Squamish, en Colombie-Britannique, est reconnue comme la capitale canadienne du sport d'aventure.

Squamish: de l’océan jusqu’au ciel

Entre Vancouver et Whistler, Squamish se situe au confluent de l’océan, de la rivière et de la forêt alpine, ce qui fait de cette ville de la Colombie-Britannique la «capitale canadienne des sports de plein air».

SQUAMISH — Par une journée ensoleillée, la baie de Howe est d’un jade hypnotisant. Les voiliers aux voilures déployées sont poussés par un vent puissant au pied des majestueuses montagnes : l’évasé mont Murchison, le Stawamus Chief et sa paroi de granit imposante, le mont Garibaldi et son glacier qui survit à un été caniculaire. Tout aventurier sent les fourmis envahir ses jambes à la vue de cet immense terrain de jeu en bordure de la route montagneuse qui mène à Squamish – l’autoroute 99, judicieusement baptisée «Sea to Sky».

Smoke Bluffs. Le stationnement de gravier est rempli de véhicules aux plaques d’immatriculation des quatre coins du continent : Alaska, Alberta, Californie, Québec…

L’escalade attire à Squamish des grimpeurs du monde entier. Ses surfaces de granit, la vue imprenable sur la baie et le nombre incalculable de voies qu’on y trouve ont fait sa renommée au fil des ans. Brian Jones, lui, en a fait son métier.

«Si tu vois un ours, reste impassible, ce n’est pas un problème. Dis-le-moi simplement.»

Heureusement que le président de Canada West Mountain School inspire une confiance absolue. Avec son sac rempli pour une journée de grimpe — cordes, harnais, casque, craie et chaussures —, il chemine dans la forêt pluviale entre les pruches et les cèdres géants couverts de lichen et semble connaître par cœur les quelque 500 voies de l’endroit. Squamish en compte le double si l’on ajoute celles du Stawamus Chief – second monolithe de granit de tout le Commonwealth pour la hauteur.

Au pied d’une paroi, Kim et Jeremy Chrislip analysent leur prochain parcours. Leur chien Sam est couché sur un tas de corde.

L’escalade attire à Squamish des grimpeurs du monde entier. Un couple du Colorado, Kim et Jeremy Chrislip, analyse leur prochain parcours.

«La roche est parfaite, ici. On est venus passer la semaine précisément pour cette raison. Il y a des voies complètement verticales qui sont tout de même de niveau débutant, ce qui est plutôt rare en escalade extérieure. Il y a de la place pour tout le monde. C’est sûrement ce que Yosemite était il y a 50 ans », raconte Kim. Le couple habite au Colorado, un endroit qui ne manque pourtant pas de choix en matière d’escalade.

«Les gens viennent de partout dans le monde pour profiter de ces montagnes. Demain, on attend un groupe de six personnes avec des gens de Los Angeles, de Hong Kong et de Vancouver», ajoute Brian.

Tourisme en ascension
Guide de montagne de profession, Brian a découvert Squamish en 1979. Depuis, il ne l’a pas quitté et a été à même de constater le boom touristique qu’a connu la ville forestière.

«On a commencé à sentir l’intérêt augmenter il y a 10 ans. Ça a d’abord été très progressif, notamment avec les Jeux olympiques de 2010. Et il y a cinq ans, ça a explosé, raconte Brian.

Ce n’est pas seulement pour l’escalade. Les gens viennent courir dans les sentiers, marcher, randonner, promener leur chien. C’est magnifique et le mot s’est passé.»

À Tourism Squamish, on confirme qu’il y a bel et bien eu un engouement nouveau après les Jeux d’hiver. Sans détenir de statistiques précises, l’organisation estime qu’environ 66 000 personnes visitent le centre d’information touristique chaque année et avance que les complexes hôteliers observent une augmentation annuelle constante d’environ 8,3 % de leur clientèle.

«Le taux d’occupation des hôtels a augmenté de 58 % entre 2011 et 2017 et le nombre de visiteurs au centre d’information a bondi de 189 % depuis les Jeux de 2010», rapporte Heather Kawaguchi, directrice du marketing à Tourism Squamish.

«On est à moins d’une heure de route de Vancouver et de Whistler, à l’embouchure du fjord Howe et à la porte de huit parcs provinciaux. On peut dire que Squamish est une fusion unique de paysages accidentés, de panoramas époustouflants et de la culture de la côte Ouest. On peut jouer dans l’océan et explorer les montagnes dans la même journée», témoigne Mme Kawaguchi.

Terrain de jeu panoramique
Smoke Bluffs offre des panoramas imprenables sur ce qui fait la renommée de la municipalité de 17 000 habitants. Du sommet de Penny Lane, on peut admirer le vaste terrain de jeu des amateurs de vélo de montagne pour qui les options sont multiples.

À droite de l’autoroute qui zigzague dans le paysage s’élève le Stawamus Chief, lieu de prédilection pour grimper et faire de la randonnée. Le sentier qui mène jusqu’au premier des trois sommets est très abrupt et exigeant, mais la vue à couper le souffle vaut la sueur et la douleur.

Derrière le Chief se cachent les impressionnantes chutes Shannon et la télécabine Sea to Sky qui transporte les visiteurs à la crête du mont Habrich, à 1792 m d’altitude. L’activité est moins chère qu’à Whistler, même si la vue au point culminant n’a rien à lui envier. Au sommet, le pont suspendu Sky Pilot, qui relie l’observatoire à un belvédère, 100 m plus loin, réjouit les amateurs de photo et d’égoportraits, tandis que le Summit Lodge permet de se désaltérer et de se remplir la panse devant un paysage grandiose.

