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Un magicien en affaires

Faire vivre des émotions pour transmettre des notions, voilà le pari que Daniel Coutu a pris en fondant les Productions Prestigo en 2006. Avec deux émissions jeunesse présentées à Radio-Canada, Science ou magie et Par ici la magie, des tournées de spectacles partout au pays et de multiples produits dérivés, dont l’application mobile Technomagie, l’animateur et magicien cherche sans cesse à toucher le cœur des enfants. «Parce qu’ils sont les acteurs de changement de demain ». Portrait d’un bâtisseur de rêves.

«Être artiste, c’est vendre du rêve, souligne Daniel Coutu,  rencontré chez lui, dans sa maison, qui abrite aussi ses bureaux, à Gatineau. Et être magicien, c’est vendre une réalité qui n’existe pas.» 

À sept ans, il reçoit pour son anniversaire un tout premier ensemble de magie. Coup de cœur instantané pour ce médium qui lui permet alors de se mettre en scène, de faire de l’humour et, aussi, de faire de la musique avec son père multi-instrumentiste. Six ans plus tard, il suivra des cours de magie avec Maxim le magicien, et avec qui il apprendra des techniques professionnelles qui confirmeront sa passion pour la magie et, surtout, pour l’animation. 

Une invitation qui change tout

Au cégep, il entame des études en techniques administratives. Celui qui depuis son jeune âge jouait dans la plupart des spectacles scolaires avait aussi un penchant pour les affaires. «Je suis curieux de tout, absolument tout. À l’école secondaire, je faisais partie du club des jeunes entrepreneurs, se souvient-il. J’étais un excellent vendeur.»

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Une boussole entrepreneuriale

L’Outaouais est une terre entrepreneuriale qui foisonne de talents. Actuellement, 7 300 entreprises y ont pignon sur rue, mais derrière ce tableau, environ 23 000 personnes seraient présentement sur le point de lancer une nouvelle compagnie ou de reprendre une entreprise existante.

L’organisme de services aux entreprises ID Gatineau estime que plus de 60% des personnes ayant l’intention de se lancer en affaires souhaiteraient être accompagnées par un organisme spécialisé ou un mentor, mais dans les faits, seulement une personne sur cinq bénéficiera de services d’accompagnement.

Ainsi, nous dit Jean Lepage, directeur général d’ID Gatineau, bon an, mal an, un entrepreneur sur deux abandonne la partie avant de se lancer en affaires. S’il est appuyé par une structure ou des professionnels du milieu des affaires,  le taux de réussite en affaires montera à 70%. ID Gatineau estime que, dans son cas, ce taux est porté à 85% de réussite lorsque les entrepreneurs en devenir ont recours à ses services.

Puis, il y a la masse d’informations disponibles, mais souvent mal référencées : au Canada, plus de 1 000 antennes, cellules, ministères et organismes agissent sur le terrain entrepreneurial, mais seulement 20 % des gens d’affaires utilisent les services d’aide qui sont disponibles pour eux.

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Un premier spectacle

Au retour, il décide de produire son propre spectacle, Science ou magie, dans le but d’enseigner aux enfants, tout en les divertissant. Âgé de 19 ans, il fait un emprunt de 10 000 $ à la banque pour financer ce qui devait être une tournée de 30 spectacles, laquelle s’est finalement terminée au bout de trois ans avec 400 représentations dans les écoles et les festivals.

«D’est en ouest au pays, ce fut un succès, dit-il. J’ai compris alors qu’il n’y avait pas d’offre culturelle structurée et clés en main. J’ai fouillé le curriculum des établissements pour comprendre quels étaient les objectifs pédagogiques et jusqu’à ce jour, je conçois des spectacles en fonction de cette demande.» 

D’où la fondation des Productions Prestigo en 2006, un «incubateur de personnages», lesquels véhiculent des valeurs éducatives et se déclinent en spectacles, CD, DVD, livres, musique, produits dérivés et émissions de télévision. Atlas Géocircus et Kalimba comptent parmi les nombreux succès de l’entreprise qui font le bonheur des enfants. 

Dans un futur rapproché, Daniel Coutu mise énormément sur le volet de la production télévisuelle. Dans ce milieu, il avoue d’ailleurs l’avoir «appris à la dure» et ce, avec Nabella Dicaire, son amoureuse depuis 16 ans, mère de leurs deux filles et indispensable partenaire d’affaires.  

