Claude Hamelin
Claude Hamelin

Claude Hamelin: un homme d’ombre et de lumières

C’est en arrosant les quelques plantes qui décorent son lieu de travail, un espace ressemblant davantage à un petit bistro-bar sans clientèle qu’à un bureau d’affaires, que Claude Hamelin nous accueille à quelques pas de la rivière des Outaouais avec, sur sa gauche, ce qu’il convient d’appeler la Place des festivals Zibi.

Cet endroit, Claude Hamelin a pour mandat de l’animer à titre de consultant-relationniste pour son  « ami » Jeff Westeinde, celui qui préside aux destinées du vaste chantier résidentiel et commercial Zibi. Le Cirque du Soleil y a dressé son chapiteau à deux reprises, le Festibière de Gatineau y a déversé son houblon cuvée 2019 et, à compter de l’été prochain, les plus aventureux d’entre nous pourront y descendre en s’agrippant à la tyrolienne interprovinciale qui reliera Ottawa à Gatineau.

Danseur professionnel, animateur radiophonique, producteur de spectacles, chargé de cours à l’Université d’Ottawa, gestionnaire d’une agence de publicité, fondateur des Grands Feux du Casino du Lac-Leamy, repreneur du Rendez-vous des Saveurs et responsable de la venue du Cirque du Soleil à Gatineau, le promoteur touristico-culturel Claude Hamelin aura été tout ça et plus encore. Cet homme-orchestre aura joué de plusieurs instruments au cours d’une carrière s’échelonnant sur une quarantaine d’années. Aujourd’hui, outre son rôle chez Zibi, il est directeur général de la Société Place des festivals, un organisme externe à la Ville de Gatineau présidé par la conseillère municipale Louise Boudrias, il accompagne l’organisation des Grands Feux et il accepte des contrats à titre de consultant. 

Mais qui est-il au juste ? « Je me présente comme Claude Hamelin. Je n’ai pas besoin de dire lequel de ces chapeaux je porte. Les gens savent que je viens faire de la business. Je suis beaucoup de choses et c’est ça qui me sert dans la vie. J’ai un jeu de cartes dans les mains », répond-t-il en substance à ceux qui veulent le cantonner dans une seule boîte. « On dirait que j’ai jamais été capable de rester dans une boîte. Je voulais toujours défoncer les murs de cette boîte-là, en faire plus. »

S’il a brassé des millions de dollars, cet homme d’affaires se définit avant tout comme un artiste... de l’ombre. « J’aime dire que je suis musicien. Je joue rien d’excellent, mais je joue bien de pas mal toutes sortes d’affaires. Et aujourd’hui, un artiste, pour réussir, il faut qu’il ait un sens des affaires », claironne-t-il d’un même souffle.

Les Grands Feux 

De toutes ses réalisations, celle des Grands Feux du Casino du Lac-Leamy est certes la manifestation qui a forgé sa réputation. Nés en 1996, les Grands Feux colorent le ciel de la région, d’abord sur le site du lac Leamy, maintenant à partir du Musée canadien de l’histoire, sous les oh ! admiratifs d’étonnement d’une centaine de milliers de spectateurs annuellement.

« Quand j’avais mon agence de publicité, on a annoncé qu’un casino s’en venait au lac Leamy. Le maire de Hull, Yves Ducharme, voulait un événement à Hull. Et là, je suis parti sur l’idée d’étincelles, comme les feux d’artifices à Montréal », raconte Claude Hamelin.

La mise à feu n’a pas été facile, loin de là, se souvient celui qui a étudié en radio-télévision au Collège Algonquin d’Ottawa ainsi qu’en communications sociales à l’université Saint-Paul. « La première année a été extrêmement difficile, on a perdu 2 millions $. Les gens de Loto-Québec m’ont soutenu, ils ont eu confiance en moi. On a eu 2000 spectateurs le premier soir. Les gens se demandaient c’était quoi cette affaire-là. Quand ils ont réalisé c’était quoi, on avait 35 000 personnes sur le site le dernier soir. C’était beaucoup trop. On a eu toutes sortes de difficultés parce qu’on avait trop de choses à régler en un court laps de temps. Mais, on s’est dit que ça ne se pouvait pas que ça marche pas. »

D’entreprise privée au début, les Grands Feux sont devenus une organisation sans but lucratif qui est dirigée par Marc-Antoine Massicotte. Claude Hamelin a cédé gratuitement à l’équipe de M. Massicotte la gestion des Grands Feux.  « Ce qu’on a fait, c’est du jamais vu. On a fait du repreunariat avec ça. Quand j’ai décidé de laisser la place, on s’est dit que ça n’avait pas de bon sens d’abandonner une affaire qui marche. On a trouvé un jeune homme intéressé en Marc-Antoine Massicotte. On lui a cédé l’organisation de l’événement avec promesse de l’accompagner pendant trois ans. »               

Les Grands Feux du Casino du Lac-Leamy ont été créées en 1996 par Claude Hamelin.

Place au théâtre

Né en 1956 d’une mère au foyer et d’un père inspecteur pour une compagnie laitière, Claude Hamelin a grandi dans la paroisse St-Benoît Abbé, dans le secteur Hull. La majorité de ses projets, c’est dans son patelin d’origine qu’il les aura réalisés parce que « je suis dans mon jardin et que je m’y sens bien. » 

Et il a bien l’intention de continuer à labourer son terrain de jeux favori. « J’aimerais créér un théâtre immersif basé sur le changement d’environnement rapide, avec de l’éclairage changeant et des projections sur les murs. Ce serait un chapiteau qui change selon les besoins. Pour ce projet, mon rôle d’artiste et d’homme d’affaires me sert bien. J’ai la capacité de lever de l’argent et de m’assurer que ça va se rentabiliser. Chez Zibi, je sens que je peux encore réaliser des choses qui vont satisfaire mon appétit. Mon ambition, c’est de continuer à développer des attraits intéressants, de développer l’axe touristique de la rue Laurier. Je crois fermement dans le secteur Hull. »

Son travail avec Jeff Westeinde le porte à y croire plus que jamais. « J’aimerais créer un pôle culturel ici, chez Zibi. On travaille très fort à essayer de trouver des partenaires pour donner à certaines bâtisses historiques une vocation culturelle. »

Âgé de 63 ans, Claude Hamelin n’est toujours pas prêt à envisager le jour de la retraite . « J’ai encore tellement de projets à réaliser. Mais je sais que je vais manquer de temps. J’en ai pas encore fait assez. J’ai pas encore atteint tout mes buts. »  

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QUESTIONS RAPIDES:

Un bon coup ?

La création des Grands Feux du Casino du Lac-Leamy, indéniablement.

Une leçon apprise en affaires ?

Ne jamais abandonner. Et je dis aux jeunes de faire attention. Il faut qu’ils soient intelligents avec leur résilience. La résilience, à l’occasion, peut être de l’orgueil. Êtes-vous résilients parce que vous avez un trop gros ego ou vous êtes résilients parce que vous y croyez ?

Une destination à découvrir ?

Le Costa Rica.

Un mentor ?

Feu Alain Guilbert, ancien vice-président communications à Postes Canada et ex-rédacteur en chef du quotidien Le Soleil de Québec.

Membership ?

Regroupement des gens d’affaires, Chambre de commerce de Gatineau, Tourisme Ottawa et Tourisme Outaouais.