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Jean-Philippe Ménard, chef propriétaire du Rituel
Jean-Philippe Ménard, chef propriétaire du Rituel

Faire un bout de chemin pour l’environnement (partie 2 de 3)

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Collaboration spéciale
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Au revoir, vaisselle et coutellerie lavables. Et bonjour les plats à emporter. La pandémie a forcé les restaurateurs du monde entier à modifier leurs habitudes de distribution de repas.

Au restaurant Le Rituel de Gatineau, le virage écoresponsable avait été entamé il y a plusieurs années déjà, mais en 2020, Jean-Philippe Ménard a dû tourner le dos à la vaisselle traditionnelle et accueillir à bras ouverts les plats à emporter. C’est ce qui l’a convaincu de changer certaines options d’emballage pour offrir des contenants plus durables et éco-responsables à ses clients. 

Au cours de la dernière année, Le Rituel, qui a pignon sur rue au Club de golf Le Sorcier, a commencé à fournir des boîtes 100 % recyclables pour son concept de repas « prêt-à-manger ». 

Les contenants sont récupérables jusqu’à cinq cuissons additionnelles: ils vont au micro-ondes et peuvent être chauffés jusqu’à 375 degrés au four. 

Par ailleurs, le fabricant de ces contenants est une compagnie montréalaise, réduisant par le fait même la distance de livraison, note Jean-Philippe Ménard. Parce que les choix écologiques « passent aussi par la livraison », remarque le propriétaire, qui souligne faire de grands efforts pour minimiser les allées et venues vers le restaurant.

Une autre initiative: Le Rituel transforme ses produits d’érable sur place, et ils sont ensuite transférés dans des pots Mason. « Ce n’est pas juste recyclable, mais bien réutilisable. C’est quelque chose de plus beau et de présentable. »

Une idée bien locale !

Jean-Philippe Ménard mène actuellement des discussions avec un entrepreneur de Gatineau qui utilise le carton recyclé compressé et qui en fait des palettes de bois. 

Le restaurateur a l’intention de collaborer avec cet entrepreneur afin de concevoir une boîte en carton compressé faite sur mesure pourson entreprise. « On pourrait développer quelque chose qui serait assez bon et beau pour que les gens à la maison veulent en faire un coffret, soit pour décorer ou pour l’offrir en cadeau.»

Dans le domaine de la restauration, être éco-responsable est une décision d’affaires. « C’est un choix d’entreprise. On a toujours le choix d’acheter de la styromousse, par exemple, à un coût nettement plus bas. »

Même si Jean-Philippe Ménard affirme payer quatre fois plus cher pour son contenant réutilisable, il affirme qu’il s’agit d’un avantage pour son restaurant.


« On a quelque chose de beau, de versatile au niveau de l’utilisation, et ça nous fait une petite publicité avec notre logo. Les gens pensent à nous, ils voient qu’on fait des efforts. »
Jean-Philippe Ménard

Il soutient que le risque financier en vaut la chandelle quand on décide d’apporter des initiatives qui sont plus en phase avec nos principes. « Moi, je pense qu’il faut faire partie du changement. Oui, nos choix sont plus chers, et oui, il y a un impact financier, mais tout est calculé dans nos coûts, c’est budgété. »

Jean-Philippe Ménard songe surtout à ce qu’il laissera à ses enfants. « C’est sûr qu’il faut faire des choix par rapport à nos valeurs et il faut penser à l’impact qu’on a sur notre environnement, sur notre futur. J’ai deux jeunes enfants et pour moi, c’est important de faire la différence. Si ça passe par un choix de matériel, je fais le choix pour mes clients, mais je le fais aussi pour moi, pour l’impact personnel que ça a à la maison, c’est encore plus grand. »

Du changement demandé

Le restaurateur déplore la lenteur qui existe au niveau des décisions gouvernementales et juge qu’il doit y avoir des changements. « Il ne faut pas fermer les yeux là-dessus, ça n’a aucun sens. Pourquoi peut-on encore acheter de la styromousse ?  Tu peux payer un contenant à deux sous au lieu de dix sous. C’est comme tenter le diable. » 

Il rappelle que lorsque le gouvernement fédéral de Justin Trudeau a banni l’utilisation des pailles en plastique, Le Rituel avait déjà pris ce virage vert depuis longtemps. 

« Tant que tu ne fais rien, tu ne changes rien. Il faut faire son bout de chemin pour l’environnement », termine-t-il.