«Nous nous sommes présentés à Radio-Canada pour avoir de la visibilité sur le Web et nous sommes repartis avec un contrat pour produire Par ici la magie, une émission jeunesse. Nous avons passé des nuits à faire de la comptabilité et à essayer de comprendre le financement d’une émission de télévision, se rappelle-t-il en riant. Je souhaite continuer à produire ici, à Gatineau, mais le défi de trouver un studio qui répond à nos besoins demeure entier.»

Atteint d’un trouble déficitaire de l’attention, l’infatigable visionnaire se lève à l’aurore, à 4 h 30, pour rêver à ses personnages, les concevoir et les faire vivre. Il travaille aussi à développer sa notoriété et sa marque, notamment en participant à des émissions comme Tout le monde en parle pour y défendre ses valeurs. Il anime encore et toujours des galas et des événements, le plaisir «d’émerveiller la foule» étant trop grand. Et même avec deux nominations aux prix Gémeaux (Science ou magie), il garde les deux pieds sur terre. 

«Pour Nabella et moi, la famille, c’est précieux. Mon père et ma mère travaillent avec nous. Je ne veux surtout pas réussir ma vie professionnelle au détriment de nos filles. Je ne veux pas réussir  dans la vie, je veux réussir notre vie.»

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Votre avis sur la réforme fiscale

Le Droit Affaires et la Banque Nationale ont réalisé un sondage pour connaître l’opinion des entrepreneurs de Gatineau-Ottawa. Ce mois-ci, nous voulons savoir ce que la communauté d’affaires pense de la réforme fiscale du gouvernement fédéral. L’associé chez 4CPA Inc., CPA et chargé de cours à l’Université du Québec en Outaouais (UQO), Pierre-Yves Lemieux, commente les résultats du sondage.

QUESTION 9

«Agréablement surpris» est le terme qu’utilise Pierre-Yves Lemieux en constatant les résultats du sondage. En effet, le CPA trouve soulageant que le trois quarts des répondants soient informés des mesures proposées. 

«D’autant plus considérant que des changements aussi significatifs ont été annoncés en plein cœur de l’été, et ce juste avant le début des vacances de la construction au Québec, ajoute-t-il.»

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Camille Villeneuve, l’homme derrière Multivesco

Hormis la communauté régionale du monde des affaires, peu de gens connaissent Camille Villeneuve, fondateur et président du conseil d’administration de Multivesco.

Si l’homme est plutôt discret, faisant très rarement les manchettes, ses nombreuses réalisations parlent d’elles-mêmes.  Partout à Gatineau, on peut apercevoir l’empreinte du promoteur immobilier. Le 200, rue Montcalm, siège social de Multivesco, c’est lui, tout comme le 70, rue Crémazie, le 30, rue Victoria, et tutti quanti.

Camille Villeneuve est aussi en grande partie responsable de l’important développement immobilier qu’a connu le secteur du secteur du Plateau de la Capitale.  Il a été propriétaire de plusieurs milliers de logements et d’immeubles locatifs dans la région et ailleurs, notamment en Alberta, Montréal, et même au Texas.

Né en 1945 dans la région du Lac-Saint-Jean et dernier d’une fratrie de 10 enfants, rien ne prédestinait le fils d’un agriculteur et d’une mère ultra catholique à une carrière dans le milieu fort compétitif de l’immobilier.

Ne pas être pauvre

Très tôt, le jeune Camille, qui a connu la pauvreté à Moonbeam, une petite localité du nord de l’Ontario où sa famille s’est établie au début des années 1950, a décidé qu’il ne vivrait pas dans la misère.  «Mon ambition première a été d’essayer de ne plus jamais être pauvre», se souvient-il.

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L’éveil du nationalisme

Camille Villeneuve n’aura pas que les affaires pour seul amour. Il aura été un souverainiste convaincu. De Moonbeam, il retient que les Canadiens-français étaient des citoyens de troisième classe, après les Anglais et les immigrants slaves.

«Quand tu arrives du nord de l’Ontario avec toutes les injustices qui te font sentir comme un citoyen de troisième classe et que tu arrives au Québec avec l’effervescence d’un Bourgault (N.D.L.R: Pierre Bourgault, leader indépendantiste québécois et orateur hors-pair), je ne m’en cache pas, j’ai été bien proche de ça», confesse-t-il.

Il aura hébergé chez lui René Lévesque, fondateur du Parti québécois et premier ministre du Québec de 1976 à 1985, et vécu deux référendums. S’il a pleuré au premier en 1980, il a vécu les choses bien autrement lors du deuxième référendum en 1995. «Mon évolution était faite. On n'avait fait tellement de chemin qu’on avait plus besoin de la séparation.»

