. Miyagi aide aussi les gens qui sont sans emploi. Jean-Luc Boissonneault est d’avis que les personnes qui perdent leur emploi n’ont jamais été formées pour être des leaders. « On n’enseigne pas cela à l’école. Cela s’apprend sur le terrain. C’est notre rôle à Miyagi d’enseigner cet art qui n’est pas si différent de l’entraînement physique », affirme-t-il. Le coach en affaires répète aux entrepreneurs ce qu’il disait à ses clients lors des entraînements dans ses centres de conditionnement physique : « Si c’est important, faites-le tous les jours. Si ce n’est pas important, ne le faites pas du tout. »