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Des airs de Jamaïque à Plaisance

J’aime mon voisin, c’t’un Jamaïcain, chantent les Frères à Ch’val. C’est sans doute l’air que Jacinthe Joly fredonne le matin lorsqu’elle arrive au bureau. Car la directrice générale de Transport Laplante et Fils pourra compter d’ici septembre prochain sur 32 chauffeurs originaires de la Jamaïque pour conduire sa flotte de camions-remorques qui assurent chaque semaine 25 transports entre le Canada et les États-Unis. Cette acquisition fera de Transport Laplante et Fils le plus grand employeur de la municipalité de Plaisance. Que de routes parcourues pour une petite entreprise fondée en 1975 par André et Serge Laplante.

Pourquoi recruter des chauffeurs jamaïcains? Car, il faut se le dire, la Jamaïque, ce n’est pas la porte d’à côté. C’est un pays tropical. Il y fait chaud. Il y fait beau. On y retrouve parmi les plus belles plages des Antilles. Et sans rien vouloir enlever à la belle municipalité de Plaisance, en novembre, il y fait déjà froid.

«On avait un sérieux problème de main-d’œuvre. C’est difficile de recruter de bons chauffeurs. Surtout pour voyager entre le Canada et les États-Unis», explique Jacinthe Joly qui dirige l’entreprise depuis que le propriétaire Serge Laplante jouit d’une retraite bien méritée. Le recrutement est devenu encore plus difficile depuis que le Canada a légalisé la marijuana en octobre dernier, ajoute Mme Joly, qui a les deux mains sur le volant de la compagnie.

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Pourquoi OFFICE 365 est une bonne option pour votre entreprise?

Si vous hésitez à adhérer à l’offre de Microsoft OFFICE 365 ou vous êtes de ceux qui ont déjà fait le saut, mais n’êtes pas aux faits sur tout ce que le produit peut vous offrir, cet article est pour vous!

Au-delà de la mobilité et de la flexibilité, le produit de Microsoft inclut des contrôles de sécurité de vos données et de l’hébergement en sol canadien.  La version Premium vous permet d’avoir accès à différentes applications qui peuvent être très pratiques pour une entreprise comme la vôtre. Cet abonnement vous permet d’avoir accès aux logiciels Outlook, Word, Excel, PowerPoint, OneNote et Access, mais aussi à une vingtaine d’applications qui pourraient faciliter vos communications et vos opérations. Voici quelques-unes de ces applications :

Microsoft Teams est une application qui permet de créer, partager et collaborer facilement en équipe à partir d’un ordinateur, d’une tablette ou d’un téléphone intelligent. Sur une plateforme commune et personnalisable, il est ainsi possible d’avoir des discussions en groupe, des réunions en vidéoconférence, et d’y partager des notes et des pièces jointes.

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Une femme parmi les hommes

Jacinthe Joly dirige une entreprise dans un secteur qui est traditionnellement l’apanage des hommes. «Au début, je dois avouer que j’ai dû faire ma place. Mais honnêtement, cela s’est bien passé. Il faut dire qu’il y a de plus en plus de femmes dans le milieu du camionnage», observe la jeune femme de 36 ans.

Sans être elle-même camionneuse, elle a appris les rudiments du métier grâce au propriétaire Serge Laplante qu’elle qualifie de mentor. «C’est Serge qui m’a tout montré. Lorsqu’il m’a confié la direction de l’entreprise, il m’a dit:  Vas-y. C’est à ton tour. Je te fais confiance.» 

Lorsque Mme Joly a débuté, il y a 10 ans, l’entreprise n’avait que quatre camions poids lourds. Aujourd’hui, Transport Laplante et Fils dispose d’une flotte de 30 camions-remorques qui effectuent environ 25 voyages par semaine entre le Canada et les États-Unis. Un camion-remorque coûte au bas mot plus de 300 000$. Chaque poids lourd peut parcourir jusqu’à un million de kilomètres et sa durée de vie est limitée à cinq ans. Les chauffeurs travaillent un maximum de 60 heures par semaine. 

