Sexologie

Des orgasmes ralentis par la maladie

LE COURRIER DES LECTEURS / Bonjour Mme Bouchard, Jamais je n’aurais cru énoncer cette affirmation qui me fait tant souffrir. Du courage? Non. Du désir de vouloir trouver une solution même si je ne suis pas certaine qu’il y en a une? Oui. J’ai toujours aimé le sexe et mon partenaire, mon amoureux, mon mari, est un amant extraordinaire. Le hic, et il est gros, est que je suis atteinte de la sclérose en plaques. Le sexe, ça fait mal. Tous l’ignorent, mais les gens souffrants le savent, eux. Mon corps me fait mal de partout. Difficile alors de se laisser aller. Je fume une puff, ou deux, ou trois avant, mais les sensations sont diffuses. Au moins, je souffre moins. J’arrive à avoir un peu de plaisir. D’ailleurs, les orgasmes sont minimes, si ce n’est qu’absents. Autre particularité de la sclérose que l’on n’entend pas souvent parler. Dommage, car avant tout, je suis une femme qui aime faire l’amour avec mon amoureux. Celui-ci me fait sentir tellement sexy même dans mon corps qui m’est étranger. Merci

CHRONIQUE / Ce témoignage est révélateur de la réalité sexuelle de ces individus victimes de ce mal lancinant, hypothéquant, impossible à oublier, mais surtout, installé pour rester. La douleur chronique, il est grand temps qu’on en parle autrement. Merci à vous, Madame.

À LA vÔTRE

Chablis : l'exception bourguignonne

CHRONIQUE / C’est comme si la froideur montréalaise s’était sournoisement faufilée dans nos valises pour nous talonner jusqu’à Chablis. Malgré la température peu clémente qui coïncida avec notre arrivée, la bonne humeur régnait. Après deux millésimes éprouvants, les vignerons de Chablis célèbrent enfin une vendange prospère tant pour sa qualité que son volume.

Pour tout dire, Chablis l’avait eue dure depuis 2011. Didier Seguier, maître de chai chez William Fèvre, parle de 2018 comme d’une grosse année. Selon lui, bien que ce ne soit pas un millésime de collectionneur, il y a de la richesse et, surtout, de la fraîcheur.

Historiquement, les gelées printanières de Chablis ont toujours donné du fil à retordre aux vignerons. Tellement qu’ils sont passés maîtres dans l’art des procédés antigel. Pour protéger les précieux bourgeons d’un gel, ils ont mis au point : dispositifs d’aspersion (utiliser la glace comme isolant pour le bourgeon), bougies et chaufferettes. D’ailleurs, avec les récentes gelées dévastatrices de 2016 et 2017, l’INAO vient d’autoriser l’expérimentation de bâches.

Bien que Chablis fasse partie de la Bourgogne, elle partage avec elle très peu de points communs. « En fait, ses sols ressemblent davantage à ceux de la Champagne », raconte Isabelle Raveneau, du Domaine Raveneau. Effectivement, cette région de l’extrême nord de la Bourgogne est géographiquement et géologiquement parlant plus près de Troyes en Champagne que de la capitale viticole de la Côte de Beaune, Beaune ou même de Dijon.

Second facteur différenciateur non négligeable : le terroir de Chablis est beaucoup plus facile à déchiffrer que le reste de la Bourgogne. Primo, c’est du chardonnay à la grandeur. Mais attention, ce n’est pas parce que la région ne produit que du blanc en monocépage qu’elle est monochrome. La diversité est pour ainsi dire infinie au sein des 4 appellations et des 47 climats. Pour comprendre de quoi il en relève, mieux vaut mettre de côté le chardo tel que vous le connaissez. Il incarne ici un style inimitable, élégant, éclatant et dont le mot d’ordre est la minéralité. Oubliez les jus de planche à la vanille, puisque l’usage parcimonieux du bois (ou carrément absent, c’est selon) laisse place à des arômes de fleurs, d’agrumes, de miel, de pierre à fusil et à des notes salines.

