Les dangers de la diversification

CHRONIQUE - FINANCES / Le plus grand investisseur de tous les temps, Warren Buffett, en a fait sourciller plus d’un lorsqu’il a donné son opinion personnelle sur la diversification : « La diversification est une protection contre l’ignorance. Ça fait très peu de sens pour ceux qui savent ce qu’ils font ».

Et Buffett est loin d’être seul dans son camp. Plusieurs des plus grandes fortunes, comme George Soros ou Bernard Baruch, défendent les vertus d’un portefeuille concentré. Il est, selon eux, très difficile de bien suivre plusieurs dizaines de titres boursiers simultanément. Et il est certainement plus attrayant d’investir dans sa deuxième meilleure idée que dans sa trentième.

Le plus grand argument en faveur de la diversification est la protection contre le risque de baisse d’une position particulière. En achetant plusieurs titres, les gains et pertes s’annulent et la performance totale du portefeuille devrait être en ligne avec celui du marché en général. Il est heureusement de plus en plus facile pour un investisseur de choisir son camp et de s’assurer de ne pas se retrouver parmi les victimes d’un système financier axé sur les profits des grandes banques et compagnies d’assurances.

Ainsi, un investisseur qui veut maximiser son rendement potentiel doit favoriser une gestion active et un portefeuille concentré différent de l’indice de référence. En 2006, Cremers et Petajisto, de la Yale School of Management, ont introduit la notion de « partie active » ( Active Share ), une nouvelle méthode aidant à déterminer le degré de gestion active d’un portefeuille. Ils ont étudié le rendement de 2 650 fonds de placement entre 1980 et 2003 et ils sont arrivés à la conclusion que la partie active prédit significativement la performance des fonds. Ceux ayant une partie active de plus de 80% surperforment les indices d’environ 2,5% avant les frais et d’environ 1,5% net de frais.

Malheureusement pour les investisseurs canadiens, les grands fonds distribués par les banques et compagnies d’assurances ont pour la plupart une minuscule partie active. La conséquence évidente est une sous-performance vis-à-vis de l’indice de référence, et ce même avant des frais de gestion souvent exorbitants.

Pour un investisseur qui favoriserait la diversification pour des raisons personnelles, il existe heureusement une solution idéale : Les fonds négociés en bourse ( FNB ou ETF en anglais ). Ces produits imitent les positions des indices de référence à des frais minimes, souvent moins de 0,5%.

Il existe donc sur les marchés trois types d’investisseurs :

1 )    Les gagnants potentiels qui favorisent une gestion active avec une partie active importante et pour qui le rendement est une donnée précieuse. 

2 )    Les gagnants potentiels qui utilisent les fonds négociés en bourse et pour qui des frais minimes et une diversification sont des considérations sérieuses.

3 )    Des perdants potentiels qui se font vendre des fonds mutuels distribués par les banques et compagnies d’assurances canadiennes et pour qui les frais et le rendement ne sont pas importants.

À vous de choisir votre camp !

Notre chroniqueur Martin Lalonde est président de la firme Les Investissements Rivemont, une institution financière spécialisée en gestion de portefeuilles établie à Gatineau.