Suivant l’engouement pour la course à pied, notamment celle en sentier, la raquette gagne en adeptes qui utilisent l’activité comme moyen d’entraînement.

Survoler l’hiver en raquettes

Il est bien loin ce temps où le bois et la babiche étaient les matériaux de prédilection pour les raquettes. Ah, si nos ancêtres coureurs des bois nous voyaient survoler l’hiver chaussés d’aluminium et de plastique. Ils n’y comprendraient rien. Encore moins au pas de course!

Suivant l’engouement pour la course à pied, notamment celle en sentier, la raquette gagne en adeptes qui utilisent l’activité comme moyen d’entraînement. Il faut essayer!

Ce n’est pas d’hier que les fabricants de raquettes techniques développent des modèles faits pour la course à pied. Mais le choix n’a jamais été aussi grand et accessible.

Plus petites et plus légères que leurs semblables dédiées à la randonnée, les sportives des neiges sont définitivement très spécialisées. Ici, la polyvalence laisse le pas à la vitesse et au confort sur de longues distances.

À la recherche de raquettes à tout faire? Oubliez l’idée s’il est question de course. Pensez plutôt à l’achat d’une paire uniquement pour l’activité. Car s’il est possible de courir de courtes distances avec certaines raquettes de rando, celles-ci sont trop différentes des sportives pour rendre agréables de réels entraînements.  

De tailles réduites, la flottaison est minimale avec les raquettes de course. Les sorties se font alors sur des sentiers durcis, où le passage des randonneurs aura fait son oeuvre, ou encore en bordure de pistes damées mécaniquement, comme dans les centres de ski de fond qui accueillent les raquetteurs.  

Certes, il faut éviter la poudreuse profonde. Mais reste que même avec ces raquettes de petites dimensions, il est possible d’avoir du plaisir après une bordée de neige. L’effort pour le cardio n’y sera que décuplé! Car c’est ce qui frappe en premier. La course sur neige, encore plus chaussé de raquettes, ajoute au défi. Un peu comme courir sur le sable.

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Bien que sur le plat dans les sentiers du Domaine de Maizerets, impossible de conserver ma vitesse habituelle. Le pas doit être ajusté en conséquence. Le crampon qui mord dans la neige, le rebond qu’offre la raquette… les premières foulées sont étranges et nécessitent adaptation. La surface irrégulière par endroits sollicite mes réflexes de coureur de «trail». Car il faut tenir compte de la façon dont nos raquettes «absorbent» le terrain pendant la course.

Au bout d’un petit moment, le juste rythme est trouvé et on oublie pratiquement ce qui se trouve sous nos pieds. On file sur le neige simplement.

Puis, autre journée, autre sortie. Cette fois, c’est au parc linéaire de la rivière Saint-Charles que l’action reprend. En compagnie de Patrice, mon partenaire de course régulier durant l’été, nous retournons sur un de nos sentiers de prédilection, mais cette fois en raquettes.

Entre la piste damée en bordure du cours d’eau et les raccourcis en neige plus profonde, le terrain est varié. La neige qui tombe efface nos pas au fur et à mesure.

Habillés légèrement pour être confortables en course, nous ne devons pas nous arrêter trop longtemps avec le vent qui souffle. C’est aussi le défi de la raquette sportive; à l’image du ski de fond, il faut savoir trouver le juste équilibre entre confort dans l’action et chaleur. Surtout pour les pauses et les arrêts imprévus loin d’un abri.

Dans mon sac de course, une veste légère en duvet est prête à servir, isolant du froid ma bouteille d’eau en attendant. Côté chaussures, des espadrilles de course en sentier pour conditions humides — comprendre sans empeigne aérée en filet — sont parfaits, en autant qu’on n’est pas trop frileux des pieds. Avec de bons bas et des guêtres, le tour est joué.

Sinon certains souliers de «trail» avec guêtres intégrées, spécialement conçus pour l’hiver, seront à privilégier. Des mocassins modernes pour les nouveaux coureurs des bois!

Tout ça, à des années-lumière de la raquette traditionnelle. Un plaisir bien moderne à défier l’hiver de la sorte.

Ah, si nos ancêtres nous voyaient…

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Dédiées à la course sur neige, les raquettes Race d’Atlas et Eva de Crescent Moon sont bien différentes, mais procurent à leur façon un grand plaisir sur les sentiers.

ON A TESTÉ

Raquettes Atlas Race

Si la vitesse n’a pas de prix à vos yeux, il faut regarder du côté de la raquette Race d’Atlas. Réputé pour la qualité de ses produits, le fabricant américain a mis le paquet sur son modèle de course. Crampons en titane, cadre ultraléger, tamis flexible en Nytex, harnais solides et simples à ajuster… la raquette Race offre la totale. En piste, sa légèreté est appréciable et donne l’envie de s’envoler. La souplesse du tamis et du pivot à sangle offre un confort remarquable en terrain irrégulier, tout en donnant du rebond pour la prochaine foulée. Deux détails à considérer cependant; la neige soulevée par la queue des raquettes est non négligeable dans certaines conditions, et le harnais offre une grande précision, mais peut devenir inconfortable à la longue avec des espadrilles plus légères. Prix : 350 $ Info : ­atlassnowshoe.com


Raquettes Eva de Crescent Moon

Définitivement une façon innovatrice de repenser ce qu’une raquette à neige peut être! La Eva de Crescent Moon a passablement fait jaser depuis sa sortie récente. Son harnais fixe sans pivot est compensé par sa forme arquée. Résultat? Une fois l’impression de courir avec des chaussures trop grandes passée, on prend plaisir à chaque foulée. Le tamis de 8 X 24 en couches de mousse EVA absorbe les irrégularités du terrain et donne du rebond. Simple et ultra efficace! L’impression de courir sans raquette et vite ressentie. Seules limitations : quand le terrain devient plus accidenté et durci. La plateforme moins mobile est en effet plus instable en dévers, tandis qu’une usure prématurée est à prévoir sur autre chose que la neige. Prix : 209 $ Info : crescentmoonsnowshoes.com

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Merci à MEC pour sa collaboration avec le prêt des raquettes. Info : MEC.ca