L'entreprise Équipements Maniwaki existe depuis bientôt 55 ans.

Équipements Maniwaki: un succès familial

Pour les membres de la famille Blais, les sports motorisés, c’est plus qu’une passion. C’est dans leur ADN. La directrice de l’entreprise familiale Équipements Maniwaki, Marie-Josée Blais, en sait quelque chose. Elle représente la troisième génération de sa famille à tenir les rênes de ce commerce qui ne fait que grandir, de génération en génération.

Marie-Josée Blais a grandi dans la cour du garage de la maison familiale. Quand la gardienne venait s’occuper d’elle et de son frère, le temps ne se faisait pas attendre que les deux petits mécaniciens en herbe étaient déjà dans le garage. À cette époque, c’était la tante Michelle qui dirigeait l’entreprise. « On courait pour aller jouer avec la grosse calculatrice, et ma tante nous disait ‘Retournez chez vous, c’est pas une garderie ici’ », se souvient-elle.

Aujourd’hui, quand les deux femmes discutent de cette période, elles s’esclaffent en se disant bien que Marie-Josée n’avait pas passé tout ce temps dans le garage pour rien. « Ça a porté fruit, finalement », rigole-t-elle. Quand sa tante est partie à la retraite il y a cinq ans, Marie-Josée l’a remplacée à la direction de l’entreprise.

C’est en 1964 que le grand-père de Marie-Josée Blais, Roger, et son père Yvon ont décidé de démarrer l’entreprise. Originaire de Québec, son grand-père s’était installé à Maniwaki en raison du travail forestier en grande croissance. La société de matériel agricole et de tracteurs John Deere espérait qu’il perce le marché avec la machinerie forestière, mais il a plutôt décidé d’investir dans les moteurs récréatifs.

Le flair du patriarche ne l’a pas trompé. « On est toujours en croissance. Les produits changent d’année en année, ils deviennent de plus en plus gros. Jamais on n’aurait pensé vendre des VTT ( véhicules tout-terrain ) aussi gros, même chose pour les bateaux », affirme Marie-Josée Blais.

Marie-Josée et Dominic Blais, deux des trois propriétaires des Équipements Maniwaki (l'autre propriétaire, Jean Blais, était absent lors de la prise de photo).

Elle ne croyait pas que ses études universitaires en criminologie lui seraient utiles dans le domaine des véhicules récréatifs motorisés. En obtenant son diplôme, elle avait des difficultés à se dénicher un emploi. Elle a donc décidé de retourner au garage, son « chez soi ».

En travaillant dans un tel établissement, elle est rapidement devenue une experte en ressources humaines. Son père et son frère sont mécaniciens, donc c’est elle qui est responsable de la clientèle, de la gestion du personnel et de la comptabilité, notamment. « Disons que mes cours de psychologie m’ont servi. »

Incendie ravageur

En 1987, le père de Marie-Josée et sa tante Michelle ont ouvert une succursale à Kazabazua, une localité de la Haute-Gatineau sise à une soixantaine de kilomètres au sud de Maniwaki. L’entreprise fonctionnait très bien et l’intention d’agrandir s’était déjà installée.

À l’hiver 2000, un incendie majeur détruit complètement l'édifice de Kazabazua. Au grand désespoir de la famille Blais, les assurances ne permettaient pas la reconstruction du commerce. « Le bâtiment au complet a été rasé, se souvient Marie-Josée. Au début, c’était un gros choc. C’est arrivé en hiver, donc on avait plein de bateaux en entreposage. On ne pouvait pas les laisser là, alors on a dû opérer dans un local avoisinant. »

Une fois l’aventure à Kazabazua terminée, certains des clients les plus fidèles de l’ancienne succursale ont pris la décision de faire le déplacement à Maniwaki pour profiter des services de l’entreprise, plutôt que de se rendre dans un garage avoisinant.

Depuis, l’entreprise compte 25 employés à son service. L’atelier de Maniwaki a été agrandi, et la demande est très grande, affirme Marie-Josée.

Au cours de la dernière année, Équipements Maniwaki ont vendu 750 véhicules récréatifs, des motoneiges, des tout-terrain, des bateaux et leurs accessoires . Par ailleurs, l’entreprise offre aussi la location de moteurs aux différentes pourvoiries. « Au printemps, on fournit des moteurs aux pourvoyeurs. À l’été, on les ramène ici et on les revend. Ça permet aux pourvoyeurs d’avoir des moteurs fiables pour leurs clients, et à nous, un certain profit. »

Marie-Josée Blais avoue qu’elle aimerait bien voir sa fille ou ses neveux prendre la relève. « Si un jour ils nous disent qu’ils veulent marcher dans nos pas, tant mieux, mais je vais les encourager, peu importe leur décision. »

Celle-ci souhaite continuer la tradition que son grand-père a initiée. « Ce n’est pas toujours évident de porter les souliers des autres, mais ça nous tient à coeur, et on veut bien faire les choses », conclut-elle.