Insatisfaction sexuelle au féminin

COURRIER DU LECTEUR / Bonjour Myriam, Ça fait bientôt quatre ans que je suis en couple avec une femme. Sexuellement, lorsqu’on fait l’amour, c’est super ! Le problème, c’est qu’on peut être de très longues périodes, voire trois mois, sans le faire. Je trouve ça hyper difficile, car pour moi, la sexualité prend une place importante dans mon couple. Je ne sais pas quel est le problème et je me pose des questions à savoir si c’est normal ou pas. Ma blonde me dit que tout se fait à deux et qu’une femme, ce n’est pas comme un homme côté sexe. Elle me dit aussi que je suis trop directe dans mon approche, etc. À vrai dire, elle prend rarement les devants et si je ne fais rien, on se tourne et on dort. J’aimerais que tu m’éclaires avec tout ça ! Merci. Une dame

Très chère dame, bon samedi. D’abord, merci de me lire et encore plus de m’écrire.

Votre questionnement, même s’il concerne une relation entre deux femmes, colle à la puissance dix au couple en général. Effectivement, puisque ce cri du cœur rime avec une insatisfaction en lien avec la fréquence des relations sexuelles, tous et toutes peuvent partager vos inquiétudes. Démystifions votre réalité.

Normalisation

Faire l’amour aux trois jours ou être abstinents pendant trois mois, ce sont toutes des situations pouvant être ce que vous appelez « normales », ou pas.

Même si une multitude de sondages « boboches » à la saveur « psychopop » tentent de définir le nombre de fois où l’adulte moyen devrait forniquer pour être conforme, il n’y a pas d’absolu.

Une personnalité propre, le choix du partenaire, des besoins spécifiques, des contextes différents, des expériences de vie antérieures et j’en passe, tout ça interfère dans le renouvellement des activités sexuelles. Aucune précision n’est à implanter. Voilà peut-être une piste expliquant les raisons pour lesquelles votre blonde ne prend pas d’initiative. À chacun sa normalité !

Rester soi-même dans une relation hétéro ou homosexuelle est une nécessité plus que gagnante.

Faire l’amour à deux !

Voilà où le bât blesse dans plus d’un cas. Puisqu’une relation sexuelle implique deux individus distincts, il est envisageable, même probable, de ne pas être sur le même diapason sexuellement parlant. Le quand, le comment, le pourquoi et le où en prennent alors pour leur rhume.

Il est certain que cette personne qui démontre moins de libido émet plus de restrictions et vit davantage de contraintes sexuelles sera, par la force des choses, celle qui dicte la fréquence, le déroulement et le répertoire sexuel.

Rappelons-nous encore une fois qu’en sexualité, les compromis ne sont pas permis dans un contexte de respect de soi, de son corps et de ses besoins. « Le faire » par contrainte, par obligation ou pour contenter l’autre, ce n’est jamais une alternative gagnante, croyez-moi !

Une histoire de genre

Il est faux de croire que les femmes correspondent à une telle définition, à de telles caractéristiques ou de telles attributions côté sexe et que les hommes sont différents ! Il y a des hommes comme ça et des femmes aussi !

Ce type de stéréotypes sexuels, dignes de représentations sociales erronées, ont pour seul effet de dicter des comportements et de restreindre la liberté d’expression et d’agissements. Par la force des choses, ils créent une distance entre vous et votre chérie.

Vivre de l’insatisfaction sexuelle engendre diverses émotions difficiles à gérer. Que vous fassiez tantôt de bonnes approches, tantôt de moins bonnes, me laisse présager que vous avez possiblement besoin d’aide pour palier à cette conjoncture conjugale anguleuse. Tendez la main, la consultation est une option. Bonne continuité.