Le pouvoir de l’implication

Les entreprises ne tirent pas le plein potentiel de leur main-d’oeuvre et auraient intérêt à impliquer davantage leurs employés afin d’améliorer leur performance.

C’est essentiellement l’énoncé formulé par la firme-conseil Coeffience qui a récemment accouché, en partenariat avec la maison de recherche SOM, de la première mesure de l’implication et de l’intelligence collective des organisations. 

Le quotient d’implication (Qi) organisationnel élaboré par Coeffience et SOM permet d’analyser verticalement et horizontalement «la qualité des liens qui rattachent les employés à leur organisation, à leurs collègues et aux clients ou membres, ou patients, selon le type d’organisation.» 

La prémisse de Coefficience et SOM repose sur l’hypothèse selon laquelle plus les employés d’une entreprise publique ou privée s’impliquent, plus cette dernière devient «intelligente». Conséquemment, l’organisation possédant un meilleur pouvoir d’implication performera mieux.

«C’est la notion d’intelligence collective qui a été développée par le Massachusetts Institute of Technology (MIT), précise Yves Chapleau, président de Coefficience et consultant en communication managériale. Ce que les recherches du MIT ont démontré, c’est que pour qu’une organisation soit intelligente, il faut que les gens s’impliquent dedans. Il doit y avoir une contribution en qualité et en quantité.»

Avec le nouvel outil, Coefficience et SOM ont procédé à une première étude populationnelle portant sur le Qi des entreprises privées, publiques et communautaires de la Belle Province. Le sondage réalisé auprès de 1012 travailleurs québécois âgés de 18 ans ou plus démontre que le Qi moyen des organisations au Québec s’élève à peine à 52 sur une échelle de 100. Il y a clairement place à l’amélioration, fait valoir Yves Chapleau.

«Quand on regarde les organisations à l’horizontale, c’est-à-dire comment elle fonctionne d’un service à l’autre, c’est absolument cacophonique et dysfonctionnel», note-t-il.

Les faits saillants de l’étude

Au chapitre de la relation avec l’encadrement immédiat ( les supérieurs ), les organisations québécoises décrochent une note de 50 sur 100. 

Le score est identique au niveau de la relation entre collègues. La relation entreprise-clients est celle qui obtient la meilleure note avec 63. La relation avec les autres équipes de l’organisation atteint le score le plus bas de l’étude, à peine 37.

«Le grand constat qu’on peut faire, c’est que nos organisations doivent apprendre à mieux travailler à l’horizontale. Ça passe par des solutions qui sont au niveau de la culture de l’organisation. Il faut se donner des valeurs d’entraide. Il faut se débarrasser de la mentalité hiérarchique qui dit que ce sont les boss qui décident et que tout doit circuler à la verticale. On doit se débarrasser du travail en silo», explique le président de Coefficience.

Dans le contexte actuel marqué par une pénurie de main-d’oeuvre criante, les employeurs, de tous les secteurs confondus, devraient envisager d’améliorer leur taux d’implication, ne serait-ce que pour garder la mainmise sur les effectifs existants, fait remarquer M. Chapleau.

«Quand les gens s’impliquent dans quelque chose, ça veut dire qu’il y a un attachement à l’organisation. Ça fait en sorte que les gens vont rester dans une organisation et qu’ils vont trouver un sens à leur travail», dit-il.

Cette étude représente un premier coup de sonde. Les auteurs ont l’intention de rééditer le sondage sur une base annuelle.

«On veut aussi proposer l’indice à toutes les organisations parce qu’on croit qu’il s’agit d’un outil extrêmement utile qui permet à des dirigeants de vraiment optimiser le fonctionnement de leur entreprise», termine M. Chapleau.