Des rêves mouillés

Éjaculation nocturne. Tel un cadeau, voici ces deux mots que l’on a déposés dans ma boîte de courriel, sans plus. Par souci d’informations sur le sujet ? Parce que vécu personnellement la nuit passée ? Peut-être pour un fils chez qui le phénomène des draps mouillés ne saurait tarder ? Allons donc savoir ! Peu importe, il n’en fallait pas plus pour m’inspirer ce sujet du jour. Les éjaculations nocturnes, toujours d’actualité passé un certain âge ?

Cela va de soi. Qui pense à celles-ci s’imagine peut être ce pubère s’offrant tout bonnement à faire la lessive en espérant, le doute à l’œil, que maman n’y voie que du feu. Ce que j’appelle ici l’innocence ! Mais, qu’en est-il d’un peu plus tard, au fil du temps, des années, des époques ? En faites-vous encore rarement, occasionnellement, souvent, tout le temps, des rêves mouillés, vous, messieurs les adultes ? 

Je parle de quoi ?

Au-delà de la tumescence pénienne nocturne, grand terme signifiant tout simplement l’érection pendant l’heure du dodo ou au petit matin, l’éjaculation de nuit est tout autre. Il s’agit en fait de l’émission de produits éjaculatoires lors du sommeil paradoxal, comme on l’appelle dans les livres. 

Survenant sans crier gare, elle ne nécessite que dalle, ni support visuel, ni masturbation, ni ‘‘flattage’’ d’autrui. Juste un bon roupillon bien profond ! Sa survenue peut autant occasionner un réveil automatique qu’une indifférence totale, amenant sa constatation, qu’une fois les coups du cadran sonnés. 

À mon âge, est-ce normal ?

Comme pour tout, il n’y a pas d’âge pour la pollution nocturne ! Quoique nettement moins fréquente au stade adulte qu’à la puberté et à l’adolescence, il y a effectivement des hommes de tous âges, victimes, ou chanceux, de ce phénomène qui, soit dit en passant, est absolument normal, voire même naturel. 

Les causes

Parce qu’il n’y a pas toujours consensus sur le pourquoi du comment, certains plus cartésiens apportent d’abord ces explications gravitant autour des réflexes occasionnés par le système nerveux sympathique sur le pénis. Plutôt complexe ! L’urologue pourra peut-être mieux l’expliquer, si vous réussissez à l’attraper…

D’autres données parlent davantage d’un surplus de sperme, d’une libido inassouvie, de tensions sexuelles accumulées, de carence masturbatoire, de stimulations vaines durant la période d’éveil, d’abstinence. Des raisons, en voulez-vous, en voilà ! Ceci dit, rien n’apparaît si officiel. Difficile de réellement savoir. 

Gênant ?

Possiblement ! Surtout lorsque l’on partage la couette. Encore pas si pire si vous êtes du type « statue de sel » une fois couché. Va tout autrement si vous arpentez le matelas de long au large tel un ver à chou. Difficile alors de passer l’événement incognito. Avez-vous pour autant fait quelque chose de grave, de mal, de déplacé, en éjaculant à 45 ans spontanément la nuit passée ? 

Aucunement. Bien que l’éjaculation nocturne puisse susciter l’anxiété chez quelques partenaires en raison de son association biaisée aux rêves érotiques, à la masturbation, aux rencontres de la journée, à la consommation de pornographie et autres, il n’y a pas lieu de crier au loup, aux problèmes sexuels, à l’adultère, au manque d’amour ! C’est comme ça, et c’est tout.

Rien ne sert de s’inquiéter sur cette réaction physique qui, je vous le précise, s’avère incontrôlable. Pourquoi ne pas l’accueillir de façon positive ? Messieurs, quel que soit votre âge, éjaculer la nuit n’est-il pas un gage de bonne santé de l’appareil génital ? De ce fait, voyez-le ainsi, et célébrez ce possible fragment de votre passé. Alléluia !