Le tapis rouge pour l’achat local

Cinq ! C’est le nombre de dodos avant l’opération à grand déploiement de distribution des cadeaux du père Noël. Alors que débute le sprint final de la folie des achats du temps des Fêtes, Le Droit AFFAIRES a sondé plusieurs petits commerçants de Gatineau et d’Ottawa pour savoir comment ils parviennent, tout au long de l’année, à tenir tête aux grandes chaînes.

«Ce n’est pas facile, il faut toujours se battre. C’est un combat qu’on ne finit pas. On se bat contre des plus gros», lance Alain Landry, le propriétaire de la boutique de vêtements pour hommes Greg Landry.

Alain Landry, propriétaire de la boutique de vêtements pour hommes Greg Landry

L’entreprise familiale de troisième génération, située sur le boulevard Saint-René à Gatineau, a néanmoins réussi à traverser bien des décennies et des modes depuis son ouverture en 1964.

«Je pense que le bon Dieu nous aime, s’exclame-t-il, mais je pense que la réputation, elle vaut aussi pour quelque chose. Ça fait tellement longtemps qu’on est à Gatineau et je pense que le service, c’est très important. Les chaînes et les grandes surfaces n’arrivent pas à donner le service que l’on peut donner», renchérit l’homme d’affaires, qui a repris il y a près de 30 ans le commerce que son grand-père avait ouvert avec son père Greg Landry.

Un service VIP

Contrairement aux grands magasins plus impersonnels, les propriétaires de petites boutiques n’hésitent pas à chouchouter à souhait leur clientèle, en leur offrant un service personnalisé. Couturiers et conseils de stylistes sur place et événements promotionnels sur invitation seulement sont souvent de mise.

Étienne Huymez et Yannick Beauvalet, copropriétaires de la boutique de vêtements L’Hexagone

«Le service, la confiance et la relation», voilà comment Yannick Beauvalet, le copropriétaire de la boutique de vêtements L’Hexagone, située sur le marché By à Ottawa, décrit le rapport qu’il entretient avec sa clientèle masculine.

«On est capable d’offrir un niveau de service qu’une grande surface ne sera jamais capable de faire», soutient-il.

«Je me suis déjà déplacé dans des mariages pour un gars qui avait oublié sa cravate, donne-t-il en exemple. Parfois, on va aussi déposer des vêtements chez des clients ou on va les porter à leur bureau, s’ils n’ont pas le temps de passer les chercher en magasin», poursuit monsieur Beauvalet, qui a ouvert son commerce avec son partenaire d’affaires Étienne Humez, il y a dix ans à Gatineau, avant de traverser sur la rive ontarienne il y a cinq ans.

Pas peur des Simons !

La venue du géant Simons à Gatineau n’a pas inquiété outre mesure le propriétaire de la boutique de vêtements pour hommes St+Amour, présente dans le paysage du boulevard St-Joseph depuis 46 ans.

Benoit St-Amour, propriétaire de la boutique de vêtements pour hommes St+Amour

«On trouvait que c’était même une bonne chose, car ça comblait une demande dans une offre de service qui n’est pas nécessairement la nôtre», soutient Benoit St-Amour, qui a repris le commerce de son père Hervé il y a neuf ans.

Le magasin, qui offre notamment des ensembles haut de gamme, mise sur «une relation particulière» avec ses clients et ne recherche pas la vente de «gros volume».

Chez St+Amour, chaque client a une fiche à son nom, dans laquelle on retrouve ses mensurations et l’historique de ses achats. Cette approche évite aux clients pressés ou peu friands du magasinage d’avoir à mettre les pieds en boutique et de passer à la cabine d’essayage.

«On est en mesure de les habiller sans même les voir et avec les années, on finit par connaître leurs goûts», explique le propriétaire.

La boutique offre aussi des catalogues virtuels à ses clients pour les guider dans leurs agencements vestimentaires, multipliant ainsi les combinaisons possibles des complets-cravates-chemises.

«Souvent, pour les hommes professionnels dans la vie de tous les jours, l’habillement c’est important, mais ce n’est pas ce à quoi ils pensent le soir en se couchant. Ils pensent à leurs dossiers, à leurs rencontres, à leurs projets. Alors, on donne des catalogues virtuels des produits qu’on a vendus à nos clients», explique M. St-Amour.

Coaching de garde-robe

Sa conjointe, Valérie Campeau, est pour sa part propriétaire depuis plus de cinq ans de La Complice, le pendant féminin de St+Amour. La boutique voisine sur St-Joseph existe depuis 25 ans et portait auparavant le nom de sa belle-mère Agathe St-Amour.

Valérie Campeau, de la boutique La Complice

Madame Campeau dit miser sur «une relation à long terme» avec ses clientes. «La vente sous pression, ce n’est pas
dans notre philosophie du tout», lance-t-elle.

«On connaît toutes nos clientes. On connaît leur goût et on a un dossier sur elles. Ça peut aller de l’historique de leurs achats, à leurs mensurations, à leurs goûts, à leur silhouette, à leur palette de couleurs, de même que leur entourage, car on veut s’assurer que leurs amies ne sont pas habillées de la même façon.
On fait même des achats ciblés pour des clientes spécifiques», poursuit-elle.

Les clientes qui souhaitent redéfinir leur style et sauver du temps dans leurs achats peuvent ainsi, dit-elle, compter sur une agence de stylisme leur offrant un service personnalisé, tel qu’un coaching de la garde-robe et une solution «clé en main» avec des exclusivités sur les vêtements.