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Le vaisseau amiral du notariat au Québec

Il va travailler en sifflant. Un peu comme un capitaine qui sait que les flots lui seront favorables et qui a le goût d’aller sur le pont, sentir le vent, rencontrer l’équipage.

Avec ses 10 associés, Mario Patry dirige depuis 40 ans maintenant le plus gros navire notarial du Québec. Et le plaisir de naviguer n’a pas faibli. Bienvenue à bord du Gagné Isabelle Patry Laflamme & Associés, notaire inc.

Ce bateau, il a du tirant : 72 membres d’équipage, dont une trentaine de juristes, des spécialisations dans plusieurs domaines, 10 millions de dollars de chiffre d’affaires annuel et une somme d’un milliard de dollars en fidéicommis à gérer annuellement.

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Votre année 2017

Comme chaque mois, Le Droit AFFAIRES et la Banque Nationale ont réalisé un sondage pour connaître l’opinion des entrepreneurs d’Ottawa-Gatineau. Pour terminer l’année en beauté, nous avons demandé à 155 dirigeants d’entreprises de quantifier l’impact des festivités du 150e anniversaire de la Confédération canadienne sur leurs chiffres d’affaires. Nous avons également voulu connaître leur opinion sur l’accès au crédit en 2017.

IMPACT DES FÊTES DU 150e DE LA CONFÉDÉRATION

Les célébrations entourant le 150e anniversaire de la Confédération canadienne n’ont quasiment pas eu d’effet sur les entreprises de la région, selon Raynald Harvey, président de la firme SEGMA Recheche qui a réalisé les entrevues téléphoniques de ce sondage.

«Pour la grande majorité des dirigeants d’entreprises/organisations sondés (70,1 %), les fêtes du 150e anniversaire de la Confédération canadienne n’ont eu aucun effet sur leur entreprise/organisation. Le quart (23,4 %) ont ressenti un effet positif et 6,5 % un impact négatif», précise monsieur Harvey.

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Le tapis rouge pour l’achat local

Cinq ! C’est le nombre de dodos avant l’opération à grand déploiement de distribution des cadeaux du père Noël. Alors que débute le sprint final de la folie des achats du temps des Fêtes, Le Droit AFFAIRES a sondé plusieurs petits commerçants de Gatineau et d’Ottawa pour savoir comment ils parviennent, tout au long de l’année, à tenir tête aux grandes chaînes.

«Ce n’est pas facile, il faut toujours se battre. C’est un combat qu’on ne finit pas. On se bat contre des plus gros», lance Alain Landry, le propriétaire de la boutique de vêtements pour hommes Greg Landry.

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Bulles, cafés et... chocolats !

Sise rue Dalhousie dans le marché By depuis quatre ans, la petite boutique isabelle offre des vêtements triés sur le volet avec la ligne italienne Sarah Pacini, l’allemande Luisa Cerano, la française Saint James et la canadienne Nadya Toto.

«Les clientes qui magasinent chez nous viennent pour le service personnalisé, c’est clair ! Je leur donne un service en tant que styliste, alors je travaille vraiment d’une façon plus intime», explique la copropriétaire Isabelle Gauvreau.

La boutique offre cafés espresso et petits carrés de chocolat aux clientes et parfois même un verre de mousseux.

«Récemment, j’ai fait un événement VIP à la boutique sur invitation seulement. On avait du champagne, de petites entrées, alors ça s’est super amusé. C’était vraiment comme une façon de remercier les clients», affirme-t-elle.

Scotch, BBQ et lave-auto !

La boutique St-Amour propose pour sa part une «vente privilège» deux fois par année à ses clients, dont une sous la forme d’un BBQ et d’un lave-auto au printemps. Un événement de dégustation de scotch a aussi été organisé.

«Les gars ne vont pas venir dans ta boutique pour voir un défilé de mode de gars, mais ils peuvent venir prendre un verre pour écouter un gala de boxe, un match de soccer», fait valoir M. St-Amour.

Présence sur Instagram

La boutique de vêtements et d’accessoires pour femmes Viens avec moi, située dans une maison de la rue Wellington à Ottawa, mise pour sa part sur une forte présence sur le Web et, entre autres, sur Instagram.

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Une expérience client... au profit des artisans !

