La vice-présidente Communications et marketing d'Investir Ottawa, Sonya Shorey, et le président-directeur général du CTIC, Namir Anani

Le secteur des technologies d’Ottawa à pied d’oeuvre

Le phénomène de la rareté de la main-d’oeuvre affecte la capitale nationale, où le secteur des technologies occupe une place de premier plan et où des milliers de postes seront à pourvoir au cours des prochaines années.

«Ces dernières années, on a vu une évolution assez rapide dans le domaine, parce qu’il y a 10-15 ans, Ottawa était une ville de fonctionnaires», explique le président directeur-général du Conseil des technologies de l’information et des communications (CTIC), Namir Anani.

Selon le CTIC, environ 88 000 emplois devront être créés d’ici 2021 en Ontario dans le secteur des technologies de l’information et des communications. Dans pareil contexte, la disponibilité de la main-d’oeuvre locale ne sera pas suffisante pour répondre aux besoins en matière d’embauche.

La preuve, les salaires des travailleurs du secteur de la technologie à Ottawa en 2018 étaient 14 % plus élevés que la moyenne canadienne, c’est-à-dire 93 600 $ contre 81 900 $. Selon le CITC, une telle hausse est souvent l’un des principaux signes d’une croissance de la demande conjuguée à une pénurie de l’offre, en particulier lorsque l’offre est insuffisante pour pourvoir ces emplois.

Le taux de chômage de 2,7% des professionnels des technologies de l’information et des communications à Ottawa représente moins de la moitié du taux de chômage total observé dans l’ensemble des professions de la région. Il s’agit d’un autre signe laissant présager une pénurie de main-d’oeuvre qualifiée.

«Un taux de chômage inférieur à 3%, c’est quelque chose qui indique que la demande est très forte par rapport à l’offre. Alors, on voit une demande accrue dans le domaine des talents et la demande dépasse de loin», poursuit M. Anani.

Cette situation n’est pas étrangère aux récents investissements annoncés par le gouvernement fédéral au sein de deux géants technologiques implantés dans la capitale nationale.

Le fédéral a récemment annoncé un investissement de 40 M$ dans le projet de l’entreprise Blackberry QNX en lien avec les véhicules autonomes et la technologie 5G. L’ex-leader des téléphones intelligents a pour sa part injecté 310 millions $ dans le cadre de cette initiative qui permettra de créer 800 emplois sur 10 ans sur le campus de BlackBerry à Kanata et de soutenir 300 emplois existants.

Le gouvernement fédéral a aussi annoncé un contrat de 40 M$ avec le géant finlandais des télécommunications Nokia, afin de mener des recherches sur la technologie sans fil 5G à Ottawa et à Mississauga, en banlieu de Toronto. Cet investissement contribuera à maintenir un effectif de Nokia au Canada de plus de 2000 employés et de créer 237 autres emplois sur une période de cinq ans.

Campagne «Travailler à Ottawa»

L’organisme Investir Ottawa, qui agit à titre de levier économique dans la région, a lancé plusieurs initiatives en vue d’attirer les talents dans le domaine des technologies, dont une campagne intitulée «Travailler à Ottawa», qui vise à aider les entreprises à acquérir les meilleurs talents.

Cette campagne de séduction cible notamment les travailleurs canadiens expatriés et les personnes hautement qualifiées, dans cinq principaux marchés américains (la Californie, le Texas, la Floride, le Massachusetts et New York).

Une porte-parole d’Investir Ottawa, Sonya Shorey, explique que le secteur des technologies dans la capitale nationale est à la recherche de ces travailleurs qui détiennent plusieurs années d’expérience. La campagne vise à les convaincre de venir occuper des postes supérieurs à Ottawa, plutôt que d’être un joueur parmi tant d’autres à Sillicon Valley.

Mme Shorey voit cette situation comme un défi et se montre optimiste face à l’avenir du secteur des technologies à Ottawa.

«Je vois cela comme une opportunité, dit-elle. C’est très excitant et je vois beaucoup d’ouverture, et de volonté de collaborer et de mettre des ressources entre Investir Ottawa et plusieurs partenaires. Nous travaillons tous ensemble. On sait qu’il y a une pénurie et on pose des gestes», ajoute Mme Shorey.