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Les Brunet, une lignée de grands bâtisseurs

Lorsqu’on retrace le parcours de l’entreprise Ed Brunet et Associés, on revisite de larges pans de l’histoire de l’Outaouais. Cent dix-huit ans après sa fondation, l’entreprise est moderne et en pleine expansion.

C’est en 1901 qu’Édouard Brunet fonde l’entreprise qui porte encore aujourd’hui son nom. Dans les années 1920, Édouard cède les rênes de la compagnie à son fils Raymond. Ce dernier déménage le siège social dans l’édifice actuel de la rue Dumas, dans le secteur Hull de Gatineau. Raymond Brunet voit grand. Sous sa direction, la compagnie connaît une croissance rapide.  Plusieurs édifices prestigieux sont construits à cette époque et occupent encore une place importante dans la collectivité. On pense aux maisons du Quartier-du-Moulin près de la CIP dans le secteur Gatineau, à l’hôpital Pierre-Janet (1936), au Centre de détention de Hull (1938), à La Fonderie de Hull (1942) et au Centre Robert-Guertin (1957).

Raymond Brunet était avant-gardiste. De façon générale, la règle chez les constructeurs était de fermer les chantiers l’hiver. Mais pas chez Ed Brunet. Raymond avait développé des techniques de chauffage des fondations pour faciliter le mûrissage du béton. Cela explique pourquoi on l’avait surnommé « Monsieur Winter », raconte son petit-fils Raymond Brunet, l’actuel président d’Ed Brunet et Associés, qui se dit doublement fier de porter le nom et le prénom de son grand-père qui était un homme plus grand que nature.

Plus qu’un entrepreneur, Raymond Brunet a marqué l’histoire de l’ancienne Ville de Hull. Il a occupé le poste de maire, de 1940 à 1948, à une époque où Hull jouissait d’une réputation peu enviable avec ses nombreux bordels et maisons de jeux illégales. Dès son arrivée en fonction, le maire Brunet a procédé à l’assainissement des mœurs de la ville. Mais la paix fut de courte durée et, après son règne, Hull est vite retombée dans ses mauvaises habitudes.

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1VALET s’installe à Toronto

La « start-up » gatinoise 1VALET, qui se spécialise dans l’offre de services à domicile et le développement de « bâtiments intelligents », a conclu en mai une première ronde de capital d’amorçage de 5,15 millions de dollars, en plus d’ouvrir un bureau dans la grande région de Toronto. Cette première exportation de 1VALET hors des frontières de la capitale nationale n’est que la pointe de l’iceberg, assure le président et fondateur de l’entreprise, Jean-Pierre Poulin.

« Ce qu’on a réussi à faire, c’est lever un peu plus de 5 millions $ sur une évaluation de 50 millions $. C’est deux fois plus vite que ce que Shopify et Uber ont réussi à faire. Ce n’est pas rien ce qui vient d’arriver. Habituellement, une « start-up » va lever 2 ou 3 millions et va laisser 35 % de sa compagnie sur la table. Nous, on a levé 5,15 millions $ en un an, avant que notre produit soit sur le marché et on a seulement laissé 10% de notre entreprise sur la table. Je ne pense pas que ce soit déjà arrivé en Outaouais », lance fièrement M. Poulin. 

Ce visage bien connu du secteur immobilier dans la région - il est propriétaire du Groupe Devcore - voit grand pour 1VALET.

Fondé à la fin 2016, 1VALET joue en quelque sorte le rôle d’un valet virtuel pour l’utilisateur. L’application permet à son usager de commander divers produits et services commerciaux dans le confort de sa demeure, à même la tablette qui est intégrée dans son unité de logement. 

De la résidente qui souhaite avoir une nouvelle coupe de cheveux à domicile au locataire qui souhaite faire changer ses pneus ou réparer son pare-brise sans avoir à se déplacer, en passant par le grand-oncle qui veut embaucher un traiteur pour préparer le dîner de Noël familial, 1VALET offre tous les services et commodités au bout des doigts.