Après avoir d’abord été une «boutique éphémère», la maison Habitude Design a ouvert ses portes de façon permanente, il y a à peine deux mois, à l’angle de la rue Eddy et de la promenade du Portage. La propriétaire des lieux, Marie-Josée Fernandes, dit miser sur des produits exclusifs en Outaouais provenant d’artisans locaux ou canadiens.

«Environ 90 % des choses en boutique sont pour le moment exclusives en Outaouais», lance-t-elle.

Madame Fernandes explique que la motivation première du magasin est d’offrir un point de vente aux artisans
et une proximité avec leurs clients.
Elle cherche aussi à créer une «expérience client» pour les gens qui entrent dans la boutique qu’elle a répartie comme les pièces d’une maison.

«On travaille d’arrache-pied pour que la personne, à partir du moment où elle met les pieds dans la boutique et qu’elle la quitte, qu’elle ait vécu une expérience client hors du commun», soutient-elle.

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La relation client, l’atout des petits commerçants

S’il n’est pas facile pour les petits commerçants de concurrencer les plus grands, il ne faut pas pour autant rejeter les grandes chaînes, soutient le spécialiste du marketing et des affaires, Normand Bourgault. Dans le cadre d’un dossier sur l’achat local, Le Droit AFFAIRES s’est entretenu avec le professeur du département des sciences administratives de l’Université du Québec en Outaouais pour voir comment les moins grands joueurs arrivent à tirer leur épingle du jeu.

D’abord qu’entend-on par l’achat local ?

«L’achat local, c’est l’achat à proximité. Évidemment, on peut se poser la question, c’est quoi l’achat à proximité au Canada. Est-ce qu’un état des États-Unis serait plus local que la Colombie-Britannique ? En terme politique, ce n’est peut-être pas la même chose. Les Américains, eux, ont défini l’achat local comme étant un achat qui provient d’un périmètre de 400 km autour du lieu de production et du lieu de vente. Au Canada, nous n’avons cependant pas fait cet exercice-là, peut-être parce que le pays est plus grand.»

L’achat local englobe-t-il la production, la distribution et la vente ?

«Ça peut couvrir tous les aspects de la consommation. La production locale, c’est ce qui engendre le plus de retombées économiques locales. Si on achète localement, on va plus s’enrichir, car les échanges vont se faire entre les individus de la localité. (...) La distribution, c’est moins payant pour l’ensemble de la communauté que la production et la vente locale, mais ça demeure mieux que l’achat par internet ou l’achat dans un magasin, où tous les bénéfices s’en vont, par exemple, à la famille Walmart.»

Est-ce difficile pour les petits commerçants de concurrencer les plus grands ?

«C’est très difficile, parce qu’ils sont rarement compétitifs sur les prix.»

Alors comment peuvent-ils arriver à survivre?

«Pour que ces petits réussissent, c’est la spécialisation. Ils vont se spécialiser sur un petit groupe de consommateurs ou un segment du marché. Ils vont développer un assortiment qui correspond davantage à leurs goûts et à une façon de l’offrir. La relation client qu’ils vont établir avec le consommateur va aussi contribuer à les différencier des grandes chaînes.»

Justement, comment caractériseriez-vous cette relation entre le client et les petits commerçants ?

«D’abord, c’est une relation de confiance et une relation de crédibilité. Ce sont des gens qui ont confiance les uns envers les autres. Le rôle du marchand va être crédible. Par exemple, si vous allez acheter un vêtement, il y a quelqu’un qui va vous dire que ça vous fait bien. Mais s’il veut encore être en affaires dans 25 ans, il va devoir vous dire aujourd’hui que ça vous fait bien ou que ça ne vous fait pas bien en fonction de ce que vous êtes.»

Quelles autres stratégies les petits commerçants doivent-ils mettre de l’avant ?

«Un élément important, c’est l’innovation:  les nouveaux produits, les nouveaux services, les nouvelles façons de faire les choses. L’innovation est souvent la clé. Dans le cas du commerce au détail, ils vont organiser des activités VIP, comme par exemple appeler les gens pour leur dire que la nouvelle collection de vêtements est rentrée ou encore organiser un événement pour l’arrivée en magasin de véhicules. C’est très important.»

Faut-il être contre les grandes surfaces ?

