Chablis est située dans un climat semi-continental. En d’autres mots, elle est aux prises avec des hivers costauds et des étés chauds.

Jolis chablis

Les blancs de Chablis prennent forme dans un terroir unique, tout au nord de la Bourgogne.

À Chablis, comme à peu près partout en Bourgogne, le cépage blanc utilisé, c’est le chardonnay. C’est simple, il est sur toutes les lèvres, dans toutes les bouteilles et recouvre tout le vignoble. Les vignes de chardo poussent sur un sol formé il y a 150 millions d’années, alors qu’une mer recouvrait l’entièreté du vignoble. Le sous-sol, appelé le Kimméridgien, est alors composé de fossiles de petites huîtres en forme de virgule ayant pour nom Exogyra virgula. C’est dans ce sous-sol singulier que les vins de Chablis tirent leur fraîcheur, leur pureté, leur finesse et leur minéralité.

À vue de nez, ça a tout l’air du scénario idéal pour produire de grands blancs. Et pourtant, il y a bien un pépin à l’horizon. Installée au nord de la Bourgogne, tout près de la Champagne, Chablis est située dans un climat semi-continental. En d’autres mots, elle est aux prises avec des hivers costauds et des étés chauds. Comme les gelées de printemps menacent fréquemment les bourgeons, les chaufferettes et l’aspersion sont souvent appelées en renfort. La menace de la grêle guette aussi. Mis bout à bout, comme en 2016, ces événements peuvent être très éprouvants et lourds de pertes pour les vignerons.

Il y a 4 paliers de chablis — 4 appellations : petit chablis, chablis, chablis premier cru et chablis grand cru. Plus on monte dans la « hiérarchie », plus les vins se révèlent complexes et aptes au vieillissement.
Leur profil organoleptique n’a rien à voir avec certains chardo beurrés et boisés auxquels nous a habitué la Californie. D’abord, la robe de faible intensité des petits chablis et chablis présente des reflets verdâtres, un contraste notable avec les robes intensément dorées des américains. Le nez jongle avec des arômes délicats de fleurs et de fruits (citron, pamplemousse, pomme verte), toujours avec cette minéralité en trame de fond.

Si vous cherchez plus d’intensité, tournez-vous alors vers les chablis premier cru et chablis grand cru. La seconde appellation représente que 2 % de la production totale de Chablis, mais aussi les blancs les plus puissants et les plus complexes de la région. L’équilibre entre gras et fraîcheur est tout simplement remarquable, tout autant que les arômes intenses de pierre à fusil, de miel et d’amande.

Et ça ne s’arrête pas là. Les appellations sont découpées en climats — des parcelles délimitées à l’intérieur des appellations elles-mêmes. Ces lopins de terre se distinguent par leurs conditions géologiques et climatiques spécifiques ainsi que par le savoir-faire des hommes. « Climat » est un terme typiquement bourguignon répandu dans toute la Bourgogne. Chablis en possède une quarantaine, dont la majorité est en chablis premier cru, tandis que la Bourgogne en compte des milliers.

Suggestions de la semaine

Petit chablis 2016, Louis Moreau (SAQ : 11 035 479 - 23,45 $)

Léger, rafraîchissant, discret et plus vif que les trois autres (chablis, premier cru et grand cru), le petit chablis est un vin qui se déguste jeune. Celui du Domaine Louis Moreau démontre d’ailleurs une grande pureté. Afin de préserver tout le fruit, le vin n’a connu aucun contact avec le bois. La pomme verte s’affirme au nez, tandis que la bouche ample et croquante culmine sur une douce note de silex. Des huîtres, svp!

Chablis Saint-Martin 2016, Domaine Laroche (SAQ : 114 223 - 24,90 $)

Ce chablis est élevé en cuve et en foudre, dont une petite partie sur lies fines. Il possède des notes minérales, exotiques et d’aloès. Quelle fraîcheur et quelle pureté! Un bel équilibre se dégage du verre qui conviendra autant à l’apéro qu’avec un taboulé ou un fromage de chèvre.

Chablis premier cru vaillons 2013, Jean et Sébastien Dauvissat (SAQ : 895 011 - 38,50 $)

L’appellation chablis premier cru profite de coteaux très bien exposés. Cela se traduit dans la coupe par des arômes de pierre à fusil et de fruits séchés ainsi qu’une bouche plus structurée et plus ronde. Ici, le passage en fût de chêne se fait sentir au nez. Plus aromatique que les deux précédents, il sent bon la pêche, la pierre à fusil et les noix. C’est élégant, gras et puissant. Très chouette!

Rioja 2016, Moraza (SAQ : 12 473 825 - 17,85 $)

Autant vous le dire, jamais je n’aurais deviné à l’aveugle qu’il s’agissait d’un tempranillo. En fait, ça ressemble drôlement plus à un beaujo. C’est juteux, ultra fruité et super agréable. Les tannins gouleyants donnent à ce vin une grande buvabilité. Ce rouge bio appelle définitivement une pizza margarita ou des manicotis au feta de tofu.