Les poux de pubis sont une réalité bien présente en 2018.

Ces petites bêtes qui nous parasitent

CHRONIQUE SEXOLOGIE / Morpion. Ce seul mot suffira peut-être à conduire votre main direction pubis, histoire de soulager une possible démangeaison psychosomatique. Du moins, à l’image de la mère que je suis, raclant son cuir chevelu de ses ongles au gel en lisant cette lettre maudite précisant la présence de poux dans la classe de mes filles, j’ose croire que oui.

Pourtant, c’est un mal nécessaire d’en discuter. Inutile de vous référer au vaisseau de Jacques Cartier, aux maisons closes de Ville-Marie ou encore aux soldats du Vietnam, les poux de pubis sont une réalité bien présente encore en 2018, le saviez-vous ? De ce fait, puisqu’un homme averti en vaut deux, ou une femme, pour les plus frileux, ce sont les mains dans vos poches que je vous invite à poursuivre votre lancée littéraire avec ce dossier sur les pédiculoses pubiennes !

Morpion, qui es-tu ?
Cette minuscule petite bête, pour ne pas dire « bibitte », se caractérise par son amour des poils. En fait, plus qu’une histoire romantique, le parasite, comme tous les autres d’ailleurs, nécessite la présence d’un hôte pour assurer sa survie à long terme.

À l’instar de ce cliché cinématographique présentant ce touriste européen monopolisant un peu trop son convive, ceux-ci se nourrissent de son sang tout en se reproduisant à vitesse grand V à l’aide d’oeufs laissés ici et là, chacun à la base des poils. Charmant !

Au diable la coupe pubienne digne d’une veste de cuir, ce dernier, de par ses capacités adaptatives, ira chercher logis sur ces torses aux allures de tapis, les aisselles, les jambes, dans la barbe, et pourquoi pas sur les cils et sourcils.

Signes et symptômes
Parce que ces gens, en étant contaminés, se grattent comme s’ils en étaient à leurs derniers jours, vous comprendrez que le prurit pubien reste l’indice numéro uno de toute suspicion tel que le déclare Santé Canada. Pour le reste, de bons yeux ou un faramineux double foyer pourront faire le reste !

Cette même source indique aussi la présence de rougeurs, irritations, oedème, mais aussi de petits points bleus, appelés dans le jargon pétéchies, aux endroits où il y a eu piqûres du dit morpion.

Un grappillage ô combien intensif peut aussi forcément mener aux infections cutanées bactériennes secondaires. Finalement, pour les plus infestés, les malaises, voire épisodes de fièvre légère, peuvent être envisageables.

Transmission
Sans discrimination, le phtirius pubis, de son nom savant, choisit son heureux élu quelles que soient ses marques. Javellisé ou à l’hygiène douteuse, Crésus ou Job, grandiose ou moche à souhait, fidèle ou courailleux… il n’est pas regardant sur SA propriété !

De ce fait, les contacts peau à peau sont officiellement le meilleur moyen de transmission. Bien que beaucoup moins longtemps viable que le pou de tête, par exemple, le morpion peut survivre en moyenne 24 heures ailleurs que chez son hôte. Ainsi, les vecteurs passifs tels que les vêtements, draps, serviettes, tapis, divans peuvent assurer sa vitalité. Qu’on le sache !

Traitement
Bien qu’il soit possible de retrouver en vente libre des shampoings médicamenteux, des crèmes et des lotions, et que le pharmacien s’avère un allié de choix, je recommande toujours la consultation médicale avec examen physique, et ce, encore plus si vous êtes enceinte ou si vous allaitez.

Loin d’être une simple affaire, ne se débarrasse pas des morpions qui le veut. Avant de crier « ciseau », soyez conscients que l’assiduité du traitement, mais aussi le grand ménage des objets personnels et de la maison, se voient plus que nécessaires.

Aussi, afin d’éviter toute contamination, le partage de « la bonne nouvelle » se doit d’être fait auprès de chacun des partenaires sexuels, mais également des membres de votre famille partageant votre logis et de ces personnes avec qui vous avez des contacts étroits.

Des morpions, voilà ce que je ne vous souhaite pas ! Bonne semaine.