Sexologie

La double tâche qu’on s’impose

CHRONIQUE / Qui a dit que le sexe n’était pas d’ouvrage ? Dites-le-moi que je le traite de menteur ! Oui, c’est bien moi qui m’en confesse. Après une journée de 8 heures à faire la garde-malade, ou à écouter les problèmes sexuels de tout un chacun en plus de me vouloir « mère parfaite » en conciliant devoirs, repas, ménage, lavage, je vous le jure, entre la télé et un chum bien excité, c’est officiellement vers Unité 9 que je me tournerai. Faute d’être revigorée, rendez-vous ce samedi chéri !

La fatigue, est-ce mon lot, le lot de tous ou encore seulement et uniquement celui de la gent féminine telle que l’expliquait cette Emma, auteure, bédéiste, blogueuse, dimanche passé, à l’émission Tout le monde en parle ? Voyons-y. 

Charge mentale

Ce que m’a expliqué cette dame d’approximativement mon âge, mais de culture différente, c’est que les femmes semblent foudroyées par la double tâche. Du fait, comme le disent les Français, elles se voient porter la responsabilité des tâches ménagères, de planifier la maisonnée, d’anticiper le programme familial, bref, de s’occuper de tout ce qui est invisible. 

Cela, en plus de travailler et d’être mère de la portée. Tout un programme, officiellement. Mais, après tous ces acquis, ne nous sommes-nous pas finalement domptées à déléguer ? C’est à se demander…

Dans mon bureau

Visiblement pas toutes ! Je suis sexologue, il est donc de toute évidence que je dois expliquer que cette réalité, je la constate davantage chez ces femmes me consultant en quête de libido. Elles sont trop fatiguées pour faire l’amour. 

Cette explication que j’entends plus que souvent chez celles-ci se voit assez rare, voire improbable, chez leurs messieurs. Un symptôme qui en dit certainement long sur leur programme du jour. 

Et ma réalité

Bien sûr que je ratisse large sous mon toit ! Telle cette « Germaine » plus qu’efficace, je gère et je mène plusieurs aspects de notre réalité familiale. 

Ceci dit, est-ce que j’en fais plus que chéri ? En regardant son T4 et sa grande générosité, j’avoue sentir parfois l’orgueil d’être digne de sa paye. 

De l’orthodontiste à l’astiquage de mes trois salles de bain, de l’épicerie aux vaccins des toutous et des cours de ceci ou cela aux réserves de framboises pour l’hiver, j’en fais beaucoup. Ceci dit, tel un vieux modèle, le dehors, les travaux manuels, les poubelles, la gestion des finances, les rendez-vous « plates », je lui laisse tout ceci avec plaisir. Est-ce pour autant égalitaire ? 

Fallait demander…

Je ne sais pas, puisque je ne compte pas ! Reine du foyer, je le suis un peu, beaucoup, peut-être trop ! Par contre, ces responsabilités, je me les suis attribuées sans qu’elles me soient demandées. Après tout, si je ne prévois pas le souper, personne ne mourra de faim demain. Idem s’il y a un voyage de sable dans l’entrée, il finira par se faire ramasser ! À bien y penser, la double tâche, je me la suis probablement un peu imposée, tel qu’on m’a éduquée. Féministe et artisane de mon bonheur comme de mon malheur, à moi maintenant de demander…

Oui, le syndrome de la pinte de lait, je l’ai. Par contre, contrairement à mon père qui s’en voyait que dalle concerné, chéri d’amour l’a aussi. Avec les années, en confrontant mon ennemi juré qu’est cet idéal que seule moi peux assumer, la préoccupation mentale qu’impose la double tâche, je la remercie de par mon lâcher-prise. Que dire ? À continuer ainsi, peut-être ferais-je l’amour d’ici peu le mardi. Allons donc savoir ! 

Bière

Le marché de la bière sans alcool

CHRONIQUE / Quel excellent prétexte que de proposer quelques bières sans alcool pour ma première chronique de l’année. Que vous ayez fait des abus ou non, vous êtes plusieurs à m’avoir demandé s’il existait de bonnes bières sans alcool. La réponse est oui et le marché risque d’en voir en arriver d’autres.

Même si je propose cette chronique après le temps des Fêtes, prétexte à l’abus, boire une bière sans alcool n’est plus uniquement l’alternative de l’alcoolique repenti. C’est surtout la décision de consommateurs soucieux de boire de la bière, sans avoir les effets de l’alcool. Les conducteurs désignés et les femmes enceintes sont à la recherche de produits de qualité, par exemple. 

Un peu de technique

Au Canada, une bière « sans alcool » est considérée comme une bière ayant une teneur en alcool inférieure à 0.5% alc/vol. Il suffit donc au brasseur de s’assurer que son produit ne dépasse pas le maximum permis. 