«Non, il ne faut pas être contre les grandes chaînes, car elles ont des qualités, notamment sur leur capacité à se concurrencer sur les prix. Si on achetait que localement, on aurait peut-être une concurrence moindre qui ferait en sorte que les magasins locaux pourraient abuser de leur position dominante.»

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Une dragonne entre beauté et affaires

Danièle Henkel a passé les 20 dernières années de sa vie dans le monde de l’esthétique. Sa passion : aider les fibres du corps, mais avant tout la peau, à rester jeune. Mais celle qui s’est fait connaître du public lors de sa participation à l’émission télévisée Dans l’oeil du dragon a aussi développé au fil des ans une puissante fibre entrepreneuriale. Aujourd’hui, ces deux fibres peuvent vibrer à l’unisson.

Après deux ans de recherche dans ses laboratoires de Pierrefonds, Danièle Henkel s’est lancée cet automne dans une nouvelle aventure commerciale, la création de produits cosmétiques professionnels qui portent son nom.

Ces temps-ci, elle se déplace dans les régions pour vendre ses produits, marché par marché, affrontant ainsi les géants de ce monde, les L’Oréal, Biotherme, Clarins, avec la verve qu’on lui connaît. 

La femme d’affaires a créé une gamme de neuf produits biologiques entièrement fabriqués au Québec. Crème hydratante, sérum, lait nettoyant, des produits haut de gamme mais accessibles. « Je démocratise les produits de beauté », dit-elle, avec son sourire engageant.

Sa passion pour sa nouvelle gamme cosmétique n’a d’égale que son empressement à défendre l’emploi local, un comportement qui favorise la création d’emplois.

« Je crée des jobs ici. J’aurais pu écrire sur mes produits ‘made in Paris’ avec mon nom dessus mais, non, je les fabrique au Québec. » Au fil de la discussion, on sent tout à coup qu’on touche ici à une autre fibre sensible car l’ex-dragonne, d’ordinaire si posée, s’enflamme. « On s’est déresponsabilisé en faisant produire à l’extérieur, comme si ce n’était pas grave ». Depuis la création de sa gamme de produits pour la peau, elle affirme donner de l’emploi permanent à une quarantaine de personnes et à 250 autres de façon indirecte. Sans le dire ouvertement, elle questionne les pratiques du monde des affaires au pays.

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Une plateforme web pour réduire la paperasse

La Chambre de commerce de Gatineau (CCG) applaudit la création d’Entreprises Québec, une plateforme web gouvernementale visant à réduire les obstacles bureaucratiques que rencontrent les gens d’affaires.

Le ministre délégué aux Petites et Moyennes Entreprises, Stéphane Billette, a annoncé récemment le lancement officiel de ce guichet unique, à l’essai depuis un an sous la forme d’un projet pilote. Déjà 37 600 entreprises s’y sont inscrites.

Le portail regroupe en un seul endroit des informations utiles pour les PME, que ce soit pour le démarrage, l’expansion, l’innovation et l’exportation, ainsi qu’un accès à leur dossier d’entreprise

«C’est un guichet unique et c’est la seule place où les promoteurs vont avoir à aller pour démarrer leur entreprise et la gérer», a indiqué le ministre Billette, lors d’un entretien téléphonique avec Le Droit AFFAIRES.

Il ajoute que l’un des objectifs principaux d’Entreprises Québec est de diminuer le temps que les gens d’affaires passent à se conformer aux formalités administratives.

«S’ils ne passent pas du temps à remplir les obligations réglementaires et les formalités administratives, alors ils peuvent mettre leur temps et leurs énergies à la gestion d’entreprise et ça, peu importe la région au Québec», poursuit le ministre.

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Un moment de partage

CHRONIQUE — Collaboration spéciale / Cette année encore, trop de gens vivront Noël seuls, démunis et ne mangeront pas à leur faim alors que les autres seront littéralement choyés par la vie. C’est une triste réalité de notre monde actuel. Mais saviez-vous que 60% des Canadiennes et des Canadiens planifient faire des dons pendant le temps des fêtes et donneront jusqu’à cinq milliards de dollars au cours des cinq prochaines semaines ? Voilà qui a de quoi réchauffer le cœur.

