Vos plus beaux souvenirs des Fêtes!

«Devenir adulte, c’est reconnaître, sans trop souffrir, que le père Noël n’existe pas», a écrit l’astrophysicien québécois Hubert Reeves. Vrai, mais on pourrait ajouter que Noël une fois adulte, c’est aussi se rappeler avec nostalgie l’époque où l’on y croyait. De revoir ces temps plus naïfs comme parmi les plus beaux et chaleureux de notre vie. À preuve, ces histoires que vous, chers lecteurs, avez gentiment accepté de partager avec nous, à notre demande. Voici quelques extraits choisis de vos plus beaux souvenirs des Fêtes…


«J’ai travaillé comme facteur pendant 35 ans. À quelques reprises, j’ai fait mon itinéraire du 24 décembre déguisé en père Noël dans le quartier Neufchâtel, à Québec. Une fois, devant une garderie de la rue Renoir, j’ai aperçu des enfants qui me saluaient à travers la fenêtre. Je me sentais comme Guy Lafleur qui venait de compter un but en prolongation! J’ai vraiment été touché par cet élan d’amour envers moi… mais pas longtemps. Qu’ai-je vu à ma droite? Un traîneau géant tiré par deux chevaux avec à son bord… le père Noël. En fait, les enfants l’attendaient lui. Timidement — et en déguerpissant —, je lui ai envoyé la main. Il m’a gentiment retourné le geste. Deux heures plus tard, sur le boulevard Bastien, j’ai entendu un enfant dire à son père : “regarde papa, le père Noël est déguisé en facteur!” J’ai au moins pu faire plaisir à un enfant à la veille de Noël. Encore aujourd’hui, je pense aux employés de cette garderie qui ont dû avoir à répondre à plusieurs questions des enfants qui avaient vu deux pères Noël!»
— Guy Sirois, Québec

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«Nos plus beaux souvenirs sont les réveillons après la messe de minuit. Tout le monde du village de mon enfance (FarmPoint dans la municipalité de Chelsea) venait festoyer à la maison de mes parents durant toute la nuit de Noël. Que de souvenirs mémorables!»
— Roch Renaud et Manon Champagne, Gatineau

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«Jusqu’à l’âge de 7 ou 8 ans, j’allais avec mes parents réveillonner chez un oncle qui habitait le quartier Saint-Jean-Baptiste. Jouer dans les escaliers, m’accompagner au piano (que je ne sais toujours pas jouer) en chantant des airs de Noël, entendre les adultes rire et parler fort pour finalement m’endormir dans la pile de manteaux. Ces moments sont encore gravés dans ma mémoire après plus de cinq décennies! Le souper de Noël était pris en charge par mes tantes Rita et Yolande. Elles travaillaient des jours et des jours pour nous servir l’aspic de homard, le bouillon de bœuf, l’oie farcie, la bûche crème au beurre et le gâteau moka. Sans compter les biscuits et autres sucreries qu’elles offraient pendant la soirée. Aujourd’hui, nous ne sommes plus que quelques nièces à préparer annuellement ces mets traditionnels.»
— Johanne Lapointe, Québec

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Une photo chez la famille de Josée Nadeau à Noël (qu’on voit assise sur le père Noël).

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«J’ai un certain âge, mais le souvenir de ma première communion lors de la messe de minuit reste impérissable. Les religieuses qui m’enseignaient à l’époque avaient décidé que je la ferais à ce moment, puisque j’avais du retard dans ma scolarité en raison d’un handicap physique. Me voilà donc avec mon père, marchant vers l’église du village. La nuit était claire et des flocons ouateux tombaient sur nous. J’étrennais mon petit manteau rouge à capuchon pointu doublé en lainage à carreaux, cadeau de ma marraine, tante Émérentienne. À l’église, mon père m’a conduit auprès de mes grands-parents. Lui montait au jubé pour interpréter Dans cette étable. J’étais un peu intimidée par les décorations, par ces dames chic et ces messieurs vêtus de leur capot de fourrure. Ai-je communié? Je vous avoue franchement que je ne m’en souviens pas, tellement j’étais émerveillée par ce monde de chants, de décorations, de mystère et par la superbe crèche que je voyais depuis mon banc!»
— Marielle Lecours, Lac-Etchemin