Pour brasser une bière sans alcool, il existe deux principes très simples : on brasse une bière et on retire l’alcool après fermentation ou on brasse une bière et on s’assure qu’elle ne produise pas d’alcool pendant la fermentation. La seconde technique semble être de plus en plus populaire, mais pas encore très accessible. Je m’arrêterai donc sur la technique de brassage, de fermentation et d’élimination­ de l’alcool.  

La première technique consiste à éliminer l’alcool par évaporation. L’alcool, sous l’effet de la chaleur, s’évapore à des températures plus basses que l’eau. C’est le principe de la distillation. Pour retirer l’alcool, il suffit donc de chauffer sa bière. Mais il y a un gros problème, plus on chauffe la bière, plus on diminue ses saveurs. Voilà pourquoi de très nombreuses brasseries utilisent le principe de chauffe dans un environnement sous vide, permettant de diminuer considérablement la température d’évaporation de l’alcool et de préserver au maximum­ les saveurs de la bière.

La seconde technique est appelée osmose inversée. On passe la bière dans une centrifugeuse qui contient un filtre tellement fin que seuls l’alcool et l’eau peuvent traverser ce filtre, concentrant les sucres et autres matières premières en un sirop. Il suffit d’y rajouter de l’eau, à la même concentration qu’avant filtration et vous avez une bière sans alcool. 

Comme expliqué précédemment, l’autre principe consiste à brasser une bière et à fermenter celle-ci sans que le produit final ne dépasse 0.5% alc/vol. On peut y aller de fermentation courte, de dilution du produit, de levures très faiblement atténuantes, etc. Toutes ces techniques sont observées par bon nombre de microbrasseries, car elles permettraient de produire des bières sans alcool, à faible coût. Le marché est encore très jeune.

BitBurger Drive

De style Pilsner, cette bière sans alcool offre des saveurs assez marquées qui permettent de rappeler le style. On y retrouve un nez léger de céréales, des houblons bien herbacés et un petit arôme légèrement sulfurisé, typique du style. Elle est souvent proposée dans différents bars, suggestion pertinente, car assez agréable pour sa catégorie.

Krumbacher Pilsner Alkoholfreies 

De même style que la BitBurger, on y retrouve également les notes céréalières au nez et une légère amertume en bouche. La bière offre un corps assez satisfaisant pour devenir une belle alternative aux bières de même style et de même provenance, mais alcoolisées. 

Weihenstephaner HefeWeissbier Alkoholfrei

Voilà une Weizen qui risque d’en surprendre plus d’un(e). Je l’ai déjà servie, à l’aveugle, à plusieurs convives et le manque d’alcool ne s’est pas fait sentir aux premières gorgées. Non seulement cette bière offre du corps et une bonne présence en bouche, sans oublier le nez typique de la levure, mais en plus, la légère minéralité du blé utilisé se laisse observer au point d’en offrir une bière rafraîchissante qui dominerait la catégorie dans des concours à l’aveugle. 

Weihenstephaner Original Alkoholfrei

De la même brasserie, cette Helles sans alcool propose de belles notes de céréales, assez proches de ce que l’on retrouve dans les bières de même style, mais surtout une incroyable présence en bouche sur une note légèrement sucrée. Une excellente alternative aux bières alcoolisées.

IPA sans alcool 

La microbrasserie Bockale, de Drummondville, nous a sorti une IPA sans alcool, en canette, il y a quelques mois. Un ovni brassicole dans ce monde des IPA bien alcoolisées et riches. Plusieurs l’ont goûtée et sont restés surpris. C’est tout simplement bon. On retrouve les belles notes d’agrumes des houblons, sur un corps mince, mais pas trop aqueux, et une finale bien amère et équilibrée. Une alternative­ très sérieuse à considérer. 

Le Bourlingueur

Les églises perchées de Tigré

CHRONIQUE / Le ciel se nimbait doucement de rose pendant que la camionnette filait sur la route à deux voies. Les hameaux de trois, cinq, douze maisons de fortune défilaient sans qu’on leur porte attention. Toute la journée durant, nous avions été ballotés au rythme du bitume et des chemins de terre irréguliers.

Justement, le bolide bifurquait et s’enfonçait entre les cactus. Les sièges tanguaient plus qu’ils ne l’auraient fait sur n’importe quel navire. Vitesse tortue vers la falaise, jusqu’à ce que les freins soient appliqués. À partir de là, il faudrait marcher.

Nous arrivions à l’église Petros We Paulos, quelque part au sud d’Adigrat, au nord de l’Éthiopie. La région de Tigré, à la frontière de l’Érythrée, est connue pour ses églises aménagées à flanc de falaise, dans les montagnes ou dans les grottes. Chacune vaut les efforts qu’on mettra pour l’atteindre. Et sans guide, impossible de s’y retrouver et impossible d’y avoir accès.

Des enfants, immanquablement, se sont élancés à notre rencontre. Argent? Bonbons? Stylos? Ils demandent parce qu’on leur a déjà donné, dans le passé. Ils demandent parce que certains touristes adorent jouer à « sauver les pauvres africains ».

