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Nathalie Lessard, fondatrice de Makiage et Koiffure
Nathalie Lessard, fondatrice de Makiage et Koiffure

De Star Académie à Makiage et Koiffure

Isabelle Brisebois
Isabelle Brisebois
Collaboration spéciale
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« Salut ma sœur, fais tes bagages, tu pars en tournée avec Star Académie, on a besoin d’une maquilleuse ! » Fondatrice du salon Makiage et Koiffure qui célèbre cette année ses 15 ans, Nathalie Lessard se souviendra toujours de l’appel téléphonique de sa frangine en 2003. Celle qui travaillait alors à temps complet comme éducatrice spécialisée pouvait enfin assouvir sa véritable passion : le maquillage professionnel.

« J’ai toujours été la fille qui maquillait tout le monde, tout le temps, dit-elle en riant. Je venais à peine de terminer une formation privée en maquillage et, du jour au lendemain, je me suis retrouvée à maquiller des vedettes qui donnaient des spectacles au Centre Bell, ainsi que partout au Québec et au Nouveau-Brunswick. »

Le retour au bercail a été brutal pour la Gatinoise. Difficile de revenir sur terre après une expérience aussi grisante et enrichissante.

« J’étais contente de revenir à la maison, ma famille me manquait, souligne-t-elle. Mais là, j’ai décidé de quitter l’enseignement pour me consacrer au maquillage et je n’avais aucune clientèle ici. J’ai dû recommencer à zéro. »

La femme d’affaires

En 2005, elle prend son courage à deux mains, trouve une associée et ouvre le salon Makiage et Koiffure avec une marge de crédit personnelle. Pour se faire connaître, elle offrira gratuitement ses services en échange de publicité et de visibilité. Rapidement, elle réussit à se forger une réputation enviable, décrochant notamment des contrats pour TVA, des écoles de danse, des photographes et des producteurs.

Deux ans plus tard, elle perd sa partenaire d’affaires. Enceinte jusqu’au cou, elle se présente à la banque, seule, afin d’obtenir du financement pour un nouveau salon. C’est ainsi qu’en 2008, elle s’installe sur le boulevard de La Gappe dans un local plus grand, où elle restera pendant dix ans. Cette année-là sera celle « des naissances ». « J’ai mis au monde un enfant, un salon et Ruby, ma collection de maquillage, se souvient-elle. Disons que ce n’était pas reposant ! »

Elle aura mis un an pour accoucher de Ruby, un long processus où elle a multiplié les recherches et les tests afin d’en arriver à un produit de qualité, haut de gamme, de niveau professionnel, non testé sur les animaux, sans parabène et fait au Canada. Et à un prix abordable, surtout.

« Ma clientèle est composée d’adolescentes, de femmes d’affaires et de retraitées. Je souhaitais que chacune d’entre elles puisse avoir accès à ma ligne. Près de 75 % des clientes que je maquille, que ce soit pour une graduation, un mariage ou un atelier, deviennent de fidèles consommatrices de Ruby. »

Un appel à l’aide

En 2012, Nathalie Lessard « frappe un mur ». Artiste dans l’âme, elle avoue que ses compétences en gestion, à l’époque, lui faisaient défaut. Ébranlée par un roulement de personnel élevé, elle pense à mettre la clé dans la porte.

« J’ai décidé de demander de l’aide, se rappelle-t-elle. De parler à d’autres entrepreneurs. Les judicieux conseils de Catherine Pellerin de Pixel, de la coach Chantal Binet et, surtout, de mon comptable Philippe Marion, ont été déterminants durant cette période. »

C’est lui, son comptable, qui tout récemment lui a dit « go big or go home ». Le bail du local venant à échéance, Nathalie Lessard était à la croisée des chemins : le statu quo ou déménager et agrandir.

« J’avais peur de réussir, avoue-t-elle, l’émotion dans la voix. Peur de foncer, que tout aille trop vite, de ne pas être à la hauteur, de ne pas pouvoir gérer le succès et la croissance. Philippe m’a fait sortir de ma zone de confiance, m’a poussé à me surpasser. »

En compagnie de Marilou Mahoney, son associée depuis 2018 et maquilleuse, elle déménage sur la montée Paiement dans un local deux fois plus grand, ce qui leur a demandé un investissement de près de 200 000 $. Pari gagné, leur chiffre d’affaires a connu une augmentation de 46 %. Malgré le confinement, le salon tire bien son épingle du jeu, notamment grâce à la boutique en ligne.

La diversification

Depuis 2017, Makiage et Koiffure est certifié Summit, une école de pensée en coiffure qui vise à bâtir des carrières, à propulser les talents et à favoriser la rétention du personnel. On fixe des objectifs personnels et d’équipe et on célèbre les bons coups. En plus de la coiffure et du maquillage, le salon offre des services – très courus – de barbière à l’ancienne, avec coupe-chou et serviette chaude embaumée d’huile essentielle. Sans oublier les soins esthétiques, notamment l’endermologie, une technologie bien connue en France qui a permis d’attirer une toute nouvelle clientèle.

Pour souligner ses 15 ans, Makiage et Koiffure joue avec le chiffre « 15 » et propose toute l’année une foule d’activités, dont des tirages, des promotions et des paniers-cadeaux.

Quant à l’avenir, Nathalie Lessard rêve que son domaine soit davantage reconnu sur le plan professionnel. « J’aimerais qu’un diplôme en coiffure ou en maquillage ait autant de valeur aux yeux de la population que celui en hygiène dentaire, par exemple. Combien de fois on m’a dit : “t’es juste maquilleuse”. Combien de parents sont venus me voir pour que je décourage leur fille d’aller en coiffure ? Chose certaine, avec la pandémie, on a reçu une grosse vague d’amour ! »