Ian Carswell, chef au restaurant Black Tartan Kitchen.

Ottawa se démarque sur la scène canadienne

CHRONIQUE - SCÈNE CULINAIRE / Il y a quelques semaines, Ottawa accueillait huit restaurants pour la finale régionale du Grand Party de Cuisine, une nouvelle mouture des Gold Medal Plates. Reste à savoir si ce Grand Party de Cuisine retiendra l’attention mais l’événement comme tel, un grand concours national de restaurants, est là pour demeurer.

C’est le jeune chef Ian Carswell, du Black Tartan Kitchen, qui a remporté l’édition 2019. Je n’avais jamais entendu parler de cet établissement assez nouveau sur la scène culinaire à Ottawa. Mais d’Ian Carswell, j’avais déjà ouï dire qu’il avait été sous-chef chez Absinthe, le plus français des restaurants d’Ottawa, avec Patrick Garland à la barre. Pour une cuisse de canard confite ou un simple steak-frites, vous m’en donnerez des nouvelles.

L’événement se tenait à l’école de cuisine Cordon Bleu, rue Laurier, à Ottawa, et à peine 150 convives avaient pu acheter des billets. 

Cela fait différent de ce même happening qui avait lieu au Centre des congrès d’Ottawa, rebaptisé Centre Shaw, ces dernières années. Pas moins de 400 personnes y jouaient du coude.

Mais ce ne sera que partie remise. Car Ottawa s’est suffisamment illustré avec son édition du Grand Party de Cuisine-Gold Medal Plates pour voler la finale nationale à Kelowna, où elle se tenait depuis huit ans.

« Vancouver, Calgary et Toronto sont nos plus grands événements et il n’était pas question de les déranger pour la finale, m’a raconté Karen Blair, co-fondatrice des Gold Medal Plates, il y a bientôt 12 ans. Alors nous avons pensé à Ottawa, et nous nous sommes commis pour trois ans. »

La finale nationale a lieu toutes les fins janvier et regroupe les vainqueurs de toutes les éditions locales, une dizaine d’équipes de chefs en tout. Elle se déroule sur trois jours. Il y a un concours culinaire à chaque jour.

Le vendredi soir, les chefs et leur brigade servent le plat de dégustation qui a gagné leur finale respective. C’est déjà très bien commencé car chacun des chefs s’est vraiment démené pour remporter sa finale locale.

Ian Carswell, par exemple, avait servi un morceau de longe d’agneau en croûte de sarrasin, du rutabaga grillé, un pierogy d’agneau et un minuscule pâté de style écossais. Le tout était monté avec finesse. Si vous vous rendez à l’événement du vendredi, vous pourrez le goûter !

Le concours du samedi est plus traditionnel, pour les chefs on s’entend. Ils doivent préparer un repas à partir d’ingrédients secrets, contenus dans une boîte noire.

Et le dimanche, la dizaine de chefs prépareront une autre entrée à partir d’ingrédients qu’ils auront acheté sur place les jours avant.

Un panel relevé, auquel participe l’ex-chroniqueure de restaurants du Ottawa Citizen, Anne DesBrisay, jugera de chacune des étapes et le meilleur sur l’ensemble des trois jours est couronné chef de l’année.

Vous ne connaissez pas les chefs participants ? Qu’à cela ne tienne. Sachez juste que Yannick LaSalle, chef des Fougères à Chelsea, vainqueur l’an dernier, et Marc Lépine, chef-propriétaire du chic restaurant de style moléculaire Atelier, à Ottawa, qui lui l’a emporté deux fois. Ce dernier est d’ailleurs le seul à avoir réussi le coup. Alors si vous ne les connaissiez pas avant, sachez que vous allez les connaître après !