Pour le gestionnaire d’immeubles, le logiciel permet de contrôler toutes les composantes de l’édifice. « Les poignées de porte, les caméras, les climatiseurs, les ascenseurs, les chaudières, toutes les composantes d’une bâtisse qui peuvent devenir intelligentes, on les rend intelligentes et on les regroupe dans un écosystème qui est 1VALET. Ce qu’on pense avoir créé, c’est le logiciel le plus complet et intelligent pour la gestion d’un immeuble. Ce qu’on voulait développer, c’était un logiciel qui peut connecter l’être humain avec la bâtisse. Faire en sorte que le bâtiment devient une extension de l’être humain comme le téléphone est devenu une extension de l’être humain », explique M. Poulin.

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Gatineau fait de l’œil aux investisseurs étrangers

Voisine de la Capitale nationale, avec une population de près de 300 000 habitants, Gatineau, la quatrième ville en importance du Québec, offre un véritable écosystème entrepreneurial. Pourtant, elle demeure la grande méconnue des investisseurs étrangers qui n’ont été que sept, l’an dernier, à la choisir comme emplacement d’affaires. Quant aux démarcheurs, ils auraient plutôt le réflexe de promouvoir Montréal et Québec comme destinations d’affaires. Une situation qui fâche Jean Lepage et Isabelle Veilleux qui, ensemble, comptent renverser cette tendance avec leur stratégie Pourquoi Gatineau. Le Droit AFFAIRES s’est entretenu avec le directeur général d’ID Gatineau et la directrice du Secrétariat au développement économique à la Ville de Gatineau, afin de faire le point sur cette offensive visant à courtiser les entrepreneurs d’ailleurs et à leur dérouler le tapis rouge.

Le Droit AFFAIRES (LDA): En quoi consiste cette offensive?

Jean Lepage (JL): Le projet Pourquoi Gatineau sert à mettre la ville de Gatineau sur la carte des investissements étrangers. Souvent, on a tendance à voir les villes de Montréal et de Québec, où beaucoup d’énergie est mise afin d’attirer des investissements, alors que Gatineau passe un peu sous le radar. Pourtant, on a de gros avantages, alors ce sont ces avantages qu’on veut mettre de l’avant pour attirer de nouveaux investisseurs.

LDA: Est-ce que l’idée Pourquoi Gatineau est née dans la foulée de la candidature conjointe l’an dernier d’Ottawa et de Gatineau, qui visait à convaincre le géant Amazon de venir installer son deuxième siège social en Amérique du Nord dans la région?

JL: Ce qu’Amazon a fait, c’est de nous amener à une vitesse grand V qui nous a permis d’avoir accès à beaucoup d’informations sur les avantages de la région et sur les avantages de Gatineau, par rapport à l’échiquier des investissements étrangers. Alors, ça a juste accéléré la mise en place du projet Pourquoi Gatineau.

Isabelle Veilleux (IV): Amazon, c’est un travail qu’on a fait en collaboration avec la Ville d’Ottawa. Ça nous a permis aussi de bien découvrir et d’apprendre à connaître davantage Ottawa et de réaliser l’importance de notre écosystème et aussi de connaître comment on peut mieux se positionner dans cet écosystème de la Capitale nationale.

LDA: Trouvez-vous qu’il y avait du rattrapage à faire pour mieux positionner Gatineau?

JL: Absolument! Sur les 400 à 500 projets d’investissements étrangers qu’il y a eu au cours des dernières années à travers le Canada, je peux compter sur les doigts d’une main le nombre de projets qu’on a pu avoir ici. L’an passé, on a eu sept entreprises de l’extérieur qui sont venues s’établir à Gatineau et l’année d’avant environ cinq. C’est bien en-deçà de notre potentiel d’attraction.

LDA: Est-ce qu’il y a des objectifs plus spécifiques que vous visez à atteindre?

JL: L’objectif qu’on a, c’est sûrement de tripler le nombre d’investissements, mais ce n’est pas ça qui est la balise. La balise, c’est que tous ceux qui font du démarchage d’investissements et qui travaillent pour les gouvernements connaissent l’offre de Gatineau.

LDA: Selon vous, qu’est-ce qui fait que les gens ne connaissent pas Gatineau, l’une des plus grandes villes du Québec, située à côté de la capitale nationale?

