Des questions idiotes? Jamais!

CHRONIQUE / Bonjour Myriam... Est-ce que je peux tomber enceinte en faisant une fellation à un garçon ?

Ma blonde dit qu’il est risqué d’attraper une ITSS en me rendant dans des toilettes publiques ? Est-ce vrai ?

J’ai fait l’amour avec trois gars différents ces derniers mois, as-tu un truc pour que je sache de qui je suis enceinte ?

Est-ce que je peux faire pipi en même temps que j’éjacule ?

Connais-tu une crème faisant grossir les seins ?

Ceci n’est pas le fruit de mon imagination. Des questions telles que celles-ci, j’en reçois ici et là. J’ai d’abord cru bon partager cette réalité sur ma page Facebook, histoire d’illustrer l’urgence de l’éducation sexuelle en milieu scolaire. En vain. 

Cette idéologie m’a conduite droit au mur ! Effectivement, c’est un tout autre constat que j’ai eu à faire grâce à cette parution. Les jugements octroyés en guise de réponse à cette femme cherchant éclaircissements se sont tous avérés sévères, critiques, accusateurs, méprisants et surtout, aucunement informatifs. Pourquoi ?

Existe-t-il des questions idiotes en termes de sexualité ?

À mon sens à moi, bien sûr que non. « Il n’y a que de mauvaises réponses », m’a-t-on déjà expliqué. À ceci j’ajouterai : « ... mais que de mauvais professeurs. » Puisqu’à chacun son niveau d’éducation, de connaissances, de développement, mais aussi de capacités à recevoir un contenu. Il va de soi que parfois, il faut partir de plus loin, voire même du début. Est-ce par contre une raison pour juger, condamner et refuser l’enseignement ? Aucunement !

Je demande habituellement « Y a-t-il des questions ? », en fin de rencontre, conférence, plénière, alouette. Mis à part la mouche qui se manifeste, il n’y a que peu de mains qui se pointent. 

Très peu, dirais-je même, jusqu’à ce que je sorte mon cruchon de questions dites « boboches » faisant à la fois lever les yeux au ciel de tous, mais aussi ouvrir grandes les oreilles ! 

Étrangement, bien que tous connaissent soi-disant mes réponses, rares sont ceux qui n’écoutent pas et qui ne suivent pas la vague en s’octroyant le droit de nommer, enfin, ce qui les chicote. 

Maudit sexe gênant

Hé oui, vous avez bien lu. Maudit sexe gênant ! Bien qu’il soit omniprésent dans la pub, la télé, la musique, les bonnes blagues des humoristes, la mode, bref partout, il reste tabou, et l’accès à sa juste information est difficile, possiblement même impossible. 

Messieurs, auriez-vous le courage de parler de votre perte d’érection d’hier soir avec vos chums de la shop ? Mesdames, seriez-vous aptes à demander à votre belle-soeur si elle aussi a des poils aux mamelons depuis la naissance de bébé ? Imaginez alors vous retrouver avec cette patate chaude qu’est la peur d’avoir attrapé des morpions sur le bol de toilette et n’avoir personne de fiable vers qui vous tourner histoire de vous apaiser. Les réseaux sociaux peuvent alors vous sembler être une option, faute de mieux. 

Inquiétude, méfiance, vulnérabilité, manque de confiance, estime de soi perturbée... Puisque derrière une question, j’entends souvent plus qu’une simple quête d’informations, je vous invite toujours à réfléchir deux fois plutôt qu’une face à un tiers cherchant à comprendre une situation qui vous semble évidente. Votre jugement risque en effet d’en dire beaucoup plus long sur vous que sur lui... 

Pour le reste, posez donc vous aussi vos questions !