Deuzio, c’est l’orientation, la pente et le type de sol qui décident du classement d’un lopin de terre dans l’une ou l’autre des 4 appellations. Le chablisien se dessine comme une succession de vallées aux multiples expositions — sur tous les points cardinaux, plutôt qu’un seul — le long de l’étroite rivière Serein. Sur les plateaux des collines, caractérisés par les calcaires blancs du portlandien, prend place l’appellation petit chablis. Le vent sifflant soufflant, combiné au soleil moins plombant que sur les coteaux, contribue à forger des vins blancs moins alcooleux, délicats et destinés à une consommation immédiate et conviviale. Mais attention à l’interprétation de « petit » qui ne veut surtout pas sous-entendre « simplet », mais plutôt « celui qu’on boit jeune ». Comme m’a lancé jovialement Eric Szablowski, formateur accrédité de l’École des Vins de Bourgogne : « On boit un verre de chablis, mais on boit une bouteille de petit chablis! »

Sur les pentes, on trouve le kimméridgien, un sous-sol composé de marnes et de calcaires riches en fossiles d’Exogyra virgula (de petites huîtres en forme de virgule). Puisqu’il renforce la fraîcheur et la minéralité des vins, c’est le sol de prédilection des appellations chablis, chablis premier cru et chablis grand cru. Sur le coteau le mieux exposé et le plus près du Serein s’élève fièrement le grand cru. D’ailleurs, il n’y a pas des grands crus, mais bien un seul qui se décline en 7 climats : Bougros, Preuses, Vaudésir, Grenouilles, Valmur, Les Clos et Blanchot. Sur l’ensemble des vallées, les vignes des versants les mieux exposés sont classées en chablis premier cru, tandis que les envers et les bas coteaux sont catalogués en chablis. Parmi les 40 climats classés premier cru, Montée de tonnerre est considéré comme la star de l’arène puisqu’il est géographiquement très près du grand cru et géologiquement installé sur du kimméridgien pur (mais offert à une fraction du prix!).

L’affluent divise le vignoble chablisien en deux, créant la dualité rive gauche-rive droite, comme à Bordeaux. Au contraire du Bordelais toutefois, la différence de caractère entre les deux rives ne relève pas de l’encépagement, ni du sol, mais de l’exposition. Chaque vigne à Chablis reçoit sa dose de soleil, mais à différents moments de la journée, ce qui marquera différemment les vins. Au matin, le soleil inonde d’abord la rive gauche. Cette exposition sud-est induit au chablis premier cru davantage de fraîcheur, de tension et d’élégance. Face à la commune de Chablis, sur la rive droite, le chablis grand cru et le chablis premier cru profitent pour leur part d’une exposition sud-ouest, de fin de journée, synonyme d’un profil plus enveloppé, puissant et exotique.

Tercio, Chablis, c’est réellement l’exception bourguignonne. C’est l’une des seules places en Bourgogne où il est encore possible de boire raisonnablement. On boit salin, mais la facture est beaucoup moins salée! Généralement, les bouteilles de chablis premier cru de la rive droite sont plus dispendieuses que celles de la rive gauche. Pour ma part, j’ai préféré dans l’ensemble le chablis premier cru au grand cru, avec une petit parti pris pour la rive gauche avec les climats Vau de Vey et Montmains. Il me semble avoir aussi perçu davantage de bois dans les grands crus dégustés. Mais évidemment ça reste une question de goût. Isabelle Raveneau nous a d’ailleurs confié, entre deux dégustations de 2017 sur fût, préférer acheter du premier cru puisqu’il est habituellement 30 à 40 % moins cher que le grand cru, qui lui n’est pas nécessairement 30 à 40 % meilleur.

Surveillez ma chronique de la semaine prochaine pour connaître mes vins coups de cœur sur les quatre appellations de Chablis!  

Caroline était l’invitée du Bureau interprofessionnel des Vins de Bourgogne.

Bières

L’affinage de la bière (1re partie)

CHRONIQUE / Je vous propose une série de trois chroniques sur l’affinage de la bière. Cette technique consiste à remplir des fûts en bois ayant contenu un alcool et à laisser reposer la bière pour que celle-ci profite des différents arômes et goûts qui sont contenus dans le fût. Cette première chronique porte sur l’affinage en fût de bourbon.