JL: La majorité des gens chargés d’attirer les investissements sont situés à Montréal ou à Québec. On n’est donc pas vraiment dans le giron de ces personnes-là.

IV: C’est sûr qu’à la Ville, il y a eu beaucoup de travail qui a été fait pour mieux accueillir les entreprises au niveau des réglementations et tout ça. On n’était peut-être pas outillé et prêt à faire des offensives par le passé pour bien faire connaître les atouts de Gatineau. Il fallait développer justement ces outils-là pour être en mesure de bien passer le message et le faire avec une carte de visite intéressante.

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Une femme de tête

Rien, mais vraiment rien ne la destinait au poste qu’elle occupe.

Françoise Gagnon dirige une importante entreprise canadienne du domaine de la sécurité, de la défense et de l’informatique, un monde d’hommes avant tout. Le groupe ADGA fournit des conseils de sécurité à la Défense nationale, à la Marine canadienne, à la Gendarmerie royale du Canada et à Transports Canada depuis plus de 50 ans.

«J’avais une très bonne carapace», raconte, sourire en coin, la directrice générale du groupe ADGA depuis maintenant cinq ans.

Mais il fallait un peu plus qu’une carapace pour gérer des centaines d'employés et faire grimper les revenus de l’entreprise de 50% en l’espace de cinq ans.

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Dossier «Exit la retraite»: Travailler pour ne pas mourir

Pendant que certains rêvent toujours à la «Liberté 55», d’autres refusent d’envisager leurs vieux jours en dehors du boulot. Lorsque le train de la retraite est passé, ils l’ont laissé filer sans même hésiter. Matin après matin, décennie après décennie, ils prennent le chemin du bureau sans trop se laisser freiner par les pépins de santé qui, passé les 70, 80 et même 90 ans, font partie du quotidien. Le Droit AFFAIRES s’est entretenu avec ces travailleurs infatigables de la région, hommes et femmes, pour découvrir ce qui les motive à rester dans la parade.

À l’heure où le carrosse de Cendrillon menace de se transformer en citrouille, Raymond Cyr enfile ses souliers, impatient d’aller travailler.

«Je vais mourir ici», lance sans ambages le président-directeur général d’Expographiq, lorsque rencontré dans les locaux de la firme gatinoise où, du lundi au vendredi, il empile des journées de 12 heures de boulot.

«Moi, je vis pour travailler et je dors pour me reposer pour aller travailler», poursuit l’homme qui vient de souffler ses 91 chandelles.

Il faut dire que le père de M. Cyr est décédé un an après avoir pris sa retraite, à l’âge de 84 ans.

«La morale de mon histoire, c’est n'arrête pas de travailler, sinon tu vas mourir», insiste M. Cyr qui soutient n’avoir pris qu’une seule semaine de vacances, à l’occasion de son voyage de noces en 1948.

Ses cinq enfants sont pour leur part tous retraités. «Ils me disent: Papa, tu es heureux, alors continue comme ça.»

Lorsque M. Cyr s’est joint à l’équipe d’Expographiq en 1985, il avait déjà travaillé 40 années chez Allied Papers, où il était responsable d’une usine d’une centaine de personnes à Toronto.

Sa venue au sein de l’entreprise gatinoise, qui offre des services dans le domaine des musées, des expositions, de la conception sur mesure et du marketing 3D, est ainsi devenu son «projet de retraite» et sa «seconde famille».

Le patron arpente d’un pas dynamique les longs corridors de l’entrepôt et salue au passage les employés par leur prénom, les questionnant sur l’avancée des projets en cours.

À l’heure où la plupart des fonctionnaires quittent le bureau, M. Cyr entre dans les bras de Morphée. Puis, hiver comme été, sur les douze coups de minuit, l’oiseau de nuit sort de sa tanière, prenant le chemin du bureau du secteur Hull, depuis Rockland, dans l’Est ontarien, à bord de sa voiture.

Si M. Cyr est maintenant passé maître dans l’art de naviguer sur la toile, tel n’a pas toujours été le cas. Les ordinateurs et autres technologies n’existaient pas à sa naissance et les chevaux faisaient encore partie du paysage urbain du secteur Vanier, à Ottawa, où il a grandi.

