La copropriétaire du commerce gatinois À l’échelle du Monde, Chantal McFadden

Pas un jeu enfantin

Enjouée, Chantal McFadden, copropriétaire avec sa soeur Martine du commerce gatinois À l’échelle du Monde, ne se laisse guère prier pour jouer la comédie devant l’oeil de notre photographe. Exubérante et spontanée, elle accepte de se laisse encadrer, grimpe sur un escabeau, étend les bras en signe de contentement, le tout sans rechigner.

Mais il ne faut pas croire que la direction quotidienne d’un commerce de détail consacré au divertissement constitue un jeu d’enfant. Derrière les centaines d’étagères encombrées de jeux éducatifs et de société et du matériel d’artistes et d’arts plastique se cachent la gestion des inventaires, les négociations avec les distributeurs et les partenaires, la fabrication des horaires des employés, la surveillance des états financiers et le travail auprès de la clientèle.

Être maîtres chez nous

C’est en août 1978 qu’À l’échelle du Monde prend véritablement son envol.  Les parents de Chantal et Martine,  Bernard et Pierrette McFadden, accompagnés dans l’aventure par la soeur de cette dernière, Rachel Rieux, louent un petit local, style tabagie, aux Promenades de l’Outaouais. L’entreprise compte alors cinq employés.  La commerce tiendra boutique aux Promenades jusqu’en 1995 alors qu’À l’échelle du Monde aménage définitivement dans son local actuel du 74, boulevard Gréber. «Nous voulions alors être maîtres chez nous», se souvient Chantal McFadden. Aujourd’hui, À l’Échelle du Monde emploie 16 personnes.


Un peu comme le Gaulois Obélix, les deux frangines sont tombées très jeunes dans la marmite de la potion magique entrepreunariale. «À la maison, nos parents discutaient très souvent du commerce», se rappelle Chantal McFadden. 

En 2004, avec sa soeur Martine, celle que pourtant rien ne prédestinait à une carrière de femme d’affaires allait devenir copropriétaire d’À l’échelle du Monde, lors du transfert officiel de l’entreprise.  Martine et Chantal étaient alors âgées de 34 et 29 ans à peine. «Lorsque nos parents nous ont annoncé qu’ils voulaient prendre leur retraite, c’est tout naturellement que nous avons décidé de poursuivre l’aventure», relate Chantal McFadden qui a longtemps oeuvré comme serveuse alors que sa soeur Martine est titulaire d’un baccalauréat en enseignement.

Le juste prix

Les deux soeurs sont évidemment fières des origines familiales de l’entreprise. D’ailleurs, leur père Bernard vient encore appuyer ses deux filles lors de périodes d’achalandage, au temps des fêtes par exemple.  Et plusieurs parmi les 16 employés sont là depuis fort longtemps. 

Devant la multiplication du commerce en ligne et des grands détaillants qui proposent jeux, livres et jouets en quantité, À l’échelle du Monde a adopté une ligne de conduite pour faire face à la concurrence, une politique à laquelle l’entreprise ne déroge pas et qui lui permet de demeurer compétitive.  «Nous utilisons toujours la pratique du juste prix, c’est-à-dire que nous vendons nos produits à un prix considéré juste. Il n’y a pas de prix spéciaux ou gonflés. Nos employés peuvent alors se consacrer  à satisfaire les clients et non à étiqueter constamment des prix et des rabais», explique Chantal McFadden.

À L’échelle du Monde dit favoriser l’achat local en encourageant souvent les produits et créations provenant du Québec et, lorsque possible, de l’Outaouais. Elle se fait aussi un devoir d’offrir des produits en français.  Et n’y chercher pas de jouets ou d’articles fonctionnant à l’aide de piles parmi les milliers de produits sur les tablettes.  «Vous en trouverez moins de dix», d’insister Chantal McFadden.