Bière

Voyage brassicole en Belgique (1re partie)

CHRONIQUE / Profitant d’un voyage en Belgique en compagnie de 35 passionnés de bières, je vous invite à découvrir ce pays de la bière, berceau de la culture brassicole visible à chaque coin de rue. Ma chronique sera présentée en deux parties. Voici le récit de notre voyage.

Bruxelles
Bruxelles, capitale européenne, est avant tout capitale de la bière et le siège de la plus vieille guilde des brasseurs encore en activité, Brasseurs Belges. On y retrouve son siège social sur la Grand-Place, ainsi qu’un petit musée de la bière au sous-sol. Son estaminet offre deux choix de bières: la blonde ou la spéciale. Le musée étant animé par de très nombreuses brasseries membres de la guilde, la marque de bière du jour n’y est jamais dévoilée.

Le Bourlingueur

Il faut qu’on parle d’Haïti

CHRONIQUE / «Bonsoir! » Le cadran indique 13 h. C’est Haïti. Là, les salutations surprennent la première fois. Mais après quelques jours, une fois le dîner passé, on lance les « bonsoirs » sans plus de réflexion.

Ils sont parfois un tantinet timides, les Haïtiens, mais le simple bonsoir fait tomber les barrières. Ils se raconteront, raconteront leur pays et ses défis aussi. Et on comprendra pourquoi, pour eux, la perle des Antilles s’appelle Ayiti cheri.

Pourtant, je vous dis Haïti, vous pensez à quoi? Un iota de pauvreté? Un palais national, écroulé, comme des milliers de maisons secouées par les mouvements tectoniques en 2010? Alors peut-être est-il temps qu’on parle d’Haïti!

Déjà, quand l’avion amorce sa descente vers l’aéroport Toussaint-Louverture, du nom de ce héros à la tête du mouvement de libération des esclaves, les montagnes et la mer turquoise emplissent le hublot. Les massifs s’étendent partout à l’horizon. Du coup, j’ai regretté d’avoir laissé mes bottes de randonnée sur le pas de la porte en faisant mes bagages.

Je l’avoue, je ne m’y attendais pas. À vrai dire, je ne sais pas ce que j’attendais. L’idiot en moi avait reluqué ses galoches un instant, d’autant qu’il restait amplement d’espace dans le sac à dos. « Bah! Mes chaussures suffiront. Il ne peut pas y avoir de si hauts sommets. » Le nom du pays l’énonce pourtant clairement. En langage aborigène, Haïti signifie « Terre montagneuse ». Ignorance, quand tu nous tiens.

Il ne faut pas se laisser berner par le chaos relatif animant justement l’aéroport Toussaint-Louverture. Les files d’attente irrégulières, les amoncellements de bagages qu’on retire au hasard du convoyeur pour les empiler dans le désordre sur le plancher, et ce défi d’aventure pour fendre la foule et accéder aux bagages ne doivent pas décourager le visiteur.

Vrai que le désintérêt total des employés de l’aéroport, quand la valise n’a pas daigné se pointer au rendez-vous, donne envie de lever les yeux au ciel. Mais on ne résume pas un pays aux épreuves techniques qui nous mènent à sa rencontre.

En sortant, on se familiarise avec le créole, une langue douce à l’oreille qu’on comprend en bonne partie dès qu’on s’en donne la peine. « Pa kanpe la », indique-t-on à la sortie de l’aéroport pour nous inciter à bouger, à ne pas obstruer le chemin. Ha, le créole!

Puis, un immense panneau souhaite « Bienvenue dans mon pays ». Des hommes musclés et des femmes en bikinis relaxent dans un hamac, sur un bateau, pour faire la promotion de la Prestige, bière blonde brassée en Haïti. Cette bière, froide à souhait, on la trouvera partout. Et on ne manquera pas de vous mentionner qu’elle a remporté deux fois la médaille d’or de la World Beer Cup, en 2000 et en 2012.

Si la bière ne suffit pas, on peut se tourner vers le rhum Barbancourt. Et pour le repas, on jette son dévolu sur le poulet au djon-djon, un poulet servi dans une sauce aux champignons noire. Le poisson au gros sel, ou simplement le poisson grillé, qu’on trouvera notamment sur le boulevard de bord de mer à Jacmel, sont un régal. Sans compter le café haïtien, les bananes plantain ou les mangues tototes. Faire totote avec sa mangue, et pas n’importe quelle mangue, c’est y perforer un trou au sommet, puis la pétrir pour en dégager le jus qu’on aspirera.

Sur les routes en méandres qui grimpent et dévalent les nombreuses montagnes, à distance de papillon de la capitale, les points de vue sont innombrables. Tantôt on jette un œil sur Léogâne, vue d’en haut, tantôt sur Jacmel, où on lave les voitures directement dans la rivière, à l’entrée de la ville.
Partout, les bus et les tap-tap, ces camionnettes utilisées comme taxis collectifs, ont été repeints avec des messages religieux. « Dieux décide », « Dieu est amour » et « Don de Dieu » ne sont que quelques exemples de paroles inscrites non seulement sur les véhicules, mais à l’occasion, sur la façade des bâtiments.