Ce mouvement de solidarité du temps des fêtes est certes le moment idéal pour initier nos enfants au partage. En faisant de petites contributions, en argent ou en bénévolat, ils réaliseront que leur geste fera toute la différence dans la vie de nombreuses personnes vulnérables de la société et que leur engagement personnel permettra de bâtir des communautés saines, justes et sécuritaires.

Lors d’une récente consultation en ligne, Imagine Canada, un organisme voué à la concertation des organismes de bienfaisance, a constaté que 89% des parents croient à l’importance d’inspirer leurs enfants à donner aux organismes caritatifs. Dans la région, il y a de nombreux organismes qui misent sur la générosité citoyenne pour accomplir leur mission, qu’il s’agisse de la Maison Marie-Louise et du Centre espoir Sophie pour ne nommer que ceux-là. En communiquant avec Centraide, vous pourrez découvrir un très grand nombre d'organismes de bienfaisance qui ont un impact réel auprès de la population.

Nous sommes des modèles pour nos enfants. Alors n’hésitons pas à les sensibiliser à la générosité et à l’entraide. Nous pouvons, par exemple, leur octroyer un budget spécial pour le temps des fêtes et les inviter à réserver un certain montant pour en faire don à une cause qui leur est chère. Pour les adolescents et les jeunes adultes, nous pouvons les encourager à entreprendre une démarche pour faire du bénévolat dans une résidence pour personnes âgées, un centre communautaire ou encore une banque alimentaire. Cette expérience enrichissante ne manquera pas de les sensibiliser aux cruelles réalités vécues par les moins bien nantis. 

À l’occasion d’un repas communautaire, nous pouvons également ouvrir les portes de nos foyers à de nouveaux arrivants pour partager un peu de nos traditions respectives. Au contact de la diversité et d’autres coutumes, nous reconnaîtrons ce qui nous rassemble au lieu de ce qui nous divise.

Si nous aspirons à une communauté forte, unie et inclusive, il est essentiel d’être solidaires. Pour briser le cycle de la pauvreté, assurer une sécurité alimentaire, favoriser l’insertion socioéconomique des personnes marginalisées par le marché de l’emploi, il est important de tendre la main.

N’oublions pas que notre jeunesse fait partie intégrante de la solution. En soutenant des causes humanitaires, nos jeunes, les adultes de demain, découvriront l’immense bonheur de contribuer activement à réinventer notre communauté.

Ethel Côté est présidente de MécènESS & Institut social

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Le choc des générations

L’achat local, vous l’aurez deviné, constitue le pain et le beurre de la femme d’affaires Claire Lauzon, coproprétaire avec son père Claude de la boutique Ma Cuisine située à l’angle des rues Dalhousie et Murray, à Ottawa.

L’achat local, vous l’aurez deviné, constitue le pain et le beurre de la femme d’affaires Claire Lauzon, coproprétaire avec son père Claude de la boutique Ma Cuisine située à l’angle des rues Dalhousie et Murray, à Ottawa.

Depuis 21 ans,  ­le commerce qui a ouvert ses portes en novembre 1996 offre a sa clientèle des articles allant des chaudrons à la vaissellerie, sans oublier les ustensiles, verres à vin et autres objets pratiques et décoratifs susceptibles de se retrouver non loin des fourneaux ou de la table.

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Pour un Noël avec du punch!

CHRONIQUE — COLLABORATION SPÉCIALE / Nous voilà arrivés à quelques heures du temps des Fêtes! J’ai donc décidé de partager avec vous cinq spiritueux qui doivent assurément trouver place sur votre comptoir ou bien dans votre petit bar personnel et ce, question de bien recevoir!

Il vous faut absolument un alcool plus neutre. Un alcool plus versatile. Un alcool pour donner plus de férocité à votre «punch». Cet alcool est une vodka! Afin de garder une certaine neutralité, je vous recommande fortement une belle vodka canadienne, la PurVodka. 

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Pas un jeu enfantin

Enjouée, Chantal McFadden, copropriétaire avec sa soeur Martine du commerce gatinois À l’échelle du Monde, ne se laisse guère prier pour jouer la comédie devant l’oeil de notre photographe. Exubérante et spontanée, elle accepte de se laisse encadrer, grimpe sur un escabeau, étend les bras en signe de contentement, le tout sans rechigner.