À son ami et associé feu Marcel Beaudry qui lui demandait pourquoi il était nationaliste, il tendra sa main droite vers son coeur, en signe d’affection. De cette période souverainiste, il mentionne du bout des lèvres que «ce ne l’a pas empêché de faire des affaires, mais que ça lui a nui en certaines occasions». 

Aujourd’hui et demain

Malgré son âge avancé, Camille Villeneuve se présente quotidiennement au bureau. Ce qui le fait encore courir, c’est l’espoir de concrétiser une autre bonne affaire. 

Il pense aussi à demain. «Mon plus grand souhait, c’est de préparer une relève qui s’organisera comme il faut, qui sera heureuse de continuer ce que nous avons construit.» Son seul fils, Pierre, occupe le poste de vice-président Construction. Quant à sa fille Christine, une doctorante en physique, elle vit dans la région de Boston et rien ne laisse présager qu’elle joindra Multivesco un jour.

Celui qui plus jeune ne voulait plus jamais connaître la pauvreté aura largement gagné son pari. «Aujourd’hui, je vis dans le confort. Je n’ai pas de «bébelles» et je suis content de ce que j’ai. J’habite la même maison depuis 35 ans».

Le philantrope

Fort d’un doctorat honorifique de l’Université d’Ottawa, son alma mater, il lui aura remis une contribution de 1,5 M$.  Il a aussi récompensé l’Université du Québec en Outaouais de ses largesses. 

«Camille Villeneuve est un grand philanthrope, la plupart du temps dans l’obscurité. Il est extrêmement sensible. Il est venu en aide à plusieurs personnes dans le besoin, sans que ça soit connu», témoigne l’ancien maire des villes de Hull et de Gatineau, Yves Ducharme, aujourd’hui président du Regroupement des gens d’affaires.

Premier employé permanent de Multivesco, Bernard Raymond,  président et chef de la direction, ne tarit pas d’éloges à l’endroit de Camille Villeneuve. «Il est visionnaire et a beaucoup de flair en affaires.  De plus, termine-t-il, il est très proche de son monde.»

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Grimpeurs devenus entrepreneurs

Un modèle de direction inspirant, des gens passionnés et le désir de populariser le sport vers de nouveaux sommets : voilà ce qui caractérise Altitude Gym. Le complexe d’escalade situé dans l’ancienne église longeant le boulevard Saint-Raymond fait fureur auprès des grimpeurs, friands de parois aux montées diversifiées.

Dans le jargon de ce sport, le directissime désigne l’itinéraire le plus court pour atteindre un point culminant. On peut sans l’ombre d’un doute affirmer que le groupe fondateur d’Altitude Gym, composé de 12 comparses passionnés, a atteint un nouveau sommet sans trop tarder. La semaine du 8 octobre dernier marquait l’ouverture de leur deuxième succursale, située dans le secteur Kanata, presque sept ans jour pour jour après l’inauguration de la première.

L’ascension d’une fraternité

C’est en voyageant pour sa passion que Patrick Lamothe, actuel président d’Altitude Gym, a débuté ses réflexions quant aux possibilités d’un centre pour grimpeurs dans la région de l’Outaouais. Plusieurs mois d’observation vont permettre au groupe de définir le concept le plus représentatif possible de leur rêve de base, soit de reproduire un environnement unique, sécuritaire et viable.

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Réfléchir longtemps, grandir constamment

La prévention est une partie intégrante du succès des adeptes d’escalade, comme ce fut le cas pour le parcours de l’entreprise. «Avant le lancement en 2010, nous avions établi des mesures afin d’éliminer le plus possible les sentiments d’injustices ou les non-dits qui auraient pu ternir certaines relations, initialement basées sur une passion, au sein du groupe», évoque le maître d’œuvre, pour qui prévenir vaut beaucoup mieux que guérir.

Les analyses en profondeur ont permis à l'entrepreneur et à son entourage d’avancer, de construire les prochaines étapes, au lieu de colmater des erreurs sur des projets préalablement moins bien entamés.  «L’ouverture de la récente succursale est un bon exemple afin d’imager la symbiose entre l’intuition, l’analyse et les actions que Patrick apporte pour Altitude Gym», reconnait Nancy Asselin, directrice générale du complexe d’escalade. 

«Le marché n’est pas encore à sa pleine maturité à Kanata, mais nous venons géographiquement de fermer le triangle stratégique de la grande région de Gatineau-Ottawa», explique le président, en ajoutant que leurs prévisions présagent un doublement du personnel  pour cette succursale au cours des prochains mois. 

