La directrice générale de Transport Laplante, Jacinthe Joly, entourée de la commis-comptable, Tanya Sauvé (à gauche), et de Claudie Ouellet, du service à la clientèle.

Une femme parmi les hommes

Jacinthe Joly dirige une entreprise dans un secteur qui est traditionnellement l’apanage des hommes. «Au début, je dois avouer que j’ai dû faire ma place. Mais honnêtement, cela s’est bien passé. Il faut dire qu’il y a de plus en plus de femmes dans le milieu du camionnage», observe la jeune femme de 36 ans.

Sans être elle-même camionneuse, elle a appris les rudiments du métier grâce au propriétaire Serge Laplante qu’elle qualifie de mentor. «C’est Serge qui m’a tout montré. Lorsqu’il m’a confié la direction de l’entreprise, il m’a dit:  Vas-y. C’est à ton tour. Je te fais confiance.» 

Lorsque Mme Joly a débuté, il y a 10 ans, l’entreprise n’avait que quatre camions poids lourds. Aujourd’hui, Transport Laplante et Fils dispose d’une flotte de 30 camions-remorques qui effectuent environ 25 voyages par semaine entre le Canada et les États-Unis. Un camion-remorque coûte au bas mot plus de 300 000$. Chaque poids lourd peut parcourir jusqu’à un million de kilomètres et sa durée de vie est limitée à cinq ans. Les chauffeurs travaillent un maximum de 60 heures par semaine. 

Transport Laplante et Fils se spécialise dans le transport de bois et d’acier et approvisionne surtout le secteur de la fabrication de meubles dans la région des Grands Lacs, plus précisément dans les États du Michigan, de l’Indiana, de l’Illinois et du Wisconsin. 

Lorsqu’ils ont fondé l’entreprise en 1975, André Laplante et son fils Serge ne possédaient qu’un seul camion-remorque. Serge prenait la route pendant que son père dirigeait l’entreprise. Ils n’ont jamais compté les heures. Ils ont surmonté de nombreuses embûches telles que les bris mécaniques, les pertes de marchandise, les mauvaises conditions routières, les accidents de la route, les conflits d’horaires entre clients et camionneurs, sans compter les problèmes aux douanes.

Qui aurait cru que leur entreprise serait dirigée par une femme en 2019 et que les trois quarts de leurs employés seraient des Jamaïcains? Ils auraient sans doute dit: «Tu as dû en fumer du bon!»