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«Une tradition de mon enfance me rappelle encore de merveilleux souvenirs. Ça se passait dans les années 50. En décembre, immédiatement après souper, mon père disait : “ça vous tente d’aller prendre une marche sur la rue Saint-Joseph (à Québec)?” C’était comme si on fêtait Noël avant le temps. On voulait profiter pleinement de cette promenade en famille tant attendue. C’est avec enthousiasme que mes trois frères et moi suivions papa et maman, qui traînaient nos deux petites sœurs, assises sur une traîne sauvage. On marchait jusqu’à l’intersection de la rue Saint-Joseph. Et tout à coup, notre chemin s’illuminait! Nos yeux d’enfants étaient ébahis par les lumières qui éclairaient les magasins et leurs vitrines décorées de rennes, d’anges et de sapins. Au milieu de lumières scintillantes et multicolores, on y exposait les cadeaux les plus convoités. On vivait alors dans un monde magique, un rêve éveillé. Nous étions surtout concentrés sur la vitrine de la compagnie Paquet. C’était là, à ce qu’on disait, que se tenait le véritable père Noël. À mesure qu’on a grandi, cette tradition s’est perdue. Mais s’il m’arrive de faire une promenade en famille sur la rue Cartier ou dans le Petit-Champlain, ces souvenirs d’enfance me reviennent et je prends plaisir à les partager avec mes petits-enfants.»
— Jean-Marc Labbé, Sainte-Marie

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«Chaque année à l’approche du 25 décembre, je rêve à mes Noëls d’enfant. Mon esprit plonge dans la nostalgie du début des années 60. Mes parents venaient d’acquérir un petit restaurant à Montréal. Ma mère et moi avions convaincu mon père d’y faire un grand réveillon. Parmi la faune qui gravitait chez nous après la messe de minuit, il y avait quelques violoneux accompagnés de joueurs de cuillères. Nous avions comme ami Jean-Pierre Masson, célèbre pour son personnage impitoyable de Séraphin. Le comédien était à l’opposé du rôle qu’il jouait au petit écran. Sa bienveillance nous réconfortait. Il excellait comme conteur d’histoires colorées. La nuit de Noël prenait son envol quand un ténor interprétait son répertoire de chants sacrés. À 10 ans, j’étais impressionné par le Minuit chrétien et la puissance de la voix. La cognée de mon cœur atteignait son apogée au refrain. Encore aujourd’hui, après plus de 40 ans, l’effet de cet hymne à l’amour me suggère d’être debout et de chanter ma délivrance.»
— Michel Houle, Québec

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«Je suis née en campagne dans une maison patrimoniale où on chauffe encore avec un bon vieux poêle à bois. Mes Noëls d’enfant se passaient toujours à proximité de ce poêle. Les cadeaux emballés avec les plus beaux papiers du journal Le Soleil faisaient partie de la tradition. Encore aujourd’hui, dès décembre, je mets de côté les plus belles pages colorées du journal pour emballer les cadeaux. La famille prend ainsi plus de temps pour déballer les présents tout en étudiant l’emballage. Un jour, mes parents, devenus âgés, n’ont plus eu envie de se casser la tête avec les cadeaux; ils préféraient plutôt nous donner de l’argent. Une année, mon père, dans sa grande générosité, avait donné 100 $ à chacun de ses enfants. Une fois les cadeaux déballés, j’ai vite ramassé le papier d’emballage pour le jeter dans le poêle à bois. Mais j’avais oublié que dans mes mains, je tenais toujours le 100 $ que papa venait de me donner…»
— Danielle Lamontagne, Québec

La tablée de la famille Nadeau.