Au sommet du mont Habrich, le pont suspendu Sky Pilot, de 100 m de long, relie un belvédère au Summit Lodge, où il est possible de manger et de se reposer en profitant  d’une vue imprenable sur les montagnes.

De l’autre côté de l’autoroute, les amateurs d’eau vive s’éclatent en kayak ou en rafting sur la tumultueuse rivière Squamish qui, lorsqu’elle se jette dans la glaciale baie de Howe, devient le terrain de jeu des amateurs de kitesurf et de planche à voile. Les vents puissants et constants ont d’ailleurs valu son nom à Squamish, qui en langue autochtone signifie «vents forts» ou «mère des vents». Un nom qui rappelle aussi que c’est la tribu des Squohomish qui est la première à avoir occupé ces lieux exceptionnels.

La baie de Howe est le terrain de jeu des amateurs de kitesurf.

*

CINQ ACTIVITÉS À DÉCOUVRIR

Pour se ressourcer dans la nature ou carburer à l’adrénaline, Squamish a tout ce qu’il faut. Bon à savoir : les amateurs de magasinage et de fêtes nocturnes pourraient cependant être déçus : à Squamish, on dépense toute notre énergie le jour, et le soir on dort à poings fermés sous un ciel magnifiquement étoilé.

1) Vélo de montagne

Les adeptes du vélo de montagne sont servis avec 200 km de sentiers et 288 parcours répartis dans quatre grands secteurs : Alice Lake/Garibaldi Highlands, Diamond Head/Ring Creek, Brackendale et Valleycliffe. Les sentiers sauvages sont variés et sauront plaire aux adeptes de tous les styles. Les familles trouveront leur compte grâce aux magnifiques paysages des randonnées pour débutants. Les cyclistes avides de palpitations, eux, se lanceront dans des parcours plus techniques avec des dénivelés à pic et des sections périlleuses.

2) Télécabine et via ferrata

La télécabine Sea to Sky fonctionne toute l’année. Elle hisse les visiteurs au sommet du mont Habrich, où la vue panoramique est simplement spectaculaire, notamment à partir du pont suspendu et de sa terrasse, où des concerts sont occasionnellement présentés en soirée. Au sommet, divers sentiers permettent de se balader sur 1,6 km. De là, il est aussi possible de s’aventurer sur le parcours de via ferrata. Cette randonnée sur paroi rocheuse avec prises métalliques sécurisées permet une immersion totale, même sans expérience d’alpinisme ni aptitudes extraordinaires, sauf peut-être celle de maîtriser son vertige.

3) Randonnée

Les options pour s’évader dans la nature de la façon la plus simple qui soit — en marchant — sont nombreuses. L’incontournable randonnée est celle du Stawamus Chief : un parcours de 7 km, difficile en raison du dénivelé très prononcé. La vue au sommet apporte une entière satisfaction. Vous croiserez de nombreux grimpeurs et la randonnée peut se poursuivre vers deux autres sommets. La randonnée Sea to Summit est l’option sportive pour se rendre au même sommet que la télécabine : un aller simple abrupt de 9 km qui transporte les plus aguerris dans une forêt hypnotisante au son des chutes Shannon. Une option moins difficile est celle de la Four Lakes Trail, dans le parc provincial Alice Lake. Plus facile encore : la Squamish Oceanfront Trail, située au niveau de la mer.

4) Voile

Son nom le dit, Squamish est la mère des vents, c’est pourquoi elle attire tant d’adeptes du kitesurf et de la planche à voile. L’extrémité nord de la baie de Howe, à l’embouchure de la rivière Squamish, est l’endroit idéal pour la pratique des sports de voile. Une péninsule de 160 m, nommée Spit, offre un lieu de départ de choix pour les kitesurfeurs et planchistes qui volent par douzaines sous leurs cerfs-volants lors des belles journées, la montagne Chief en arrière-plan. Soyez prévenu : la combinaison de néoprène est essentielle pour survivre à une chute dans l’eau glaciale!

5) Rafting et kayak

Avec des rapides de classe 4, les cours d’eau entourant Squamish réjouissent les amateurs d’eau vive, que ce soit à bord d’un bateau de rafting ou d’un kayak. Non seulement les rivières sont riches en défis, mais les paysages qui les bordent sont d’une beauté immense. Chutes, glaciers, volcans endormis… Vous risquez même de voir des aigles, des saumons et des ours, selon le moment de l’année. Plusieurs options de descentes sont offertes. Ainsi vous pouvez opter pour une balade paisible ou encore pour une descente sur la plus puissante rivière de la Colombie-Britannique. 

*

PLANIFIER SON SÉJOUR

Squamish est un peu victime de sa popularité spontanée et les infrastructures touristiques suffisent difficilement à la demande en haute saison. Ainsi, pour dormir en ville, mieux vaut planifier son séjour, les options d’hébergement étant limitées. Pour les stationnements à proximité des montagnes, des sentiers, des lacs, à la télécabine ou aux chutes Shannon, il faut arriver tôt ou compter sur sa bonne étoile pour qu’une place se libère, surtout un samedi.

La bonne nouvelle est que la majorité des stationnements sont gratuits et que les options d’activités sont nombreuses pour trouver un plan B dans les environs. Des visites organisées en partance de Vancouver ou Whistler permettent aussi de découvrir la région.

Où se trouve Squamish?

› À mi-chemin entre Vancouver et Whistler, le long de l’autoroute 99

› De l’aéroport international de Vancouver : 78 km (1h15 minutes)

› Du centre-ville de Vancouver : 68 km (1h)

› De Whistler : 59 km (40 minutes)