Le monde selon Goudreault

Manger de la pauvreté

« Les pauvres se font toujours avoir, sont donc pas d’affaires! » — Plume Latraverse

CHRONIQUE / «Quand je serai adulte, je vais manger juste des frites pis de la poutine! ». Désolé, petit garçon que j’étais, je n’ai pas tenu ma promesse. Trahison suprême, il m’arrive même de me faire bouillir des brocolis, de les manger et d’aimer ça. N’en déplaise au jeune entêté de mon enfance, j’ai la chance d’avoir appris à varier mon alimentation. À cuisiner aussi. Et même si je n’ai pas les moyens de me faire livrer du caviar entre deux flûtes de champagne, j’ai le privilège de pouvoir me nourrir sainement. Ce n’est pas le cas de tout le monde.

En cuisine

Homard pimpé et partys de poke

CHRONIQUE / La saison est officiellement lancée depuis que les premiers homardiers des Îles ont pris le large, il y a quelques jours : le homard sera au menu de plusieurs tables et soupers « à volonté » dans les semaines qui viendront. Pour sortir un peu le roi des crustacés du traditionnel beurre fondu à l’ail dans lequel on aime bien lui faire faire trempette, Geneviève Everell propose quelques originaux filons gustatifs.

« J’aime beaucoup marier les fruits au homard. Je pense à la mangue et à la papaye, par exemple, des fruits exotiques dont le goût s’agence bien à celui du homard », indique celle qui a fait sa marque dans le paysage alimentaire québécois avec son entreprise Sushi à la maison (sushialamaison.com).

Autant dire, elle s’y connaît en poissons et fruits de mer. Selon elle, les agrumes sont aussi de bons compagnons d’assiette du gros crustacé.

« Une bonne huile d’olive à laquelle on ajoute du jus de citron, de lime, d’orange ou de pamplemousse avec de la fleur de sel, ce sera extraordinaire. Et ce sera encore mieux si on utilise un peu de zeste. Je trouve qu’en général, on emploie trop peu le zeste des agrumes dans nos recettes. Ça vient vraiment jazzer le goût et ajouter une note fraîche et goûteuse aux mets. »

À un plat de pâtes au homard, elle suggère d’ajouter petits pois ou edamames qui apporteront une touche estivale et colorée. Si on souhaite miser sur la fraîcheur, un bouquet d’herbes fraîches mélangées à une bonne huile d’olive ou à une mayonnaise feront sensation.

« Personnellement, avec les fruits de mer, j’adore l’estragon frais en mayonnaise », précise Geneviève.

Si vous avez dans le frigo des restants de homard, en faire une salade est toujours une bonne option. « On amalgame nos ingrédients préférés et le tour est joué. »

On peut aussi se brancher sur la tendance de l’heure et se bricoler un savoureux poke.

Pimpant poke

Repas dans un bol qui se décline de mille et une façons, le poke (prononcez poké) est justement au cœur du tout récent livre de cuisine de Geneviève Everell.

« J’ai véritablement découvert les poke lors d’un séjour en Californie en 2016. Là-bas, c’était vraiment la grosse affaire dans les restos et je savais que ça s’en venait au Québec », raconte Geneviève.

Inspirée au cube par ce délice d’origine hawaïenne, elle a tout de suite eu envie d’en faire un livre de cuisine.

« En fait, la moitié de mon contenu a été rédigé à l’aéroport, au retour de ce voyage californien. Je me promène toujours avec un carnet de notes dans lequel j’inscris mes idées. Et là, j’en avais beaucoup, parce que j’adorais le concept des poke, qui sont des bols de bouchées de bonheur », résume-t-elle.

Magnifiques à regarder et simples à réaliser, ils s’adaptent à la fourchette de chacun « parce qu’on peut vraiment les créer sur mesure, selon nos préférences et nos envies. On peut même préparer différentes garnitures, les mettre sur la table et laisser tout le monde composer son propre bol. »

Un poke réussi combine fraîcheur, texture et couleurs dans l’assiette. Les déclinaisons sont multiples. Un exemple tout simple? Quelques quartiers de fruits ou de légumes, un peu de tempura croustillant, du poisson mariné ou une protéine végétale assaisonnée, des herbes, des pousses, une sauce ou une mayo épicée, du gingembre mariné, un peu d’avocat onctueux. Et du riz, bien entendu.

« Je ne suis pas puriste sur la sorte de riz qu’on utilise, si vous préférez le basmati, ça me va. Mais il y a un essentiel, une chose à côté de laquelle on ne peut pas passer, et c’est le vinaigre. Il faut absolument ajouter aux grains un peu de vinaigre de riz assaisonné. Ça vient donner le petit punch dont le plat a besoin. »

Dans les 110 recettes de son livre, Geneviève Everell propose des poke végés, d’autres aux fruits, plusieurs avec poissons ou fruits de mer. Elle fait la part belle au saumon fumé, un ingrédient qu’elle adore. « Parmi mes autres favoris, il y a les calmars grillés, les pousses de tournesol et les fraises peach berry, une variété à la robe pâle qui est particulièrement savoureuse et qui, son nom le dit, goûte les pêches », dit l’infatigable entrepreneure et auteure de livres de cuisine, qui planchera sur un nouveau recueil de recettes cet été. Elle confie avoir aussi dans les cartons une idée de bar à poke. « Il n’y a rien d’officiel encore, mais c’est un concept que je souhaite mettre sur pied. Éventuellement, j’aurai pignon sur rue avec ce projet-là. »