La route des vins en Alsace.

Trois vins d’Alsace pour ouvrir la terrasse

CHRONIQUE / À mes débuts dans le vin, l’Alsace a rapidement reçu toute mon attention. Pour la fraîcheur et la minéralité de ses vins (bien que je ne savais pas qu’il s’agissait de cela à l’époque), mais aussi pour le poids plume de son matériel pédagogique.

Pour dresser un portrait très (très) sommaire, le vignoble alsacien compte 8 cépages blancs (dont les plus communs sont les riesling, gewurztraminer, pinot gris et pinot blanc), 1 cépage noir, 3 AOC seulement et 51 grands crus. Voilà, ce qu’il en est à quelques mentions près. Clair, simple et précis.

Le vignoble alsacien fut la première région viticole abordée lors de ma formation de sommellerie. À ce moment précis, je me rappelle qu’une pensée chargée à parts égales de naïveté et d’optimisme m’ait traversé l’esprit, à savoir que tout compte fait, le vin, c’était bien plus facile que je ne le croyais. Puis, il y a eu la Bourgogne, ce mastodonte viticole qui sous son apparente et réconfortante binarité variétale dissimule une complexité presque cruelle pour le profane. Ça rentre dedans et ça vous ramène sur terre en moins de deux.

Je crois que l’une des clés du succès de l’Alsace réside justement dans son accessibilité. Elle est facilement approchable. Nul besoin de tourner la flûte d’Alsace de tous les côtés pour savoir ce qu’elle contient. Tout est là, devant, sur l’étiquette : le domaine, le millésime, le cépage. Reste le sucre, qu’on pourra trouver parfois sur la contre-étiquette ou sur l’étiquette de la SAQ, près du code-barres. Ensuite, il y a la diversité des cépages, des sols et des méthodes de viticulture et de vinification (sec, demi-sec, doux, liquoreux) qui en donne pour tous les goûts.

L’Alsace réussit à rejoindre toutes les catégories de consommateurs, de la jeune universitaire qui veut un pinot blanc frais et délicat pour son party de sushis, au connaisseur qui souhaite apprécier un vieux riesling aux tonalités complexes de pétrole et de pierre à fusil. Une fois les prononciations de riesling et de gewurztraminer maîtrisées (ou pas!), on peut apprécier ces vins blancs de monocépage et en saisir les subtilités — du fin riesling au puissant pinot gris. Signe indéniable du succès des vins d’Alsace, les vins de la maison Willm sont dans les verres des québécois depuis belle lurette, depuis la fin des années 1940 plus précisément!

Il y a trois semaines, Jérôme Keller, directeur technique et maître de chai, et Hervé Schwendenmann, président-vigneron, des maisons Willm et Wolfberger étaient de passage à Montréal pour donner un aperçu du millésime 2017. Comme dans plusieurs régions de France, le gel dévastateur d’avril 2017 aura été lourd de pertes pour l’Alsace, avec 35 % du vignoble décimé. Un petit millésime en volume donc, mais ô combien qualitatif! Voici donc quelques-unes de leurs délicieuses cuvées que vous devez absolument mettre dans vos verres en mai!

Alsace riesling 2016, Réserve, Willm
(SAQ : 11 452 — 17,30 $)

Alsace riesling 2016, Réserve, Willm
(SAQ : 11 452 — 17,30 $)

Rien ne bat la fraîcheur d’un riesling quand les chauds rayons du soleil commencent à se pointer. Superbe sur le millésime 2017, ce riesling l’est tout autant sur le 2016, présentement disponible en SAQ. Au nez, il possède des notes d’agrumes et un soupçon de minéralité. Ici, point de notes de pétrole à l’horizon — une caractéristique que Jérôme Keller ne souhaite pas faire ressortir dans ses riesling. La bouche est bien sec et éclatante de fraîcheur, sans être vive. Un bon vin de patio qui sera génial avec des rouleaux de printemps!

Crémant d’alsace, Rosé, Wolfberger
(SAQ : 13 366 474 — 19,60 $)

Crémant d’alsace, Rosé, Wolfberger
(SAQ : 13 366 474 — 19,60 $)


Le pinot noir est le seul cépage autorisé dans le crémant d’alsace rosé. Le vin est d’abord obtenu par pressurage direct pour tirer un maximum d’acidité. Ensuite, un peu de vin rouge est ajouté pour atteindre la délicieuse teinte saumonée. Ce brut (8 g/l) possède un pouvoir désaltérant élevé grâce à sa vivacité. Il sent bon les fraises écrasées et les groseilles. Son caractère vineux et sa texture crémeuse se marieront joliment à des tomates cerises d’amour (caramélisées) en apéro.

Crémant d’alsace, Brut, Wolfberger
(SAQ : 732 099 — 19,60 $)

Crémant d’alsace, Brut, Wolfberger
(SAQ : 732 099 — 19,60 $)


Les vins de l’appellation crémant d’alsace sont vinifiés selon la méthode traditionnelle (comme en Champagne). Le cahier des charges de l’AOC est très stricte quant aux méthodes d’élaboration. Seuls les 100 premiers litres de jus sur 150 kg de raisins sont retenus pour faire le crémant. Celui-ci est ensuite élevé en bouteille sur une période de 12 à 16 mois. De beaux arômes de noix et de citron s’échappent du verre, mettant du coup les papilles en appétit. La première gorgée est une véritable vague de fraîcheur. Une acidité vive, croquante, supportée par des bulles fines et persistantes. L’apéro est à son paroxysme.

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