«Un des plus beaux Noëls de ma famille a eu lieu à Saint-Lambert en 1971. Pour la première fois, le VRAI père Noël et la Fée des étoiles sont arrivés en motoneige! Ma mère avait eu l’idée de faire remettre les cadeaux par un neveu et une nièce du côté de mon père, inconnus pour mes cousins et cousines du côté maternel. Mes cousins couraient d’une fenêtre à l’autre pour suivre la motoneige qui faisait le tour de la maison! Par ailleurs, je me rappelle aussi les magnifiques réceptions que ma mère préparait pour sa famille, avec le spectaculaire buffet du réveillon. Il y avait également les parties de cartes entre Noël et le jour de l’An où tous les adultes jouent au Rough. Les cousins qui jouaient au Monopoly et au Jour de paye en mangeant des chips et des crottes de fromage puis en buvant de la liqueur! Et Ciné-Cadeau qu’on écoutait en famille. Que de beaux moments!»
— Josée Nadeau, Saint-Henri

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«Je me revois à la campagne, dans la grande maison de mes grands-parents maternels, entourée d’oncles et de tantes, de cousins et de cousines de tous âges que je n’ai jamais osé compter, tous venus fêter le soir du jour de l’an. Grand-papa nous invitait tous pour ce festin et cette grande soirée familiale où nous nous amusions à cœur joie! Pour se rendre chez lui en hiver, papa demandait les services d’un monsieur qui possédait un snowmobile. Assise, le nez collé au hublot, je scrutais le ciel étoilé à travers le givre de la fenêtre. Le miroitement de la lune éclairait notre chemin à travers les bancs de neige. Le ronronnement du véhicule me faisait penser à un moteur d’avion. Une fois arrivés, l’échange des vœux et la bénédiction paternelle m’impressionnaient beaucoup. Les premiers contacts faits, les adultes étaient invités à passer autour de la table garnie de plats si variés et succulents que je me demande encore aujourd’hui combien d’heures de travail on avait dû mettre pour leur préparation. Pendant ce temps-là, nous, les enfants, on s’assoyait autour de grand-père qui savait si bien nous faire oublier l’attente par ses nombreuses histoires inventées de toutes pièces. Après avoir bien mangé, la soirée commençait avec le déploiement des talents : danses, chants, histoires. À travers les rires et les paroles venant de toutes parts, mes paupières s’appesantissaient. Tout à coup, j’entendais mon nom : “Rollande, habille-toi, nous retournons chez nous”. À demi endormie, je m’emmitouflais et nous repartions comme dans un rêve. Le lendemain, je me réveillais dans mon lit, le sourire aux lèvres en pensant à mon souper féérique et à ma soirée inoubliable.»
— Rollande Poulin Rancourt, Lévis

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«Un jour, à la demande des techniciennes du service de garde que fréquentaient alors mes deux filles, j’ai accepté avec grand plaisir de m’imprégner de l’esprit de Noël. Le costume, la barbe et la perruque de scène bien coiffées, le sac de jute empli de cannes de bonbon, la bourrure, les jarretelles avec grelots ceinturant les mollets et les lunettes rondes sans monture ont créé l’illusion. J’étais le père Noël! Tant et si bien que mes filles, à tour de rôle assises sur mes genoux pour me faire leurs demandes dans la plus stricte intimité, ne m’ont jamais reconnu. Leur déception? Leur papa n’a pu assister à cette mémorable rencontre avec le père Noël…»
— Rémi Morency, Québec

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«Décembre 1956. J’ai 5 ans et j’habite dans Saint-Roch (à Québec) avec mes parents et mes quatre sœurs. Ma mère nous fait venir dans la cuisine et ouvre la porte du balcon arrière. Des cloches tintent sur des airs de musique de Noël. Cette musique arrive du dernier étage du Syndicat de Québec [un magasin du quartier à l’époque], décoré de sapins. Ma mère annonce alors que nous irons voir la parade du père Noël sur le boulevard Charest. Quelle fébrilité! Le lendemain, nous nous installons devant le magasin Paquet pour attendre l’arrivée triomphale du père Noël. L’heure est arrivée avec les fanfares, les clowns, la fée des glaces et le père Noël debout sur son traîneau, qui nous saluait. Nous nous sommes faufilés au troisième étage chez Paquet, dans le royaume féérique du père Noël, où nous sommes montés à bord d’un train dans un décor enchanteur. Soixante-trois ans plus tard, je n’ai rien oublié de cette féérie. J’espère que mes enfants et petits-enfants pourront avoir aussi de si beaux souvenirs.»
— Jean-Pierre Bouchard, Québec

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NOTE : certains témoignages ont été raccourcis, édités et corrigés pour des raisons d’espace et de langue.