Transport Laplante et Fils se spécialise dans le transport de bois et d’acier et approvisionne surtout le secteur de la fabrication de meubles dans la région des Grands Lacs, plus précisément dans les États du Michigan, de l’Indiana, de l’Illinois et du Wisconsin. 

Lorsqu’ils ont fondé l’entreprise en 1975, André Laplante et son fils Serge ne possédaient qu’un seul camion-remorque. Serge prenait la route pendant que son père dirigeait l’entreprise. Ils n’ont jamais compté les heures. Ils ont surmonté de nombreuses embûches telles que les bris mécaniques, les pertes de marchandise, les mauvaises conditions routières, les accidents de la route, les conflits d’horaires entre clients et camionneurs, sans compter les problèmes aux douanes.

Qui aurait cru que leur entreprise serait dirigée par une femme en 2019 et que les trois quarts de leurs employés seraient des Jamaïcains? Ils auraient sans doute dit: «Tu as dû en fumer du bon!»

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Les immigrants comme solution

L’immigration représente une partie de la solution afin de répondre à la pénurie de main-d’oeuvre à laquelle font face les employeurs, mais qu’en est-il de la situation dans la région? Les PME sont-elles assez au fait du bassin existant de candidats immigrants qualifiés pour combler leurs besoins? Petit tour d’horizon.

Au Service intégration travail Outaouais ( SITO ), où on offre notamment des services individuels de recherche d’emploi pour les immigrants et des programmes de formation préparatoire à l’emploi par le biais de stages en entreprise, le nombre de demandes d’employeurs logées auprès de l’organisme a plus que doublé depuis mai 2018 pour passer d’une vingtaine à une cinquantaine par mois.

«C’est sans compter les demandes qui viennent de la part d’Emploi-Québec. Ça vient de tous les secteurs, autant du domaine de la restauration, que des domaines des métiers, de la comptabilité, de l’enseignement, de l’informatique et des technologies», énumère Roxana Merello, directrice générale du SITO. Pour répondre à ce boom de requêtes, l’organisme a d’ailleurs dû ajouter une nouvelle ressource à son équipe.

Au chapitre des succès, le SITO a réussi à placer 280 personnes immigrantes dans un poste en Outaouais, en 2017. L’an passé, ce nombre a grimpé à 324. 

Selon Mme Merello, le pourcentage de placements va augmenter encore cette année. Le constat est toutefois évident: le SITO n’est pas en mesure de répondre à la demande. 

«On doit faire des efforts pour augmenter le nombre de personnes venant de Montréal afin de pourvoir l’ensemble des postes disponibles en Outaouais. Malgré que nous ayons 500 clients par année, nous n’avons pas assez de profils pour répondre à la demande», souligne Mme Merello.

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Plomberie Alvanar. Un secret bien gardé!

Robin Cyr se souvient de l’époque où, de son sous-sol, il prenait les appels de ses clients qui nécessitaient son expertise en plomberie. « Je me voyais un peu comme un sauveur quand un client m’appelait à 10h le soir pour réparer la toilette bouchée », dit-il en souriant. Quatorze ans plus tard, M. Cyr est à la tête d’une entreprise qui dispose d’un vrai bureau et d’une équipe d’employés fidèles.

Alvanar (dont le nom provient des premières lettres des prénoms de ses enfants et de Robin) est une sorte de secret bien gardé. Sans faire de vagues, l’entrepreneur a su s’implanter et faire sa place, d’abord dans le secteur résidentiel, et aujourd’hui davantage dans le secteur commercial. « Nous venons de terminer les travaux dans l’édifice Le Vibe qui compte 190 unités, indique M. Cyr. On a aussi fait plusieurs banques, arénas, CPE, McDonald’s, Ultramar, Hydro-Québec, l’Université d’Ottawa, le Jardin Monsarrat... Mais il y a encore des grand entrepreneurs généraux qui ignorent qu’on est capable de réaliser de très gros projets. »