Mais il ne faut pas croire que la direction quotidienne d’un commerce de détail consacré au divertissement constitue un jeu d’enfant. Derrière les centaines d’étagères encombrées de jeux éducatifs et de société et du matériel d’artistes et d’arts plastique se cachent la gestion des inventaires, les négociations avec les distributeurs et les partenaires, la fabrication des horaires des employés, la surveillance des états financiers et le travail auprès de la clientèle.

Être maîtres chez nous

C’est en août 1978 qu’À l’échelle du Monde prend véritablement son envol.  Les parents de Chantal et Martine,  Bernard et Pierrette McFadden, accompagnés dans l’aventure par la soeur de cette dernière, Rachel Rieux, louent un petit local, style tabagie, aux Promenades de l’Outaouais. L’entreprise compte alors cinq employés.  La commerce tiendra boutique aux Promenades jusqu’en 1995 alors qu’À l’échelle du Monde aménage définitivement dans son local actuel du 74, boulevard Gréber. «Nous voulions alors être maîtres chez nous», se souvient Chantal McFadden. Aujourd’hui, À l’Échelle du Monde emploie 16 personnes.


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Le mentorat qui se conjugue au féminin

L’entrepreunariat ne se conjugue plus qu’au masculin seulement alors que la cellule de mentorat de la Chambre de commerce de Gatineau (CCG) vient de lancer le projet Mentorat au féminin, qui vise à offrir un mentorat bonifié pour mieux répondre aux besoins des femmes entrepreneures de la région.

Pour y parvenir, la CCG a préalablement réalisé un rapport d’analyse pour mieux comprendre les besoins des femmes entrepreneures de la région et au pays. Ce sont 376 entrepreneurs et neuf acteurs économiques qui ont fait part de leur réalité. Ce rapport met en lumière les enjeux et les difficultés que vivent les femmes en affaires.

«L’objectif est de faire créditer par le réseau M une formation sur le mentorat dédiée aux femmes, à l’intérieur de la formation que les mentors reçoivent déjà», explique Lise Trahan, mentore à la CCG et associée chez PPTA, un cabinet gatinois qui se spécialise dans le secteur de l’assurance collective. 

Un des éléments marquants du rapport est que l’entrepreneuriat semble moins populaire chez les travailleurs de l’Outaouais qu’ailleurs. La mentore croit que le gouvernement fédéral, à titre de principal employeur dans la région, en est la cause.

« Encore aujourd’hui, et malgré les problèmes avec Phénix, le gouvernement fédéral est encore perçu comme un employeur de choix. Les jeunes sont poussés par un emploi sécuritaire, avec de bons avantages sociaux, plutôt que vers l’entrepreneuriat», fait remarquer madame Trahan qui croit que le même gouvernement influence en partie la décision de ne pas se lancer en affaires. 

Une approche différente

Madame Trahan estime que les femmes vivent l’entrepreneuriat de manière différente des hommes.

Elle note quatre domaines où les femmes se distinguent des hommes: la confiance en soi, le réseautage, la conciliation travail-famille et le financement. Il est dont important d’ajuster les outils existants dans ces catégories pour les femmes, croit l’associée chez PPTA.

«Ce n’est pas que les femmes ont besoin de plus d’aide, mais plutôt qu’elles ont besoin d’une aide différente, explique la femme d’affaires. De manière générale, les femmes n’ont pas autant confiance en leurs compétences et ne réseautent pas de la même façon. Également, les femmes prennent des décisions différentes au niveau de la conciliation travail-famille. Puis finalement, les conditions de financement ne sont pas identiques pour les deux sexes.»

En comprenant mieux les différences, les mentors de la Chambre de commerce de Gatineau peuvent mieux épauler les femmes à atteindre leur plein potentiel en affaires, espère madame Trahan.

Devenir mentorée

Celles qui désirent bénéficier des programmes offerts par la Chambre de commerce de Gatineau peuvent s’informer sur le site web de l’organisme. Certaines conditions s’appliquent pour avoir accès au programme de mentorat.

«Premièrement, il faut être en affaires depuis au moins un an. Le mentorat, c’est une relation libre, donc personne n’est payé, explique Mme Trahan qui a mentoré six personnes depuis 2011. Le mentoré est jumelé avec quelqu’un qui n’est pas de la même industrie. Les deux entrepreneurs se rencontrent environ une fois par mois pour discuter des défis, des réussites, etc. Comme mentor, nous tentons de le guider et de l’aider à traverser les moments plus difficiles, comme les plus heureux.»

