Rompre avec classe

CHRONIQUE / F-I-FI, N-I-NI, F-I-N-I ! Votre relation amoureuse est terminée. C’est aussi limpide que de l’eau de roche ; il n’y a rien à ajouter. C’est aujourd’hui que doit s’achever non pas ce paragraphe de votre vie, mais plutôt ce livre tout entier. Vous devez vous pousser. Juste en venir à cette certitude, c’est une quête en soi que vous avez surmontée. Il reste désormais à l’annoncer, ce qui est parfois tout un dossier…

Savez-vous comment laisser l’autre ? Puisque dans la rupture, il y a aussi un code civique informel à suivre. Laissez-moi donc vous venir en aide.

Sens civique

En tant que membre actif dudit couple, vous avez officiellement des obligations et des responsabilités à l’égard de votre relation conjugale.

La terminer selon les règles de l’art, soit avec un tant soit peu de respect, de savoir-vivre et de convenance, m’apparaît la moindre des choses à faire. Je ne parle pas d’une grande cérémonie de séparation, mais simplement d’une civilité minimale.

« Mon ex m’a dit : ‘‘Je te rappelle.’’ C’était il y a deux ans, il n’a jamais refait signe de vie. »

« Après neuf ans de vie commune, trois enfants, une maison, un chien et un chat, j’ai reçu le texto disant : ‘‘Je te laisse pour un autre.’’ »

« À mon retour de trois semaines de travail dans le Nord, qu’elle ne fut pas ma surprise de rentrer dans une maison à moitié vide, avec pour seule explication ce ‘‘Bye’’ écrit sur le miroir de l’entrée. »

Ces témoignages, je les ai bel et bien entendus avec toute la souffrance qui les accompagne. Au-delà de celui d’être largué, je parle de ce mal associé au manque de reconnaissance de l’autre qui, pourtant, il n’y a pas si longtemps, portait le chapeau de la douce moitié.

Face à face

Oui, c’est dans cette disposition que je recommande le pronostic final. Pour se faire, du courage personnel, il en faudra. Faire face à l’autre, c’est bien entendu recevoir en direct sa réaction, ses émotions, ses doléances, ses remontrances, ses revendications... De quoi faire peur à plus d’un.

Ceci dit, monter aux barricades amène souvent la conviction du travail absolu. Exit l’évitement ! Prendre le taureau par les cornes prouve à la fois votre capacité d’affirmation, de faire face à la musique, et surtout, votre empathie envers l’autre. Bravo !

« C’est ta faute »

« Pour se chicaner, il faut être deux ! » À ce dicton fort utile pour la mère que je suis, j’ajouterai que pour se séparer, il faut aussi être deux ! Alors, lors de la fameuse rencontre, ou même par la suite, ce n’est le moment de mettre à jour tous les blâmes ou toutes les fautes motivant le divorce. Quels que soient les motifs, la résultante reste la même ; fin de l’histoire. De ce fait, rien ne sert d’envenimer la suite.

Et après ?

Justement, parlons de cette suite. La vie étant ce qu’elle est, qui dit « dissolution du couple » ne dit pas nécessairement « fin des contacts ». Avec la famille, les enfants et les biens matériels, vous serez probablement obligés de vous côtoyer. Voulez-vous réellement enclencher la Troisième Guerre mondiale ?

Afin de ne pas rendre l’après trop pénible, appliquer le code civique de la séparation représente certainement un atout en soi.

Parce qu’il y a de ces choses qu’il faut faire, aussi bien les faire avec convenance.

Allons savoir, peut-être que le grand gagnant, ce sera vous !

Qui sait ?