«En 1928, il n’y avait pas d’ordinateur. Il n’y avait rien. Je suis très curieux et j’aime ça apprendre», fait valoir le nonagénaire.

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Les 60 bougies d’un doyen du couvre-plancher

Une quatrième génération s’installe dans l’entreprise Nadon & Fils Inc., qui célèbre cette année ses 60 ans d’existence.

Deux des trois enfants de Mario Nadon, propriétaire, oeuvrent déjà au sein de l’entreprise. Pour la cousine de Mario, Nathalie Nadon, elle aussi propriétaire, il s’agit d’une grande fierté que de porter le flambeau allumé par leurs grands-parents.

En 1959, ces derniers étaient propriétaires d’un magasin général à Angers. Déjà, la fibre entrepreneuriale faisait vibrer les Nadon. À l’époque, avec 12 bouches à nourrir, M. Nadon décide de se dénicher un emploi dans le domaine du couvre-plancher. Celui-ci s’est alors rendu compte qu’un nombre grandissant d’opportunités se présentaient à lui dans ce secteur. C’est à ce moment que les Nadon ont décidé de vendre leur magasin de campagne et de s’installer à Buckingham.

Six décennies plus tard, à quoi peut-on attribuer le succès de Nadon & Fils? «On prend ça à coeur, juge Nathalie Nadon. Pour nous, c’est bien important de garder l’esprit familial et servir nos clients comme on aimerait être servis. On est content quand les gens reviennent et nous montrent leurs projets terminés. C’est important pour nous, toute la réputation de l’entreprise est basée là-dessus.»

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Un cabinet juridique non traditionnel

Rigueur, Collégialité, Écoute, Partenariat, Et surtout, aucun raccourci. Ici, toute une équipe de juristes accompagne le client. Votre avocat plaide à la cour et vous avez une question en son absence? Pas de souci, son collègue saura vous répondre. Parce que lui, et les autres, sont au courant de votre dossier. En choisissant La Boîte Juridique, vous adoptez, en quelque sorte, une famille.

C’est en 2005 que La Boîte Juridique voit le jour à Gatineau, un cabinet qui se spécialise dans le droit des affaires, de la faillite, du travail et de la famille. À sa tête, Me Dani Ann Robichaud qui célèbrera en décembre prochain ses 25 ans de pratique.

Le nom du cabinet vous intrigue? Pourquoi pas «Robichaud et Associés»?

«La collégialité, c’est ce qui nous distingue. Pour faire partie de la Boîte, les employés doivent travailler en équipe et accepter qu’il n’y ait aucune concurrence à l’interne, fait valoir Me Robichaud. Quand un avocat est débordé, il doit déléguer une partie de ses tâches à un autre collègue. Personne n’a la chasse gardée d’un dossier. C’est un partage de connaissances entre les employés et les clients.»

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La pénurie de la main-d’oeuvre, un frein à l’expansion

L’insuffisance de la main-d’oeuvre dans la région, un mythe? Pas pour le propriétaire des deux magasins Club Piscine Super Fitness à Gatineau et à Ottawa, Jean Ravenda, qui a dû renoncer à l’idée d’en ouvrir un troisième faute de personnel. Cette même réalité a aussi frappé les copropriétaires du salon de coiffure Victor Victor à Gatineau, qui ont finalement abandonné leur projet d’ouvrir un deuxième établissement dans le secteur du Plateau, après n’avoir reçu aucune candidature de coiffeurs potentiels.

«Des histoires comme ça, il y en a beaucoup», selon M. Ravenda, qui agit aussi à titre de vice-président de la Chambre de commerce de Gatineau.

L’homme d’affaires bien implanté dans la région a ouvert un troisième magasin éphémère, l’an dernier, dans le secteur Orléans, afin de tester le marché.

«L’expérience a été concluante, il y a un marché et je n’ai aucun doute, mais je n’ai pas les ressources pour pouvoir avoir du personnel-là, explique-t-il. Il faut que tu aies les personnes qui vont bien servir les clients. Il faut que tu les formes et nos programmes de formation sont basés sur une durée trop longue compte tenu du roulement», poursuit-il.