En a-t-on vraiment besoin?

Mme Trahan reconnaît que certaines entrepreneures sont mal à l’aise avec le fait de différencier les femmes des hommes.

« Ça agace certaines entrepreneures, car elles aimeraient espérer que nous n’aurons jamais besoin de nous différencier. Mais en fait, c’est juste une question de genre. Nous sommes différentes des hommes, mais aussi complémentaires. Par exemple, moi je travaille avec deux partenaires hommes, raconte-t-elle. Je remarque que notre façon de penser et notre processus décisionnel ne sont pas les mêmes.»

La mentore croit qu’il est très important de reconnaître et d’accepter les différences entre les deux sexes.

« C’est important de reconnaître que nous sommes différents, particulièrement quand nous travaillons avec des jeunes entrepreneurs, explique-t-elle. Ces jeunes entrepreneurs ont besoin de soutien pour grandir. Alors il faut savoir reconnaître ces besoins, les adresser et former nos mentors pour qu’ils puissent aider autant les entrepreneures que les entrepreneurs. »


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Le saviez-vous?

•Le Canada se classe au deuxième rang des pays les plus favorables à l’entrepreneuriat féminin.

•Pourtant, seulement 3% des femmes canadiennes sont des PDG. Elles occupent 25% des postes de cadres supérieurs et 21% des postes sur les conseils d’administration.

•18,3% des répondants affirment s’être lancés en affaires grâce à l’accompagnement d’un mentor.

•17,7% des femmes ont lancé leur première entreprise dans la vingtaine et 38,7% dans la trentaine.

•La région de l’Outaouais occupe le 10e rang en ce qui a trait aux taux d’entrepreneurs établis au Québec.

•Par contre, l’Outaouais est au 3e rang dans le classement des entreprises sociales au Québec.

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Au-delà des plages et de la mer

CHRONIQUE — COLLABORATION SPÉCIALE / Les gens sont étonnés lorsque je leur explique à quel point j’ai adoré passer quelques semaines à Miami. Je comprends. On associe souvent Miami à une ville superficielle qui manque parfois de substance. Une ville reconnue pour ses plages et le désir d’y faire la farniente. Toutefois, lors de ma visite j’ai rapidement constaté que Miami a beaucoup plus à offrir! Derrière sa réputation se cache un mélange d’atmosphère balnéaire, de traditions latines et de culture urbaine.

L’art déco

Aussitôt arrivé au district de South Beach, quartier luxueux redevenu populaire grâce à la série télévisée Miami Vice, on se croirait dans une carte postale vivante aux couleurs vives. Reconnu par le registre national des sites historiques et véritable symbole de Miami, le district Art déco de South Beach offre aux millions de visiteurs quelque 800 propriétés construites de 1915 à 1940,  peintes dans toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. J’ai décidé de profiter des excursions gratuites offertes par la Design Preservation League, une organisation sans but lucratif qui a comme objectif de promouvoir la culture et l’architecture de South Beach. L’excursion des plus photogéniques m’incite à observer de plus près les détails de ces façades d’hôtels, la symétrie, les tons pastel, l’utilisation du néon, les formes courbées. Le district Art déco de South Beach fut un réel coup de cœur.

La petite Havane

Quand on arrive à Miami, il est difficile d’ignorer l’influence sud-américaine. Soixante-dix pour cent des Miamééns sont hispanophones, dont la moitié est d’origine cubaine. Afin d’en profiter, je quitte le district de South Beach et je me dirige vers le célèbre quartier surnommé La Petite Havane. La musique de Celia Cruz qui sort des magasins, l’odeur des feuilles de tabac de l’usine de cigares, les hommes âgés qui jouent aux dominos dans le square du quartier, tout est rassemblé pour vivre une expérience authentiquement cubaine.

Si l’appétit vous en dit, il faut absolument prendre le temps de manger au restaurant Versailles. Malgré le nom de l’établissement qui rappelle le palais français imaginé par le roi Louis XIV, on remplace la célèbre galerie des Glaces par une salle à manger modeste mais populaire auprès de la diaspora cubaine. Je savoure une assiette de Ropa Vieja, un met créole composé de viande de bœuf filamentée aux épices
cubaines avec un bon mojito,
bien sûr.

