Au-delà des plages et de la mer

CHRONIQUE — COLLABORATION SPÉCIALE / Les gens sont étonnés lorsque je leur explique à quel point j’ai adoré passer quelques semaines à Miami. Je comprends. On associe souvent Miami à une ville superficielle qui manque parfois de substance. Une ville reconnue pour ses plages et le désir d’y faire la farniente. Toutefois, lors de ma visite j’ai rapidement constaté que Miami a beaucoup plus à offrir! Derrière sa réputation se cache un mélange d’atmosphère balnéaire, de traditions latines et de culture urbaine.

L’art déco

Aussitôt arrivé au district de South Beach, quartier luxueux redevenu populaire grâce à la série télévisée Miami Vice, on se croirait dans une carte postale vivante aux couleurs vives. Reconnu par le registre national des sites historiques et véritable symbole de Miami, le district Art déco de South Beach offre aux millions de visiteurs quelque 800 propriétés construites de 1915 à 1940,  peintes dans toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. J’ai décidé de profiter des excursions gratuites offertes par la Design Preservation League, une organisation sans but lucratif qui a comme objectif de promouvoir la culture et l’architecture de South Beach. L’excursion des plus photogéniques m’incite à observer de plus près les détails de ces façades d’hôtels, la symétrie, les tons pastel, l’utilisation du néon, les formes courbées. Le district Art déco de South Beach fut un réel coup de cœur.

La petite Havane

Quand on arrive à Miami, il est difficile d’ignorer l’influence sud-américaine. Soixante-dix pour cent des Miamééns sont hispanophones, dont la moitié est d’origine cubaine. Afin d’en profiter, je quitte le district de South Beach et je me dirige vers le célèbre quartier surnommé La Petite Havane. La musique de Celia Cruz qui sort des magasins, l’odeur des feuilles de tabac de l’usine de cigares, les hommes âgés qui jouent aux dominos dans le square du quartier, tout est rassemblé pour vivre une expérience authentiquement cubaine.

Si l’appétit vous en dit, il faut absolument prendre le temps de manger au restaurant Versailles. Malgré le nom de l’établissement qui rappelle le palais français imaginé par le roi Louis XIV, on remplace la célèbre galerie des Glaces par une salle à manger modeste mais populaire auprès de la diaspora cubaine. Je savoure une assiette de Ropa Vieja, un met créole composé de viande de bœuf filamentée aux épices
cubaines avec un bon mojito,
bien sûr.

Wynwood

Imaginez un quartier qui semblerait être conçu par et pour Instagram. Un quartier où tous les murs sont couverts d’énormes murales, transformant des coins de rues en géants photomatons. Et bien ça existe, et c’est le Wynwood Arts District. Un quartier industriel, réinventé par les hipsters qui le fréquente. 

Ce n’est pas tout à fait nouveau comme histoire, mais Wynwood reste unique, se transformant en La Mecque de l’art de rue grâce à Tony Goldman, un magnat important du monde immobilier qui rêve d’un quartier entier dédié aux plus importants artistes muralistes du monde. Son rêve est devenu réalité et le quartier héberge maintenant non seulement des centaines de murales, mais des dizaines de galeries d’art ainsi que des restaurants et des bars qui prouvent encore une fois que Miami reste une destination avec une richesse culturelle difficile à ignorer.