Faible croissance

Ses propos reflètent d’ailleurs les résultats d’une enquête menée par la Banque de développement du Canada (BDC), en septembre 2018, auprès de 1200 entrepreneurs canadiens à la tête de PME. Près de 40 % d’entre eux ont dit avoir de la difficulté à trouver de nouveaux employés. Les entreprises touchées par la pénurie étaient aussi 65% plus susceptibles de connaître une faible croissance, d’après le sondage.

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Des airs de Jamaïque à Plaisance

J’aime mon voisin, c’t’un Jamaïcain, chantent les Frères à Ch’val. C’est sans doute l’air que Jacinthe Joly fredonne le matin lorsqu’elle arrive au bureau. Car la directrice générale de Transport Laplante et Fils pourra compter d’ici septembre prochain sur 32 chauffeurs originaires de la Jamaïque pour conduire sa flotte de camions-remorques qui assurent chaque semaine 25 transports entre le Canada et les États-Unis. Cette acquisition fera de Transport Laplante et Fils le plus grand employeur de la municipalité de Plaisance. Que de routes parcourues pour une petite entreprise fondée en 1975 par André et Serge Laplante.

Pourquoi recruter des chauffeurs jamaïcains? Car, il faut se le dire, la Jamaïque, ce n’est pas la porte d’à côté. C’est un pays tropical. Il y fait chaud. Il y fait beau. On y retrouve parmi les plus belles plages des Antilles. Et sans rien vouloir enlever à la belle municipalité de Plaisance, en novembre, il y fait déjà froid.

«On avait un sérieux problème de main-d’œuvre. C’est difficile de recruter de bons chauffeurs. Surtout pour voyager entre le Canada et les États-Unis», explique Jacinthe Joly qui dirige l’entreprise depuis que le propriétaire Serge Laplante jouit d’une retraite bien méritée. Le recrutement est devenu encore plus difficile depuis que le Canada a légalisé la marijuana en octobre dernier, ajoute Mme Joly, qui a les deux mains sur le volant de la compagnie.

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Une femme parmi les hommes

Jacinthe Joly dirige une entreprise dans un secteur qui est traditionnellement l’apanage des hommes. «Au début, je dois avouer que j’ai dû faire ma place. Mais honnêtement, cela s’est bien passé. Il faut dire qu’il y a de plus en plus de femmes dans le milieu du camionnage», observe la jeune femme de 36 ans.

Sans être elle-même camionneuse, elle a appris les rudiments du métier grâce au propriétaire Serge Laplante qu’elle qualifie de mentor. «C’est Serge qui m’a tout montré. Lorsqu’il m’a confié la direction de l’entreprise, il m’a dit:  Vas-y. C’est à ton tour. Je te fais confiance.» 

Lorsque Mme Joly a débuté, il y a 10 ans, l’entreprise n’avait que quatre camions poids lourds. Aujourd’hui, Transport Laplante et Fils dispose d’une flotte de 30 camions-remorques qui effectuent environ 25 voyages par semaine entre le Canada et les États-Unis. Un camion-remorque coûte au bas mot plus de 300 000$. Chaque poids lourd peut parcourir jusqu’à un million de kilomètres et sa durée de vie est limitée à cinq ans. Les chauffeurs travaillent un maximum de 60 heures par semaine. 

Transport Laplante et Fils se spécialise dans le transport de bois et d’acier et approvisionne surtout le secteur de la fabrication de meubles dans la région des Grands Lacs, plus précisément dans les États du Michigan, de l’Indiana, de l’Illinois et du Wisconsin. 

Lorsqu’ils ont fondé l’entreprise en 1975, André Laplante et son fils Serge ne possédaient qu’un seul camion-remorque. Serge prenait la route pendant que son père dirigeait l’entreprise. Ils n’ont jamais compté les heures. Ils ont surmonté de nombreuses embûches telles que les bris mécaniques, les pertes de marchandise, les mauvaises conditions routières, les accidents de la route, les conflits d’horaires entre clients et camionneurs, sans compter les problèmes aux douanes.

Qui aurait cru que leur entreprise serait dirigée par une femme en 2019 et que les trois quarts de leurs employés seraient des Jamaïcains? Ils auraient sans doute dit: «Tu as dû en fumer du bon!»