La Crown Fountain de Chicago, dans le parc Millenium, fait le plaisir des petits et des grands.

Week-end à Chicago

CHRONIQUE / Des fois je dis des choses. Comme : j’éviterai tout voyage non essentiel aux États-Unis pendant le mandat du président Trump. Des fois, je me rends compte que ce que je dis, c’est un peu comme les résolutions du Nouvel An : ça ne tient pas longtemps.

Chicago m’attirait. Entre autres parce que tout le monde a tendance à en parler en bien. Et quand tout le monde le dit, c’est forcément parce que c’est vrai, non?

Ce qu’il y a, à Chicago, c’est une architecture à l’avant-garde. Comme la Ville croît à une vitesse folle, on construit en hauteur pour rentabiliser l’espace. Mais malgré tout le béton, tout le verre et l’acier qui se côtoient, on n’étouffe pas. On ne ressent pas cet effet oppressant que peuvent avoir des grandes villes comme New York, ou même Montréal.

Quand on pense que le plan d’aménagement sur lequel on se base encore aujourd’hui à Chicago a été imaginé en 1909, on ne peut que rougir un brin quand on voit des réalisations modernes bien de chez nous. Pas de quoi s’autoflageller trop longtemps, mais de quoi être jaloux quand même. Ils en avaient de la vision les Daniel Burnham et Edward H. Bennett derrière ce plan.

Parmi les bons coups, on peut entre autres penser au parc Millénium, dont l’attrait le plus couru est sans doute la Cloud Gate, cette fève géante réfléchissante qui, pour plusieurs, constitue un symbole de Chicago. Tout près, le Jay Pritzker Pavilion, à l’architecture moderne, est un endroit qu’on imagine bien recevoir des événements musicaux en plein air. Et la Crown Fountain, cette fontaine où deux monolithes géants deviennent des écrans sur lesquels sont projetés des visages humains, plaît autant aux enfants qu’aux grands.

Comme si ce n’était pas assez, on a prévu une passerelle originale qui traverse Columbus Drive vers le parc Maggie Daley. Tous ces aménagements ont bien dû prendre du temps, du budget aussi. Mais on voit mal comment les Chicagoens peuvent s’en plaindre.

Chicago, c’est un métro efficace, aérien à l’extérieur du centre-ville, sous-terrain à certains endroits, qui permet entre autres un transit simple et facile vers l’aéroport. On prend des notes. Si on n’envie pas les gens qui peuvent toucher les wagons de métro de leur chambre à coucher tellement ils vivent près des rails, il y a tout de même quelque chose d’impressionnant à ce système de transport en milieu fortement urbanisé.

Parlant d’urbanisme, la promenade le long de la rivière Chicago réserve un coup d’œil impressionnant sur une forêt de gratte-ciel à laquelle on ne cesse d’ajouter des « arbres ». Déjà, les rives sont aménagées selon toutes sortes de concepts entre chacun des ponts, qu’on pense à un escalier de béton géant, à une fontaine commémorative ou à des restaurants au goût du jour.

Pour tout savoir sur les différents bâtiments, on opte pour une croisière sur la rivière Chicago. Une option populaire est celle offerte par la Chicago Architecture Foundation, même si son prix est élevé à 45 $. Les guides sont bénévoles, n’acceptent aucun pourboire, mais en connaissent long comme ça sur l’architecture. Le nom des bâtiments, leur année de construction et la raison pour laquelle on a choisi du marbre rose ou des fenêtres aux différents tons de bleu... ils savent tout.

Comment les architectes de la Willis Tower, autrefois l’édifice le plus haut du monde, ont-ils pu compenser les mouvements inévitables des gratte-ciel? Comment les balcons d’une autre tour empêchent-ils les oiseaux de se frapper contre les fenêtres? Le tour explique tout ça.

Parmi les incontournables, il faut noter le sport, la musique et la pizza. Dans le premier cas, même si le baseball nous ennuie, il faut s’arrêter au Wrigley Field, le domicile des Cubs de Chicago. Là comme partout en ville, la population locale est très fière de son équipe. Lors de mon passage, lesdits Cubs affrontaient les Nationals de Washington en séries éliminatoires. Les pubs sur l’avenue Clark étaient bondés d’amateurs bien rangés derrière leur équipe et on pouvait regarder le match sur un écran géant à l’extérieur du stade.

Le quartier de Wrigley présente par ailleurs quelques boutiques un peu funky, notamment une boutique de bandes dessinées et un renommé bazar offrant des t-shirts drôles, des cartes postales originales et des cartes à collectionner d’une autre époque. Il vous manque votre personnage préféré dans votre assemblage de cartes de Beverly Hills 90 210 version 1995? C’est la place où trouver la perle rare.

Pour la musique, les clubs de blues sont nombreux. Même en choisissant au hasard, on risque de bien tomber. Pour moi, la Blue Chicago, petit bar sans prétention, a livré ses promesses. Les peintures à l’effigie du club, sur les murs, donnent le ton. On y présente de la musique tous les soirs depuis une trentaine d’années et la foule y est particulièrement hétéroclite. Ce soir-là, Nellie « Tiger » Travis, beaucoup trop talentueuse pour la qualité du système de son du bar, m’a captivé pendant plusieurs heures.

Enfin, si Chicago est reconnue pour sa pizza, c’est la deep dish pizza, épaisse de six centimètres et préparée dans un moule, qu’il faut absolument essayer. On la trouve partout, souvent après avoir patienté en file aux heures de pointe. Un délice pas trop santé.

Bref, Chicago a probablement déclassé New York et Boston parmi les endroits où je voudrais retourner. Une fin de semaine, ce n’est pas assez.

Suivez mes aventures au www.jonathancusteau.com.

Une croisière sur la rivière Chicago, pour en apprendre plus sur l’architecture des gratte-ciel construits sur le rivage, est incontournable dans la ville des vents.