Les chiens n’aboyant pas contre le soleil qui avait amorcé sa chute quotidienne jouaient les intimidateurs avec les touristes que nous étions. Quelques aboiements, mais une conviction qui manquait un peu de nuances pour être crédible.

« Attendez ici », a demandé notre guide avant de s’élancer à travers champ pour avertir le moine agissant comme maître des clés.

On apercevait l’église, en altitude, sur la gauche. À droite, une pile de bois faisait office d’escalier. On aurait dit qu’il s’était effondré et qu’on l’avait abandonné à son sort. C’est pourtant par là qu’on nous a guidés pour nous encourager à grimper. 

D’en haut, la plaine se révélait sans gêne pendant que le ciel finissait de rougir. La plaine, calme jusqu’au fond de l’horizon, étalait toutes ses largesses.

En prenant soin de ne pas se cogner le coco sur le trop bas cadre de porte, où ma tête irait s’échouer de toute façon, on pénètre dans la vieille église où seule la lueur des chandelles nous permet d’apprécier les fresques du plafond. La pièce, grande comme la distance entre la paume d’une main et la moitié du petit doigt, recèle pourtant de trésors artistiques impressionnants.

Sous la lueur de la lune, pendant que le froid commençait à nous cajoler, nous avons emprunté le même amoncellement de bois pour redescendre vers la voiture.

À la vôtre

Trois résolutions vin pour 2018

CHRONIQUE / Avec 2018, un nouveau chapitre du vin s’amorce. Une autre année qu’on se souhaite riche en extraction de bouchons, dégustations et apprentissages. Parce que votre passion n’a d’égal que votre soif (de connaissances, bien sûr!), voici trois résolutions pour parfaire votre culture vitivinicole en 2018.

Avec 2018, un nouveau chapitre du vin s’amorce. Une autre année qu’on se souhaite riche en extraction de bouchons, dégustations et apprentissages. Parce que votre passion n’a d’égal que votre soif (de connaissances, bien sûr!), voici trois résolutions pour parfaire votre culture vitivinicole en 2018.

Sortir des sentiers battus

Vous avez l’impression de tourner en rond depuis un certain moment? C’est sûr qu’à opter toujours pour la même pastille (encore là, ce n’est pas si mal), le même cépage, la même région ou les mêmes producteurs, ça finit par sentir le réchauffé. 

La SAQ offre un répertoire s’approchant du cap des 10 000 vins. Vous avez là une chance inouïe de découvrir des cépages originaux et des régions productrices étonnantes. Vous croyez que le chardonnay vous a livré tous ses secrets? Il est peut-être temps d’essayer son frangin le chardonnay musqué. Amateur des rouges frais et légers du Beaujolais et de la Bourgogne? Mettez la main sur un frappato de la Sicile. Ce sont plutôt les rouges aromatiques et généreux qui vous branchent? Aller simple pour la Grèce et le Liban dans ce cas.

Sortir de votre zone de confort ça commence par une balade dans l’Espace cellier. Vous serez surpris d’y faire des découvertes chouettes à prix abordables. Ne vous laissez pas intimider par l’absence de pastilles de goût. Au contraire, profitez-en pour faire plus ample connaissance avec les délicieux conseils de l’expert du cellier.

Cesser les généralisations hâtives

J’entends parfois des allégations graves telles que « Le vin blanc, ça ne goûte rien », « Le vin bio, c’est pas bon » ou « Le beaujolais, c’est du vin de messe ». Il arrive de ne pas aimer un vin ou qu’un vin vous paraisse un peu fade — rien de plus normal. L’erreur toutefois est de généraliser.

Un sauvignon blanc de Nouvelle-Zélande n’a rien à voir avec celui de la Vallée de la Loire. Selon le sol, le climat et la vigne, dame nature donnera une matière première que le vigneron se chargera ensuite d’interpréter. Même si le producteur est souvent contraint à un cahier des charges, il teintera aussi le vin de son savoir-faire, de sa vision, de sa philosophie. Il y a donc autant d’interprétations du sauvignon blanc qu’il existe de vignerons dédiés à faire chanter ladite vigne dans le monde.

De plus, nos goûts évoluant tout au long de notre vie, il n’est pas impossible que le style détesté aujourd’hui devienne votre préféré de demain, et vice versa. Plus important encore, le monde du vin est lui aussi en constante évolution. Si un jugement négatif se fonde sur un vin dégusté il y a 20 ans, il serait bon d’ajouter un peu d’objectivité dans son vin en revisitant ladite catégorie.  

Être plus curieux

Chaque vin a une histoire à raconter — certaines plus inspirantes que d’autres. Des vignobles font des innovations géniales sur le plan environnemental et humain. S’intéresser plus aux valeurs et aux actions qui ont façonné le vin pour mieux le choisir, le comprendre et l’apprécier!

Santé à 2018!

Suggestions de la semaine

Bordeaux supérieur 2015,
Cuvée Julien, Château L’Escart
(SAQ : 896 282 - 19,35 $)