Cette croissance est justement perçue comme un défi positif pour la troupe d’escaladeurs-propriétaires qui doivent conjuguer avec une effervescence spectaculaire du sport. «Une bonne idée est vouée à être copiée, alors on ne perd pas beaucoup de temps pour agir suite aux réflexions», assure Patrick Lamothe.

Implication compétitive et sociale

Le complexe compte une équipe participant à certaines compétitions internationales. Plus près de nous, La Coupe Québec se tiendra le 11 novembre prochain dans les installations d’Altitude Gym. Cette tribune expose les talents provinciaux et contribue à l’engouement pour le sport en région. 

«Nous sommes extrêmement fiers de nos jeunes athlètes qui émergent, mais il nous est aussi essentiel de collaborer aux programmes comme Le Stress vu d’en haut mis sur pied par le Centre de pédiatrie sociale de Gatineau», confie Nancy Asselin.

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1 M $ pour les soins palliatifs

CHRONIQUE - COLLABORATION SPÉCIALE / En tant que directeur général de la Fondation du Collège universitaire Dominicain, Mark Bordeleau élabore des stratégies qui ont de l’impact.

«Depuis 28 ans, en tant que professionnel passionné en philanthropie, je lis beaucoup, je prends le pouls de l’actualité, je m’active en réseautage d’affaires et communautaire, et je constate fièrement que j’ai mobilisé près de un milliard de dollars pour des causes qui me tiennent à cœur en santé et depuis quelques années en éducation.»

L'importance des soins palliatifs

Depuis quelques temps, la lumière est sur l’aide médicale à mourir et plusieurs semblent oublier à quel point les soins de fin de vie sont capitaux. Interpelé par cette problématique et convaincu que la population gagnerait à comprendre davantage l’importance de l’accompagnement en fin de vie, Mark met ses compétences et son réseau à contribution et mobilise des partenaires. « Si on prépare autant une naissance, Il faudrait bien préparer un départ ! À mon avis, il est important que la population voit les deux côtés de la médaille et découvre que de bons services font toute la différence. »

Après avoir organisé deux cafés philosophiques sur la question, la stratégie a pris forme. Le défi est de taille : mobiliser un million de dollars pour créer une nouvelle chaire d’études au Collège universitaire Dominicain.

En s’associant, le Collège universitaire Dominicain et la Maison Mathieu Froment Savoie constituent les bases d’une force collective pour la création de la Chaire d’étude Noël-Mailloux. Ce centre de ressources universitaires permettra de rechercher, d’explorer et de débattre les tenants et les aboutissants des diverses options. Il sera une valeur ajoutée pour la société et les pouvoirs publics, mais également pour tous les professionnels et les aidants naturels qui accompagnent des personnes en fin de vie.

Un modèle de philathropie alliant éducation et santé pour le bien commun.

Ethel Côté est présidente de mécènESS & Institut social

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Le cinéma et la télé d'ici, une industrie bien vivante

Si ce n’est pas tous les jours qu’Hollywood fait son cinéma dans les rues d’Ottawa et de Gatineau, il reste que la production cinématographique et télévisuelle est bien vivante dans la région. En moyenne, 100 millions $ par année sont dépensés dans ce secteur dans la capitale nationale, ce qui génère du même coup d’importantes retombées économiques locales.

Pas étonnant alors que le maire d’Ottawa, Jim Watson, se soit rendu avec une délégation le mois dernier au siège social d’Amazon, à Seattle, ainsi qu’à Los Angeles, où il a courtisé des joueurs de cette industrie, les invitant à venir tourner leurs productions dans sa ville.

«C’est un secteur important d’Ottawa et un secteur en croissance», lance le commissaire du Bureau du cinéma d’Ottawa, Bruce Harvey, qui était justement du voyage avec le maire.

«Je pense que la ville est consciente de l’importance de ce secteur au Canada», poursuit l’homme en poste depuis trois ans, dont le mandat est justement de promouvoir l’aspect économique de la production cinématographique et télévisuelle d’ici.

Mickey Mouse à Ottawa

De ces 100 millions $, environ la moitié est dépensée en animation, un secteur qui, étonnamment, compte environ 70 ans d’histoire à Ottawa. «C’est un secret bien gardé», affirme M. Harvey qui mentionne, par exemple, le fait que c’est ici que la compagnie Disney tourne les courts métrages de Mickey Mouse.

Les 50 millions $ restants sont pour leur part répartis quasi également entre les productions de séries dramatiques et les téléréalités.