De gauche à droite, Mathieu Lapalme, Sylvain Poirier, Yan Labelle, Any Thériault, Jean Daniel Antille, Christian Rheault, Jacques Savard et Raymond Carrier, posent devant le siège social de la Caisse Desjardins de Gatineau, boulevard St-René, un édifice remis au goût du jour par la firme d'architectes.

Être entrepreneur et créateur à la fois

Qu’ont en commun les édifices occupés par Énergie Renouvelable Brookfield, l’église St-Paul d’Aylmer, la superclinique Médigo du boulevard St-Raymond dans le secteur Hull, Ideal Protein, Gatineau Acura du boulevard Maloney, le Pavillon Eco Rivière du Moulin de Wakefield, et les ambassades canadiennes au Venezuela et en Jamaïque ? Ils portent tous l’empreinte architecturale de Lapalme Rheault Architectes & Associés, une entreprise qui est devenue, au fil des ans, la plus importante du genre en Outaouais.

Détenteur d’un baccalauréat en architecture de l’Université Laval de Québec, Mathieu Lapalme, un natif de Granby en Montérégie, se joint en 2006 à Jean Daniel Antille, un technologue en architecture, pour fonder Lapalme Architecte. « J’étais en gestion de projets pour une entreprise de la région et j’engageais des entrepreneurs comme des architectes et des ingénieurs. Je voyais un besoin en architecture d’avoir des entreprises jeunes, dynamiques et compétentes dans le but de combler un besoin que je pouvais percevoir », se rappelle monsieur Lapalme pour expliquer le début de son aventure entrepreunariale. 

Une entreprise qui grandit

Quatre ans plus tard, son collègue architecte Christian Rheault, avec qui il avait déjà travaillé, se joint à l’équipe d’associés, suivi en 2015 par l’architecte Any Thériault. À eux quatre, ils dirigent aujourd’hui 35 employés incluant architectes, technologues, dessinateurs en bâtiment, designers d’intérieur et autres commis, et gèrent en moyenne des projets totalisant 180 millions de $ annuellement.

2017 aura été une année charnière pour Lapalme Rheault Architectes & Associés qui a fait l’acquisition de la firme gatinoise Carrier Savard Labelle et Associés, et fusionné l’expertise des deux cabinets. La beauté de la chose, selon monsieur Lapalme, c’est « qu’il s’agit d’une acquisition complémentaire et d’une fusion d’expertises » d’un cabinet qui était très actif sur le marché institutionnel, dans les secteurs de la santé et de l’éducation. « L’arrivée de nos nouveaux collègues élargit notre palette d’expertises.  Ils font les hôpitaux, les écoles, ce qu’on ne faisait pas. Ça nous permet de passer à une autre étape », renchérit son collègue Jean Daniel Antille.

L’achat local

Mathieu Lapalme ne s’en cache pas, l’acquisition de la firme Carrier Savard Labelle et Associés et la fusion de leurs expertises vont permettre à Lapalme Rheault Architectes & Associés d’être davantage actif sur le marché régional. 

« Nous pouvons maintenant répondre à tous les besoins de nos clients. Il y a beaucoup de firmes de l’extérieur qui viennent de Montréal, de Québec. Il y a de gros joueurs qui viennent dans la région. Depuis que nous sommes en affaires en 2006, on essaie de démontrer à la région qu’il n’est pas nécessaire d’aller à Montréal, qu’il n’est pas nécessaire d’aller à Québec ou à Toronto parce que l’expertise est présente localement. Le fait de joindre nos équipe nous permet d’être plus fort et d’être encore plus capable de supporter les gens qui ont une idée, un projet. » 

La firme n’entend pas s’arrêter à la région de l’Outaouais. Elle veut investir le marché de l’Ontario, là où selon M. Lapalme « il y a une demande », ainsi que dans les autres provinces canadiennes et sur la scène internationale. 

Au fil des ans, Lapalme Rheault & Associés a oeuvré en Afrique du Sud et en Jamaïque, au Venezuela, au Cameroun, au Maroc, à Haïti, ainsi qu’à Trinité-et-Tobago. La très grande majorité de ces projets émanait du ministère fédéral des Affaires étrangères et visait soit la mise à niveau de certaines ambassades canadiennes, soit la réalisation de travaux majeurs d’architecture.

Lapalme Rheault Architectes & Associés compte 35 employés incluant des architectes, technologues, dessinateurs en bâtiment, designers d’intérieur et autres commis.

Businessman ou créateur

Être architecte, c’est souvent l’art de valser entre les contraintes budgétaires exigées par l’ampleur des travaux à réaliser et la vision créative de l’artiste.  

Le diplômé de l’Université Laval reconnaît lui-même qu’il est devenu par la force des choses davantage homme d’affaires que créateur. «Mais au sein de l’entreprise, nous avons deux architectes qui sont des artistes exceptionnels », insiste monsieur Lapalme qui exprime néanmoins toujours sa passion pour l’aspect créatif de sa profession.

Sur le terrain, le créateur-businessman doit composer avec plusieurs éléments. L’envergure du projet, le budget, les lois et normes des divers paliers gouvernementaux et les attentes du client en sont quelques-uns. Comment, alors, départager le tout ?

« Ce qui est très difficile quand on rencontre un client pour la première fois, notre grand défi, c’est d’être capable de lire dans ses pensées. Le client peut avoir une image dans sa tête et moi, mon rôle, c’est de la mettre sur papier. On se doit aussi d’arrimer tous les facteurs qui composent le projet. Souvent comme artiste, on peut avoir une image, une vision du projet, mais il y a aussi la réalité du budget. Le plus important, c’est d’avoir cette vision générale, cette idée directrice, et après ça on peut la travailler, la faire évoluer », d’expliquer M. Lapalme.

SELON MATHIEU LAPALME

Le beau en architecture 

Une architecture simple et contemporaine, avec une touche qui nous ramène à nos origines. Un site comme la place Georges-Pompidou à Paris m’enchante particulièrement.

Le laid en architecture 

Une mauvaise intégration architecturale, un endroit ou on s’est mal inspiré du milieu bâti qui l’entoure.

Ottawa et l’architecture

Il y a de superbes interventions ponctuelles qui ont été faites. À mon avis, le plus beau bâtiment de la région est celui de la Cour suprême, une signature contemporaine dans un langage patrimonial.

Gatineau et l’architecture

Il y a place à évolution.  Il existe de bonnes intentions de développement et je reste positif parce que je crois qu’il y a un potentiel énorme à Gatineau. 

DES PROJETS EN COURS

  • Le Vibe, coin Maisonneuve et Papineau
  • Le Centre d’exposition
  • L’imagier d’Aylmer
  • Le parc des Cèdres à Aylmer
  • Le village urbain du Plateau
Jean Daniel Antille et Mathieu Lapalme ont fondé Lapalme Architecte en 2006.