Les Massaïs, ce n'est pas du folklore. Ce sont des tribus nombreuses et bien organisées.

Tanzanie: bienvenue chez les Massaïs

Notre véhicule emprunte une route cahoteuse en direction du Farm House, notre prochain hébergement avant le Ngorongoro, soulevant un nuage de poussière rouge au-dessus des villageoises qui transportent d’énormes cruches d’eau pour leurs familles. «Si j’étais l’une d’elles, je maudirais les touristes», dis-je à Fulgence, notre guide tanzanien pour un safari de 12 jours dans les grands parcs de son pays. Mais personne ne montre d’hostilité à notre endroit. «C’est ça l’Afrique», me répond Fulgence.

J’ignore si cette tolérance représente tout le continent africain, mais je n’ai que de bons souvenirs de la Tanzanie, ce pays fascinant où le leadership éclairé de Julius Nyerere a bâti une société où les tribus, les cultures et les religions cohabitent sans problème. J’ai même assisté à une cérémonie catholique colorée et animée dans Stone Town, à Zanzibar, une île à 99 % musulmane.

À part le Kilimandjaro, c’est pour les safaris que les touristes vont en Tanzanie. Tout le monde vous parlera du Serengeti et du cratère du Ngorongoro, avec raison. Mais si vous avez le temps, il vaut la peine de commencer par le Parc national du lac Manyara. De toute manière, c’est sur votre chemin. Et si vous voulez voir beaucoup d’éléphants, terminez votre parcours par le Tarangire, vous ne serez pas déçus.

NGORONGORO ET SERENGETI
Le cratère du Ngorongoro, est une vaste caldeira circulaire de 20 km de diamètres, au centre d’une aire de conservation de 8000 km carrés où l’on retrouve les «big five», éléphants, rhinocéros, buffles, lions et léopards. Cette aire de conservation est également le pays des Massaïs, ces tribus d’éleveurs aux costumes colorés qui accueillent les touristes avec enthousiasme, moyennant quelques dollars… On retrouve un hôtel et terrain de camping en haut du cratère, mais je ne les recommande pas. La brume bloque souvent la vue sur le parc. À la place, nos guides nous ont amenés au Farm House, une plantation de café qui accueille les touristes dans des huttes tout confort, d’où les employés viennent vous chercher le soir pour aller au restaurant, parce qu’il y a des lions dans le coin, et des babouins parfois trop entreprenants ou agressifs.

Le clou du voyage, c’est le Serengeti, une plaine immense de 15 000 km carrés où les animaux à perte de vue se côtoient dans un concert de sons et d’images d’une grande beauté. Le soir, en prenant un verre sur la terrasse surélevée du Mbalageti Tented Camp, on entendait les meuglements des milliers de gnous qui côtoyaient les troupeaux de zèbres et d’antilopes. Dans un tel décor, j’ai eu l’impression de voir la planète terre après la création, juste avant l’arrivée des humains.

Le coup de chance, dans le Serengeti, c’est d’assister à la grande migration des gnous et des zèbres vers le nord-ouest, à partir du mois de mai, à la recherche de pâturages plus humides. Nous avons passé trois jours dans ce parc, et c’est à notre départ qu’on y a croisé les animaux en migration. Ils étaient des milliers, à perte de vue, qui traversaient le chemin à l’arrière et à l’avant de notre Land Rover. Un spectacle grandiose auquel les photos rendent difficilement justice. 

 Pourquoi y aller en juin? 

Parce que c’est le début de la haute saison touristique, qu’il y a moins de véhicules et donc moins de poussière. Lorsque vous suivez trois ou quatre jeeps de touristes sur ces routes, vous ne voyez plus rien. Alors imaginez en juillet ou en août, lorsqu’il y a 10 fois plus de véhicules…

On ne visite pas les grands parcs par soi-même en louant une auto. Ils sont tellement immenses qu’il est impossible de les voir au complet à moins d’y passer des semaines. D’autre part, les guides sont équipés d’appareils radio et partagent leurs informations sur les endroits où  se trouvent les animaux les plus recherchés comme les lions, les guépards ou les rhinocéros. Qui plus est, certaines parties du Serengeti peuvent être quasi désertes lorsque les animaux ont quitté à la recherche de pâturages plus généreux.

C’est coûteux faire un safari, mais il vaut mieux privilégier les véhicules accueillants quatre passagers et munis d’un toit relevable. Des agences offrent des visites à rabais dans des véhicules beaucoup plus grands, mais quand on passe près des grands fauves, où encore des hippopotames qui font la baignade, on veut se déplacer d’un côté ou l’autre du véhicule au lieu d’être entouré de touristes.

Les parcs sont situés sur les grands plateaux. Les nuits sont fraîches, mais c’est très confortable pendant le jour. Un bon coupe-vent est apprécié sur la route, quand on se tient debout dans le jeep pour voir les animaux.

Stone Town et les îles? 

Nous avons fait Zanzibar et Mafia Island. Un petit repos apprécié après 12 jours de safari, mais ça ne vaut pas plus que quatre ou cinq jours.

Le transport? 

Les circuits touristiques partent d’Arusha. À moins d’y tenir absolument, la ville ne mérite qu’une visite quelques heures. Même chose pour Dar es Salaam.

L’argent?  

Il y a des guichets automatiques partout. Sauf dans les grands parcs, bien sûr.

La sécurité?  

Comme partout ailleurs, la prudence est de mise et le choix des guides professionnels et des agences sérieuses s’impose.

Bon voyage!