Affinage ou vieillissement

Il n’est pas rare de voir le mot « vieillissement » associé à de la bière qui a passé quelques mois dans des fûts de bois ayant contenu préalablement de l’alcool. Je préfère utiliser le mot « affinage ». Le vieillissement n’est pas en soi une action, mais un état. On vieillit, on subit l’âge et on n’a pas vraiment décidé de vieillir, c’est un fait. L’affinage consiste plutôt à utiliser le temps et les modifications qu’il apporte à un produit. C’est donc un choix délibéré d’utiliser le temps pour modifier l’état d’un produit. Une vieille bière et une bière affinée sont donc deux produits différents. L’homme ayant volontairement pris soin du produit affiné pendant le temps nécessaire pour que le résultat final soit à son goût. Et, entre nous, une bière affinée, c’est quand même beaucoup plus joli à dire qu’une bière vieillie. 

Le bourbon

Pourquoi de nombreuses bières américaines sont affinées dans des fûts ayant contenu du bourbon ? Parce que les fûts de bourbon ne sont utilisables qu’une seule fois et les distilleries ne peuvent pas les réutiliser. Ils sont donc vendus à des distilleries écossaises pour affiner le scotch (j’y reviendrai la semaine prochaine) ou vendus à des brasseries depuis la fin des années 80. En Amérique du Nord, la brasserie qui possède l’un des plus grands chais est Goose Island. Des milliers de fûts à perte de vue dans un grand hangar en banlieue de Chicago. Goose Island est reconnue mondialement pour son programme d’affinage en fût. Les produits les plus fins sont extrêmement rares à trouver. Peu de gens le savent, mais la Kentucky Ale Brewing Company possède également une très grande chambre froide contenant des milliers de fûts. Pourquoi affiner à froid ? Pour mieux contrôler les saveurs, selon la brasserie. 

Pourquoi affiner ?

Que recherche le brasseur lorsqu’il place de la bière dans un fût de bois usagé ? Les saveurs et les goûts du fût ! Un alcool de grain qui a passé des années dans un tonneau de bois, froid l’hiver, chaud l’été (les immenses chais au Kentucky ne sont pas isolés) est allé chercher des notes de vanille et de bois en laissant les siennes de caramel et d’alcool, par exemple. Y verser une bière, c’est s’assurer que l’expérience de chaque fût soit transmise à la bière. Tout simplement.

Au Québec, de très nombreuses brasseries affinent des bières en fût de bourbon. En règle générale, les bières choisies seront maltées, riches, rondes, bien alcoolisées et à fort caractère. L’affinage a tendance à les rendre plus souples, plus riches et plus rondes. Le temps fait si bien les choses. 

Voyages

Fascinante odyssée aux îles Galapagos

Si les îles Galapagos n’évoquent dans votre esprit que les images de tortues géantes et d’iguanes spectaculaires, cette destination vous surprendra. Parce que ces îles, situées à quelque 1000 kilomètres des côtes de l’Équateur dans l’océan Pacifique, sont un merveilleux voyage dans le passé, le présent et l’avenir de la planète.

Depuis des millions d’années, elles naissent dans l’ouest à la faveur d’éruptions volcaniques, et elles se déplacent lentement vers le sud-est au fil des millénaires, pour venir s’enfoncer dans l’océan et y disparaitre. Une fascinante odyssée dans les mystères de la planète.

J’ai eu la chance de visiter les Galapagos, du 6 au 13 octobre. Un beau voyage touristique pour célébrer mon départ à la retraite… Nous étions 36 Québécois à bord du Celebrity Xperience, un petit navire de croisière qui en est à sa dernière année à faire la tournée des îles. Un périple de 500 milles marins qui nous a menés de l’île Baltra jusqu’à Puerto Ayora sur l’île Santa Cruz, en passant par Rabida, Santiago, Isabela, Fernandina, Bartolome et Genovesa. Jetez un petit coup d’œil sur la carte, et vous verrez à quel point cet univers est grandiose. Les îles sont différentes les unes des autres, autant par leur géologie, que par la faune et la flore.