Wynwood

Imaginez un quartier qui semblerait être conçu par et pour Instagram. Un quartier où tous les murs sont couverts d’énormes murales, transformant des coins de rues en géants photomatons. Et bien ça existe, et c’est le Wynwood Arts District. Un quartier industriel, réinventé par les hipsters qui le fréquente. 

Ce n’est pas tout à fait nouveau comme histoire, mais Wynwood reste unique, se transformant en La Mecque de l’art de rue grâce à Tony Goldman, un magnat important du monde immobilier qui rêve d’un quartier entier dédié aux plus importants artistes muralistes du monde. Son rêve est devenu réalité et le quartier héberge maintenant non seulement des centaines de murales, mais des dizaines de galeries d’art ainsi que des restaurants et des bars qui prouvent encore une fois que Miami reste une destination avec une richesse culturelle difficile à ignorer.

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Le messager d’abord, le message ensuite

Julie Blais Comeau n’est pas une motivatrice. Elle ne brandit pas le poing dans les airs en s’écriant devant son auditoire : «lâche pas, t’es capable!» ou le désormais célèbre «vous êtes tous des gagnants»!

Non, sa rhétorique est toute autre. Julie Blais Comeau est une spécialiste de l’étiquette. Elle ne s’arrête pas au contenu du discours ou au message,  elle s’intéresse plutôt au messager lui-même : dégage-t-il de la crédibilité ? Est-ce que sa personnalité rayonne en public ? Sait-il comment faire les choses naturellement en toutes occasions ?

Voilà le terrain de jeu de notre formatrice. Et l’étiquette est à ne pas confondre avec les bonnes manières, le protocole ou l’éthique. Les bonnes manières font davantage référence à l’élégance; le protocole, lui, à la procédure technique à suivre et l’éthique fait appel à la moralité.

Comment Julie Blais Comeau explique-t-elle son champ d’expertise ?

«Les bonnes manières, c’est le quoi faire; le protocole, c’est savoir quand le faire, mais l’étiquette, c’est le comment faire. (...) Je donne les réponses pour que la personne puisse rayonner confiance et crédibilité. (...) Que la personne mette le petit doigt en l’air quand elle prend sa tasse de thé, moi, je m’en balance. Que la personne soit devant vous ou la reine Élisabeth II, elle doit savoir comment faire les choses, parce que quand on ne sait pas comment faire, on est paralysé. C’est ça, l’étiquette.»

Lors d’une entrevue pour l’obtention d’un emploi, plusieurs candidats afficheront à peu près le même niveau de compétence, les mêmes diplômes, des expériences professionnelles semblables… Mais qu’est-ce qui fera la différence?

«L’étiquette, c’est l’avantage concurrentiel», explique celle qui a été gestionnaire et directrice des ressources humaines dans une autre vie. Elle a aussi suivi à Los Angeles et Phoenix des formations dispensées par la Protocol School of Washington en étiquette des affaires et en protocole international.

Les thématiques de l'étiquette

Selon une enquête conjointe du Stanford Research Institute, de la Carnegie Foundation et de l’université Harvard, les relations interpersonnelles sont derrière 85% des obtentions de postes.

Pas surprenant donc de voir madame  Blais Comeau ratisser très largement dans l’art de se présenter en affaires. Elle offre des formations pour développer notamment son «intelligence culturelle». Ainsi, que vous receviez une délégation étrangère ou que vous alliez en mission à l’étranger, comment éviter les embarras, les faux-pas et les bévues diplomatiques?

À titre d’exemple, réseauter ne se résume pas à boire un verre et manger de petites bouchées, c’est arriver préparé, énoncer un argumentaire percutant et maîtriser ses sujets de prédilection. L’entrée en la matière, la poignée de main, vos sujets de conversation et le suivi que vous en ferez par la suite, «tout compte quand vous réseautez», dit-elle.

Madame Blais Comeau propose même de s’équiper d’une garde-robe vestimentaire «de dix morceaux pour dix jours» parce que «vos vêtements et vos accessoires sont ce que les autres remarquent en premier». L’extérieur d’abord, l’intérieur ensuite. «Vous le savez, vous n’avez qu’un instant pour faire une bonne première impression. (...) Façonner sa présentation ne veut pas dire manquer d’authenticité, ça veut dire rayonner positivement».

