Sexualité adaptée

CHRONIQUE / Ils sont différents, indéniablement. Asexués pour autant? Pas nécessairement.

Parlons de ces gens qui présentent une déficience intellectuelle, un trouble cognitif, une pathologie dégénérative, un traumatisme crânien ou encore un handicap physique quelconque. Bien qu’un droit acquis, leur sexualité étonne, crée des malaises, indispose ou dérange trop souvent, comme s’il s’agissait d’une impossibilité. Pourtant! Comme pour monsieur et madame Tout-le-monde, ces gens sont aussi à l’affût de leurs désirs, et de leurs besoins physiques et émotionnels. Une réalité tolérée? Pas toujours d’emblée.

Droit
Entre vous, lui, l’autre ou moi, il n’y a pas de différence. L’Organisation mondiale de la santé et la Charte canadienne des droits et libertés s’unissent pour spécifier que la sexualité de tous et toutes est un droit nécessitant dignité et respect, tout en impliquant des relations sexuelles à la fois saines et sécuritaires.

Exit la discrimination fondée à l’égard d’une divergence! Ce qui est bon pour minou se doit de l’être aussi pour pitou, qu’on se le dise. Oui, Pierre, Jean ou Jacques, en solo ou avec un tiers, peut certainement s’adonner à une vie sexuelle active.

Relativité
Tout être dit sexué possède sa propre définition d’une relation sexuelle, mais aussi l’adapte à sa situation, et possiblement à son handicap. Toujours en mode évolutive, la sphère de la santé globale dont la sexualité fait partie peut se voir variable et adaptative en fonction du temps, de l’âge, du partenaire, de l’environnement, du milieu de vie et de l’entourage, entre autres. L’important reste de maintenir la volonté de la ou des personnes concernées.

Vulnérabilité
Impossible de passer sous silence la vulnérabilité des personnes à l’étude. L’inquiétude des parents, des proches et des aidants naturels est louable. Il est bien d’anticiper les risques de violence sexuelle dont pourraient être victimes certaines personnes, sans même parfois le savoir.

Les étrangers ne semblent pas les plus à craindre. Nombreuses sont celles confrontées aux violences sexuelles de toutes sortes commises par le ou la partenaire, un membre de la famille ou l’entourage, voire même du personnel soignant ou éduquant.

Nécessitant plus de soins ou d’encadrements divers, susceptibles d’isolement, de pauvreté et de misère sociale, elles peuvent sembler une cible facile pour les malintentionnés. La supervision d’une personne de confiance reste souvent de mise, notamment pour le contrôle des naissances et de la prévention des infections transmissibles sexuellement et par le sang, par exemple.

Malaise
Sur les étages des hôpitaux, dans la salle d’attente des urgences, en centres de désintoxication, en CHSLD ou aux cliniques externes, après plus de 15 années de pratique, des patients qui s’adonnent aux plaisirs sexuels, j’en ai vus! Certaines personnes handicapées mentalement peuvent parfois s’adonner aux plaisirs de la chair dans des lieux ou des environnements atypiques. Ils ne sont pas les seuls, toutefois, croyez-moi!

Il reste que dans ce cas-ci, le malaise est fréquent. « Quoi faire avec ce tandem qui se touche sans discrétion? », me demande-t-on.

La supervision reste évidemment de mise afin d’assurer le consentement de chacun, les conditions sécuritaires en termes de santé, de respect, d’intégrité physique, d’absence de coercition et d’égalité. La désignation d’un milieu adéquat, exempt de mille et un témoins, entre également dans ce mandat. Pour le reste, il va de soi que l’accès à la sexualité reste permis.

Pour l’entourage, la communication et la sensibilisation sont importantes. Un discours adapté s’avère essentiel. Une relation de confiance permettra, aussi, et dans la mesure du possible, un minimum de responsabilisation.

Après quoi, éloignez-vous tout en gardant un oeil!