L’expérience

Dans le domaine depuis 26 ans, Robin Cyr est allé chercher son expérience pratique sur les chantiers à Montréal et même au nord du Québec, jusqu’à ce qu’il décide en 2005 de se lancer en affaires. « Quand tu te lances dans quelque chose, il faut que tu le fasses avec passion. Démarrer mon entreprise m’a permis d’établir des normes strictes de qualité et m’assurer de les faire respecter. »

Et il ne faut pas compter ses heures. L’homme d’affaires rend hommage à ses enfants qui ont souvent dû composer avec un papa absent, des vacances raccourcies à cause d’une urgence, ou d’avoir à suivre leur père sur des appels de service. « Je leur en suis tellement reconnaissant! C’est sûr qu’on essaie maintenant de passer plus de temps ensemble. »

Avenir et relève

Alexis et Vanessa suivront-ils les traces du paternel? « C’est sûr que s’ils le veulent, ils auront une place dans l’entreprise, dit M. Cyr. En bâtissant la compagnie, on espère pouvoir un jour former une relève. Je ne leur impose rien. Mais je serais heureux de savoir qu’ils reprennent le flambeau! »

En attendant, l’entrepreneur peut compter sur l’aide de son équipe, ses estimateurs, une adjointe, des contremaitres et plombiers. Avec l’arrivée de jeunes recrues, il est en mesure d’offrir à nouveau un service à la fine pointe de la technologie, et fier de servir la clientèle d’Ottawa et de l’Outaouais.

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La pénurie de la main-d’oeuvre, un frein à l’expansion

L’insuffisance de la main-d’oeuvre dans la région, un mythe? Pas pour le propriétaire des deux magasins Club Piscine Super Fitness à Gatineau et à Ottawa, Jean Ravenda, qui a dû renoncer à l’idée d’en ouvrir un troisième faute de personnel. Cette même réalité a aussi frappé les copropriétaires du salon de coiffure Victor Victor à Gatineau, qui ont finalement abandonné leur projet d’ouvrir un deuxième établissement dans le secteur du Plateau, après n’avoir reçu aucune candidature de coiffeurs potentiels.

«Des histoires comme ça, il y en a beaucoup», selon M. Ravenda, qui agit aussi à titre de vice-président de la Chambre de commerce de Gatineau.

L’homme d’affaires bien implanté dans la région a ouvert un troisième magasin éphémère, l’an dernier, dans le secteur Orléans, afin de tester le marché.

«L’expérience a été concluante, il y a un marché et je n’ai aucun doute, mais je n’ai pas les ressources pour pouvoir avoir du personnel-là, explique-t-il. Il faut que tu aies les personnes qui vont bien servir les clients. Il faut que tu les formes et nos programmes de formation sont basés sur une durée trop longue compte tenu du roulement», poursuit-il.

Faible croissance

Ses propos reflètent d’ailleurs les résultats d’une enquête menée par la Banque de développement du Canada (BDC), en septembre 2018, auprès de 1200 entrepreneurs canadiens à la tête de PME. Près de 40 % d’entre eux ont dit avoir de la difficulté à trouver de nouveaux employés. Les entreprises touchées par la pénurie étaient aussi 65% plus susceptibles de connaître une faible croissance, d’après le sondage.

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35 100 postes à combler en Outaouais d’ici 2021

Le problème de la rareté de la main-d’oeuvre se fait sentir en Outaouais, où quelque 35 100 emplois sont à combler entre 2017-2021, dont un peu plus de 80 % proviennent de départs à la retraite. Le tout se déroule dans un contexte où le taux de chômage est historiquement bas dans la région, à 4,9%.

Le problème de la pénurie de la main-d’oeuvre comporte plusieurs volets : un vieillissement de la population et des départs à la retraite de travailleurs expérimentés, jumelés à une relève moins nombreuse, inexpérimentée et souvent moins attirée par certains secteurs, tels que le domaine de la construction, du transport, des pâtes et papiers et autres.

«Il y a des entreprises qui font face à une pénurie pour différentes raisons», explique le directeur régional de Service Québec de l’Outaouais, Alain Ranger, qui représente une branche relevant du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale et qui couvre 17 régions administratives de la province.