Des milieux de travail hostiles

Deux de ses quatre livres s’intéressent à l’étiquette en milieu de travail et aux situations délicates susceptibles de s’y produire, entre autres choses. «En un instant, le moindre faux-pas peut avoir un impact définitif sur une carrière et sur une réputation».

Ce qui nous amène à aborder, durant l’entrevue, l’incivilité en milieu de travail. Selon une étude de Christine M. Pearson et Christine L. Porath (auteures de The Cost of Bad Behavior: How Incivility Is Damaging Your Business and What to Do About It), l’incivilité au travail est présente dans tous les secteurs et dans toutes les professions. Ses conséquences vont bien au-delà des relations interpersonnelles, elles sont aussi sources de pertes substantielles de revenus.

Selon cette étude, 80 % des souffre-douleurs et des bourreaux qui les tourmentent, en milieu de travail, perdent du temps au travail avec ces affrontements. Les mauvaises relations professionnelles font en sorte que 78 % des employés impliqués dans des conflits se désengagent progressivement de leur entreprise.

Soixante-trois % d’entre eux planifient des détours physiques au bureau pour éviter l’offenseur et la qualité du travail en souffre dans 38 % des cas, 25% des employés minés par des conflits se défoulent sur leurs clients et 12 % d’entre eux quitteront finalement leur poste.


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L’étiquette, dites-vous? Bien plus qu’une question de petit doigt en l’air…

En cette fin d’année, explorons des situations propres aux temps des fêtes en milieu de travail.

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À bas les mythes!

CHRONIQUE — COLLABORATION SPÉCIALE / La mode est un domaine qui évolue et se transforme sans cesse. Il y a tout de même quelques mythes tenaces qui sont souvent bien ancrés dans nos esprits et dont il est difficile de se défaire. Regardons quelques-unes de ces croyances qui ont parfois la couenne dure.

Règles désuètes

Vous avez peut-être déjà entendu vos mères ou vos grands-mères vous dicter des règles de mode (contrairement à aujourd’hui, les hommes se prononçaient beaucoup moins sur le sujet à l’époque). Mais même si c’était vrai lorsque votre grand-mère vous l’a dit, nous sommes rendus ailleurs.

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CÔTÉ COULEURS

Le noir 

C’est bien connu, le noir est une couleur neutre qui s’agence avec tout. Et quand je dis tout, je veux dire TOUT. Même avec le marine. Même avec le brun. Je me souviens qu’il n’y a pas si longtemps, il était impensable de porter un soulier brun avec un pantalon noir ou de marier un veston noir avec un pantalon marine.

Le rose et le rouge

Il y a quelques années, n’était-ce pas une combinaison de couleurs qui nous faisait mal aux yeux? De nos jours, on peut s’amuser à les porter ensemble. Tout comme le bleu et l’orange et plein d’autres combinaisons de couleurs autrefois inusitées.

L’argent et le doré

Les métaux se mêlent joliment les uns aux autres et sans modération. On peut même rajouter du bronze et du rose doré dans l’équation.

Le blanc et les pastels 

Ils peuvent désormais se porter à l’année. On ne les porte pas toujours de la même façon en été comme en hiver, mais ils ne sont plus réservés aux températures clémentes.

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CÔTÉ AGENCEMENTS

Les accessoires

Ils n’ont pas besoin d’être parfaitement assortis. Vous pouvez varier les couleurs et les textures de vos ceintures, chaussures, montres et sacs. L’important est que le tout soit harmonieux.

Les motifs

Autrefois, un motif était suffisant. Aujourd’hui, on n’hésite pas à en arborer plus qu’un. Fleurs et rayures côtoient les pois et les carreaux. Vous ne savez pas comment faire? Vous trouverez une foule de looks sur la toile.

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LES STYLES VESTIMENTAIRES

Il est de plus en plus commun de voir un mélange des styles dans un même ensemble. On verra souvent un ensemble plus habillé agencé à un soulier plus sport, tout comme un jean troué et une chaussure plus habillée. Ces heureux mélanges peuvent rendre un look des plus intéressants.

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N’hésitez pas à effacer ces règles de votre mémoire, mais surtout, osez les transgresser. La seule chose dont vous avez besoin est d’assumer vos looks.