Trois générations de Lapensée marquent l’histoire de La Binerie Plantagenet. De gauche à droite, Chloé, Alain, Paulin, Luc, Marielle et Chantal Lapensée.

Une passion pour les bines à Plantagenet

Les fèves au lard, c’est du sérieux à Plantagenet. Outre son Festival de la bine qu’elle tient annuellement, cette petite communauté de l’Est ontarien abrite les locaux de La Binerie Plantagenet, une entreprise née en 2000 de la fusion des Fèves au lard Lalonde et de La Binerie Lapensée. Et la tradition n’est pas à la veille de s’éteindre puisqu’une troisième génération de Lapensée a récemment joint les rangs de La Binerie Plantagenet.

Alain Lapensée se souvient qu’enfant, son frère et lui s’amusaient à grimper les montagnes de poches de bines dans l’entrepôt de leurs parents. Curieusement, il s’agit d’un souvenir que partage sa fille, Chloé, qui a elle aussi souvent joué à cache-cache dans les sacs de bines avec sa soeur Karine.

C’est que Chloé, comme l’a fait Alain avec ses parents Paulin et Marielle, a grandi en aidant son père à servir les soupers et à concocter les populaires fèves au lard de La Binerie Plantagenet. En 1990, la passion d’Alain l’a amené à acheter l’entreprise de ses parents.

Avant l’arrivée du millénaire, deux bineries faisaient déjà fureur à Plantagenet: La Binerie Lapensée et Les Fèves au lard Lalonde, qui offrait également le service de traiteur La Cuisine Jean-Bernard. C’est en 2000 que naît La Binerie Plantagenet, le résultat d’une fusion entre les deux entreprises. C’est entre autres cette collaboration entre deux passionnés qui a fait prospérer l’entreprise.

Nourrie par cette même passion, Chloé est elle aussi devenue copropriétaire de La Binerie en achetant les parts de son oncle Dominique Auger, qui a récemment décidé de prendre une semi-retraite.

Aujourd’hui étudiante à temps partiel à la maîtrise en gestion des entreprises, la jeune femme de 24 ans oeuvre à temps complet à La Binerie, aux côtés de son père Alain.

«Quand les filles étaient petites, je les amenais à La Binerie. Dans ce temps-là, nos étiquettes n’étaient pas imprimées directement sur les contenants, il fallait les coller. Et les filles, à deux, trois, quatre ans, elles s’asseyaient sur les petits bancs et elles collaient les étiquettes. Elles me suivaient partout, et c’est vraiment venu naturellement», se souvient Alain Lapensée. 

Mourir dans un chaudron de bines

Alain Lapensée est catégorique. Même après toutes ces années, il affirme qu’il ne se fatiguera jamais de parler, de manger et de vivre des bines. « Je ne prendrai pas ma retraite avant d’avoir 70 ans. Je suis venu au monde dans un chaudron de bines, je vais mourir dans un chaudron de bines. Ils mettront mes cendres dans un vieux chaudron », dit-il très sérieusement.

Outre les deux tonnes de bines cuisinées hebdomadairement dans ses locaux de la rue Water, La Binerie Plantagenet continue à exploiter un service de traiteur pour toutes les occasions, et cuisine et vend toute une gamme de mets congelés comme des tartes et tourtières, pâtés, boeuf bourguignon, sauce à spaghetti, etc.

Alain, Chloé, Chantal et Luc Lapensée

Bien qu’il n’ait pas encore ressenti les effets de la pénurie de main-d’oeuvre, Alain croit que cette notoriété dont profite La Binerie dans la région représente une clé pour l’éviter. «Ça nous aide à voir que La Binerie est très présente dans les magasins et c’est une fierté de travailler pour La Binerie.»

Il affirme également que 40% de ses employés sont à la semi-retraite, une solution à ne pas négliger selon lui, à une époque où la population vieillit de plus en plus.

Plusieurs nouveautés seront bientôt ajoutées à l’enseigne de La Binerie Plantagenet. Les propriétaires ont fait l’acquisition du terrain situé derrière le magasin, ce qui permettra un agrandissement des installations de La Binerie, ainsi que la venue d’une nouvelle sandwicherie. Ce petit espace bistro permettra entre autres de nourrir les quelque 250 employés d’une nouvelle entreprise, Pii Comm, voisine de La Binerie, de même que les visiteurs qui souhaitent s’arrêter dans cette véritable institution pour y casser la croûte.

De nouveaux repas végétariens, végans et sans gluten seront également introduits au menu, créés par Karine, la soeur de Chloé, qui est diététicienne. Très bientôt, tous les produits de La Binerie seront également disponibles en ligne.

Les propriétaires mijotent aussi de grandes surprises en vue du prochain Festival de la bine de Plantagenet, un incontournable dans la région, qui se tiendra du 13 au 15 septembre. Déjà, des bruits suspects et incongrus se font entendre en provenance de la traditionnelle «cabane à pets».

Le site du Festival de la bine de Plantagenet