Une simple éjaculation représente de 2,5 à 5 mL de sperme et contient de 50 à 150 millions de spermatozoïdes par millilitre. Un seul est suffisant pour féconder l’ovule et provoquer une grossesse.

Questions de sperme

CHRONIQUE / Madame la sexologue, m’écrivent-ils...

...Pouvez-vous me parler du sperme, de quoi est-il fait, à quoi sert-il, etc. ?

...Est-ce dangereux pour ma santé d’avaler du sperme ?

...Pourquoi mon pénis coule-t-il avant l’éjaculation ?

...Puis-je tomber enceinte en ingérant du sperme ?

Parce que ces questions, je les ai reçues souvent plus d’une fois, le dossier « sperme » s’impose forcément. Semence masculine, valorisée au temps de ma grand-mère seulement pour son potentiel reproducteur, a aujourd’hui la cote pour diverses raisons.

Détenteur de vertus orgasmiques, identitairement digne du mâle alpha, endosseur d’une possible santé centenaire lorsqu’expulsé astronomiquement, nutritif et pourquoi pas, pour les plus superstitieux, garant de force et de puissance, le sperme suscite officiellement l’attention de plus d’un. Curieux, pour en savoir plus, suivez-moi.

Composition
Comme au temps du cégep, c’est en ressortant ma bible des Principes d’anatomie et de physiologie de Tortora que j’ai sourcillé en apprenant qu’une simple éjaculation se quantifie de 2,5 à 5 mL de sperme. Une mini rikiki cuillère à thé, pour les plus généreux, de cette « préparation magistrale » composée de 50 à 150 millions/mL de spermatozoïdes. Un seul suffisant à la reproduction, facile de déduire qu’il y a du monde à la messe, comme on dit !

Pour le reste de ce liquide d’apparence laiteuse et d’odeur souvent comparable à l’eau de javel, les sécrétions de la prostate, des vésicules séminales et des glandes de Cowper sont déterminantes.

Liquide préséminal
Aussi appelé liquide pré-éjaculatoire, celui-ci se manifeste au bout du méat urinaire bien souvent en même temps que l’excitation, donnant parfois l’impression d’une fuite quelconque. Des pénis qui coulent, des bobettes mouillées… j’en entends parler !

Similaire à de l’eau, il s’avère un excellent lubrifiant pour toutes éventuelles manoeuvres sexuelles, facilitateur des mouvements du prépuce (lorsqu’il y en a), nettoyeur de l’urètre de tous débris urinaire. En bref, une flotte préparant le terrain, quoi ! Attention, parfois coupable du fameux coït interrompu, sous ses airs discrets, il peut contenir des spermatozoïdes et engendrer une grossesse. À vous la contraception.

Ingestion
Vitamines, protéines, sels minéraux, éléments du tableau périodique, sucre, antibiotique naturel, voici de quoi décrire le tableau des valeurs nutritives de cette espèce. Mauvaise pour la santé, absolument pas. Bonne au goût, c’est selon !

Son pH alcalin, neutralisant celui acide d’un possible vagin, rend sa saveur âcre et salée pouvant faire lever bien des coeurs. Idem pour sa texture tantôt liquide, tantôt gélatineuse. L’important, dans l’ingestion du sperme, consiste certainement à le faire pour la bonne raison, soit celle d’en avoir envie, voilà tout !

Danger des ITSS
Au-delà d’une grossesse non désirée, le réel danger gravitant autour du sperme se rapporte certainement aux infections transmises sexuellement. Par la bouche, le vagin ou encore l’anus, quel que soit l’orifice, tous contacts avec le sperme, mais aussi au liquide préséminal, sont à risque de contamination. De ce fait, sans condom, c’est non ! Capiche ?

Grossesse
Bien que les gamètes mâles que sont ces spermatozoïdes contenus dans le sperme s’avèrent essentiels à la fécondation, il est impossible de procréer via la fellation pour la simple et bonne raison que les bébés ne se font pas par la bouche ! Bien que l’on puisse croire que tous les chemins mènent à Rome, dans ce contexte-ci, c’est tout faux. Seule la voie vaginale permet l’accès à l’ovule, seconde entité nécessaire à la fécondation. De ce fait, le trajet emprunté par l’éjaculat se terminera assez vite à l’estomac !

Des informations sur le sperme, vous m’avez demandé, je vous ai répondu. Sur quoi reposera le prochain dossier ? À vous de me dire…