Le sentier Le Riverain offre des points de vue impressionnants sur les montagnes environnantes.

Vallée des glaces: pour le sportif et la famille

À vélo, en ski, en raquettes ou à la marche, une visite dans la Vallée des glaces du parc des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie devient un prétexte à la contemplation des lieux plus qu’à la volonté de garder la forme.

J’ai une histoire personnelle avec les Hautes-Gorges pour y avoir été guide, puis pilote du bateau-mouche de 1988 à 1990, au moment où naissait le parc régional après l’arrêt de la drave sur la Rivière-Malbaie. Devenues un parc national en 2000, elles sont ouvertes une première saison aux activités hivernales. Même si je suis «fils du pays», comme dit un ami, je n’y avais jamais mis les pieds l’hiver. Au risque de paraître biaisé, j’affirme avoir comblé mes pupilles.

Sous la neige et la glace, les hautes parois rocheuses offrent une tout autre perspective qu’en été. Dans le regard du visiteur niché au creux de la vallée principale, elles prennent un air tantôt protecteur sous un ciel bleu, tantôt inquiétant par temps gris ou neigeux. Mais toujours, elles dégagent une impression de force tranquille, enveloppées d’un silence absolu, à l’exception du vent et du crissement de la neige.

L’hiver, le secteur des «eaux mor­tes», cœur de ce vaste territoire de 225 kilomètres carrés, retient l’intérêt. Un barrage est toujours érigé où la vallée glaciaire devient plus encaissée. Il permet de hausser le niveau de la rivière sur un peu plus de six kilomètres, jusqu’à l’Équerre. À cet endroit, La Malbaie tourne vers l’ouest, formant un angle de 90 degrés avant de reprendre son cours tumultueux.

À l’époque de la drave, cette portion de rivière servait de réservoir pour le bois coupé en amont. Aujourd’hui, elle permet l’été d’y naviguer tranquillement en canot comme en bateau-mouche. Tandis que l’hiver…

Skieurs dans le secteur de l’Équerre, où la rivière tourne vers l’ouest à 90 degrés.
Des raquetteurs empruntent le barrage qui permet la retenue des eaux.

Vélo sur rivière

Le vélo à pneus surdimensionnés, mieux connu sous son nom anglophone fatbike, est le coup de cœur de l’expérience de deux jours vécue en janvier dans la Vallée des glaces des Hautes-Gorges. Un sentier sur rivière est balisé et entretenu par une motoneige. Il est possible de faire un aller-retour ou un aller simple au gré des humeurs ou de la capacité physique. Accessible aux débutants, il faut quand même faire «gaffe», dirait un draveur, aux endroits où la neige ne recouvrirait pas la glace. Vous devinez que la surface est glissante.

Au passage, vous jetterez un œil sur l’impressionnante «Pomme d’or», une voie d’escalade de glace pour initiés seulement. Si la température le permet, vous arrêterez peut-être à la pointe aux Inukshuks. 

C’est une avancée de roches dans la rivière, vestige d’un éboulis survenu en 1996, lors des pluies qui avaient provoqué les inondations du Saguenay. Depuis, les visiteurs s’amusent à y assembler les repères inuits, d’où son nom. S’il fait froid, vous pourrez vous réchauffer dans la tente prospecteur chauffée, installée à mi-chemin. 

Le parcours de la rivière se fait aussi en ski de fond, en raquettes ou même à la marche, selon les conditions. Toutes ces activités sont praticables sur le sentier longeant la rivière, entretenu par une dameuse. Avis aux amateurs de photos, vous ne saurez plus où donner de la lentille.

Un autre sentier de fatbike intermédiaire de quatre kilomètres avec pentes abruptes est aménagé dans le secteur de l’Érablière à partir du pont des Érables, en aval du barrage. La descente finale vaut le détour, un brin d’adrénaline en prime. La vue sur les eaux vives de la rivière, le cran des Érables et la forêt forme un ensemble apaisant. 

Le fatbike sur la rivière est le coup de cœur de notre virée. Entre les deux cyclistes, on aperçoit la voie d’escalade de glace la Pomme d’or, un défi pour les adeptes.

Dans les hauteurs

Il faut être relativement en forme pour emprunter le sentier intermédiaire des Riverains. Au départ du pont des Érables, le randonneur longe la rivière et amorce une montée jusqu’à 170 mètres de dénivellation. Mais la récompense qu’offre la vue sur la vallée vaut l’effort. Le trajet de neuf kilomètres aller seulement se termine au barrage où se trouve aussi le centre de services Le Draveur.

Virée familiale

Pas besoin d’être un athlète pour profiter des beautés du site. Les personnes qui ont une forme physique limitée peuvent y trouver leur compte. De plus, l’endroit se positionne déjà comme une destination familiale. 

En effet, les parents et les tout-petits ont accès à une patinoire aménagée sur la rivière et peuvent faire de la glissade sur tube. On va se le dire, jamais ou rarement vous ne vous serez adonnés à ces activités dans un décor aussi majestueux.

À l’Équerre, le sympathique sentier de la Chute-du-Ruisseau-Blanc d’un kilomètre aller-retour permet d’observer la chute glacée de 45 pieds de hauteur. À la marche, en raquettes ou en skis hok — skis avec peaux, plus petits que des skis de fond —, la randonnée peut s’avérer une première aventure douce en famille avec les nombreuses montées et descentes de quelques pieds, jamais éprouvantes, mais qui demandent parfois de l’engagement.

Du centre de services Le Draveur, la navette des glaces effectue le trajet jusqu’au secteur de l’Équerre, six kilomètres en amont.
Dès l’arrivée au centre de services Le Draveur, la vallée, invitante, s’offre aux visiteurs. En avant-plan, une patinoire a été aménagée pour la famille.

Confort, commodités et chenillette

Un stationnement vous attend près du barrage des Érables où est situé le centre de services Le Draveur. Dès l’arrivée, l’Acropole des draveurs, plus haute paroi du parc avec ses 800 mètres ne manquera pas de vous impressionner. Mgr Félix-Antoine-Savard, auteur du classique Menaud, maître draveur, l’avait nommée ainsi en l’honneur des valeureux travailleurs forestiers.

Le centre de services est spacieux et chaleureux. On y trouve le centre de location, une boutique, des tables pour se restaurer et de l’information auprès du personnel. Un foyer ajoute à l’ambiance.

À partir du centre, vous pouvez aussi longer la rivière jusqu’à l’Équerre en montant à bord de la navette des glaces. Une dameuse tire une chenillette de 22 passagers. La durée du trajet aller dure environ une heure. Vous pouvez revenir au centre en navette ou en pratiquant une des activités décrites dans le texte.

Vous voulez passer la nuit dans les Hautes-Gorges bien au chaud? C’est maintenant possible grâce à l’électrification du parc. Depuis l’été, la Sépaq a construit 10 chalets Écho chauffés pour quatre à six personnes avec cuisine complète, deux chambres, toilette et douche et salon avec poêle à bois. Bien pensé et franchement joli, vous y dormirez comme un bébé, surtout après l’énergie dépensée en journée. Croyez-moi!

Infos pratiques

› Entre 2h et 2h30 du centre-ville de Québec

› Tarif une journée : 8,60 $ adulte, gratuit 17 ans et moins

› Location sur place : raquettes, ski hok, fatbike et crampons

› Nuitée dans un des 10 chalets Écho (4 à 6 personnes) ou camping d’hiver 

Pour plus d’information sur les tarifs et activités, consultez le site Internet sepaq.com