Faire de l'argent avec de la monnaie

Vous en avez assez de trimbaler de la monnaie dans vos poches, d'en voir traîner dans votre auto, sur le comptoir de la cuisine? Une compagnie d'Ottawa vous permet de mettre toute cette monnaie...dans votre téléphone !
ChangeJar a développé une application qui permet de recevoir sa monnaie de façon électronique à partir de son appareil intelligent. Vous achetez un café, un sandwich et on vous doit 45 cents? L'application permet d'empocher numériquement cet argent et de l'utiliser pour votre prochain achat, sans qu'aucune pièce de monnaie ne soit échangée.
L'immense avantage de ChangeJar, en plus de libérer vos poches, c'est qu'il n'en coûte rien pour l'utiliser. 
Les détaillants, eux, doivent assumer un coût d'adhésion annuel (99 $) et n'ont aucun frais de transaction par la suite, économisant du coup sur le temps de manipulation des pièces.
«Le système est parfait pour le client. Mais c'est le détaillant qui en bénéficie le plus, affirme son créateur, Tom Camps, homme d'affaires de 58 ans d'Ottawa. C'est rapide et sans frais.»
Autre précieux avantage pour l'utilisateur de ChangeJar : l'anonymat, comme avec de l'argent comptant.
L'idée de créer cette entreprise est venue à M. Camps lorsqu'il revenait d'un voyage en auto à Toronto avec son fils. 
«Je déteste accumuler de la monnaie à chaque fois que j'achète quelque chose», lui lance son fils alors qu'il sort du restaurant.» «Moi aussi», lui répond son père. Ainsi est né le concept de ChangeJar (pot de monnaie en français), quelque part sur la route entre Toronto et Ottawa.
C'était il y a trois ans. Depuis, Tom Camps a réussi à récolter un million de dollars de capitaux provenant d'anges investisseurs (canadiens et américains). Le concept est maintenant au point. Reste à le faire connaître au reste du monde. Là-dessus, Tom Camps a une longueur d'avance. Cet ancien vice-président marketing de Cognos a gardé ses contacts. Et il sait comment vendre.
«J'ai déjà rencontré des gens de la chaîne McDonald's, de chez Starbucks. Nous visons très grand. Nous voulons être connu autant que Visa ou PayPal !» lance-t-il avec assurance. 
«Le potentiel est énorme auprès des jeunes, des universitaires. Nous ciblons les petites transactions. Les gens vont continuer d'utiliser des cartes de crédit pour leurs gros achats. Mais pour tout achat de moins de 20 $, nous sommes imbattables: cafétéria, cantine, restaurant, dépanneur», explique le créateur. Le produit s'adresse avant tout aux commerces qui ont un fort volume d'achalandage avec de petits montants d'argent.
Avec l'augmentation prochaine du salaire minimum à 15$, les détaillants pourront limiter leurs coûts de production en utilisant notre système, prédit Tom Camps.
L'application est fonctionnelle, sur Android ou iOS, et quelque 25 commerces d'Ottawa et de Toronto acceptent de rembourser les clients grâce à ChangeJar. Il est possible d'adopter ChangeJar en téléchargeant l'application. Mais comme aujourd'hui il faut aller toujours plus vite, précise Tom Camps, le client peut maintenant la télécharger via Facebook Messenger en quelques secondes. Autre nouveauté : depuis quelques jours, le client peut «remplir» son téléphone d'argent par l'entremise du système Interac, ce qui permet ensuite de payer ses achats avec le téléphone.
«Présentement, 90% de nos ressources vont au marketing. Nous voulons nous faire connaître partout», explique l'entrepreneur.
Notons que le site de la compagnie est en anglais seulement pour l'instant, mais le téléchargement de l'application est bilingue.