«C’est presque tout le monde qui est en emploi. Donc, quand on est dans des données aussi importantes, ça vient illustrer le fait qu’il y a une situation qui est favorable davantage pour le chercheur d’emploi que pour les entreprises», soutient M. Ranger.

Le directeur régional préfère néanmoins parler non pas d’une pénurie, mais plutôt d’une situation de rareté de main-d’oeuvre, bien qu’il reconnaisse qu’une pénurie frappe certains secteurs.

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L’accès à des travailleurs qualifiés est difficile

Les immigrants représentent une source de talents cachés pour contrer la pénurie de la main-d’oeuvre, mais les entrepreneurs hésitent encore à se tourner vers eux, d’après un rapport de la Chambre de commerce d’Ottawa.

Alors que 77% des entreprises d’Ottawa estiment que les immigrants sont une source de talents, 46% d’entre elles sont d’avis que les immigrants ne constituent pas un bassin important de travailleurs et de compétences pour elles, d’après cette étude réalisée sous forme de sondage l’an dernier et qui portait sur la croissance des entreprises.

Pourtant, toujours selon cette même étude, l’accès à des travailleurs qualifiés demeure un problème important pour 63% des entreprises de la capitale nationale.

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Jean Bédard, fier de l’évolution de La Cage

Pour plusieurs, La Cage est avant tout cet endroit chaleureux où se réunir, avec très souvent le prétexte d’assister à un événement sportif sur grand écran. Et c’est toujours le cas, même avec le repositionnement de la chaîne et maintenant, le tout nouveau restaurant de Gatineau, secteur Le Plateau. Selon Jean Bédard, président et chef de la direction du Groupe Sportscene qui gère La Cage - Brasserie sportive, cette évolution était nécessaire.

« Il faut savoir évoluer avec notre concept, » lance celui qui, à 26 ans, décidait de s’impliquer dans l’ouverture d’une franchise de La Cage aux Sports à Saint-Hyacinthe avec un groupe de jeunes actionnaires. « J’aimais le sport et j’aime toujours autant cela aujourd’hui. C’était donc un choix d’affaires très naturel pour moi en 1988. »

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Normes du travail : Plus de flexibilité, plus de sécurité

Des changements ont été apportés à la Loi sur les normes du travail en 2018, dont un certain nombre sont entrés en vigueur depuis janvier 2019. Plusieurs de ces modifications simplifieront la gestion, d’autres octroient de nouveaux avantages à vos employés. Voici un bref rappel de ces changements.

Plus de temps

Dans la mouvance populaire de dénonciation des agressions à caractère sexuel ces dernières années, le législateur fait maintenant une mention spécifique de ce type de harcèlement à l’intérieur de ses dispositions existantes sur le harcèlement au travail. À titre de rappel, la Loi définit le harcèlement comme étant « une conduite vexatoire se manifestant soit par des comportements, des paroles, des actes ou des gestes répétés, qui sont hostiles ou non désirés, laquelle porte atteinte à la dignité ou à l’intégrité psychologique ou physique du salarié et qui entraîne, pour celui-ci, un milieu de travail néfaste ». La jurisprudence a établi que la qualification de harcèlement pouvait inclure des comportements répétés et non désirés, ou à une seule conduite grave. 

Au niveau du mécanisme de plainte devant la CNESST en matière de harcèlement, un autre changement à la Loi est que la période pour faire une plainte après la dernière manifestation d’un incident passe de 90 jours à deux ans, élargissant considérablement la possibilité d’accéder à ce recours. La Loi exigeait déjà des employeurs qu’ils prennent un rôle proactif pour prévenir ce genre de situation. 

Par ailleurs, les tribunaux ont ajouté qu’un employeur ne peut se dégager de cette responsabilité lorsque la situation de harcèlement est évidente ou lorsqu’elle a été portée explicitement à sa connaissance.  Depuis le 1er janvier dernier, la Loi oblige maintenant l’employeur à démontrer qu’il possède une politique contre le harcèlement et du traitement des plaintes : ce changement n’est pas anodin, puisqu’il traduit une volonté clairement exprimée d’afficher une tolérance zéro envers ce type de comportement et que chaque employeur doit veiller à encadrer cette problématique.