Sexologie

La normalité sexuelle, c'est quoi?

CHRONIQUE / « Myriam, Myriam… Dis-moi si je suis normal »

En quête de normalité sexuellement parlant, l’êtes-vous ? 

Assez, trop, comme ci, comme ça, peu, abusivement ou encore raisonnablement, louables que ces interrogations à savoir s’il y a normalité, ou pas, en terme d’habitudes sexuelles. D’où, d’ailleurs la raison pour laquelle je me dois de revenir pour une seconde fois sur ce sujet. L’humain étant ce qu’il est, cette volonté de se rassurer en étant, ou en se conformant, à cette moyenne dite normative témoigne de ce besoin probable de sécurité, de confirmation, voire de confiance. Histoire d’apaiser ces inquiétudes trop souvent nommées en consultation, je vous propose MA vision de cette maudite normalité ! 

C’est quoi ça ?

Oui, dites-le-moi ! C’est quoi ça, être normal ? Et tant qu’à y être, expliquez-moi donc qui a établi ces règles, normes, prescriptions définissant, supposément, la conformité de cet état apparemment normal. Oui, si vous le connaissez, présentez-le-moi afin que je lui remette les pendules à l’heure de mon horloge sexuelle !

Qu’on se le dise, la sexualité ne comporte aucun assujettissement précis si elle est appliquée au sens de la loi empêchant ainsi la victimisation de pauvres gens. À vous alors d’établir votre propre charte.

Belle ou pas

Fesses à la peau d’orange, poils aux mamelons, prépuce trop long, petites lèvres prédominantes, pubis gras, tablier au ventre, seins galettes, toujours loin des standards que votre apparence physique ? Fréquentes sont ces confidences m’expliquant une retenue certaine dans les pratiques sexuelles expliquée par des complexes physiques de l’anatomie la plus intime. 

Absence de nudité, sexe dans le noir, stratégie des plus complexes pour cacher cet aspect qu’il ne faut voir, tous des moyens pour remédier à « l’anormalité physique ». Et si ce modèle comparatif constamment suggéré l’était lui aussi non singulier de par son irréalisme ? Aimez-vous !

Fréquence

« Me semble qu’un couple normal devrait faire l’amour deux à trois fois par semaine ? »

La santé sexuelle d’un couple ne se définit pas le nombre de crochets faits au calendrier le soir des grandes veillées, mais plutôt par le plaisir qui en découle, l’agrément de ses rapprochements et le niveau de satisfaction physique et émotionnelle des deux partenaires. Exit, comptabilité ! La relation sexuelle est bien plus qu’une question de fréquence. À vous de miser sur la qualité plutôt que la quantité. 

Pratique

« On fait toujours les mêmes affaires ! »

Possible que vous soyez du type plus casanier qu’aventurier, mais après ! ? Je vois de ces couples voulant chambouler leurs accoutumances par obligation d’essayer la pratique du moment. Avoir recours à la sodomie, aux pratiques sadomasochistes, à l’échangisme ou autres quand l’envie n’y est pas n’a rien de banal. En fait, cette pression s’avère souvent lourde de sens, mais aussi de conséquences. Changer une solution gagnante, pas nécessairement une bonne idée. 

Fantasmes

En avoir, acceptable ou pas ? La culpabilité d’avoir des idées «olé olé» m’est souvent répertoriée. Davantage si elles reposent en plus sur une personne autre que chéri d’amour ou qu’elles surviennent au moment de l’acte ! Non, le fantasme n’est pas une cause d’adultère. Au contraire, je le compare même à cette roue de secours suppléant à cette baisse d’excitation pouvant entraîner diverses difficultés. Après tout, ce qui se passe dans votre tête reste dans votre tête, non ? La personne sans imagination n’a pas d’ailes… dit-on. 

Pour vous, qui vous souciez peut-être d’être comme tout le monde et parce qu’il me reste encore trop de points à normaliser, je vous donne rendez-vous le week-end prochain pour la suite de ce dossier. Au plaisir. 

Sexologie

Explorez vos cinq sens

CHRONIQUE / Envie d’autres choses ? Aujourd’hui, loin de moi la prétention de réinventer la roue. J’ai bien envie de faire vivre votre sexualité autrement.

Puisque le Bon Dieu vous a muni de plus que d’organes génitaux féminins ou masculins, revenons à l’essentiel en faisant l’amour, tout simplement. Au-delà du combiné pénis/vagin/clitoris, et s’il était possible de vivre ces plaisirs charnels avec les yeux, les oreilles, le nez, la bouche et les mains ? 

Ces fameux cinq sens, une notion allant bien plus loin que les bricolages du préscolaire. Voyons-y. 

La vue

Qu’y a-t-il de plus beau que le corps d’un homme ou encore d’une femme, selon vos préférences ? D’autant plus vrai lorsqu’il s’agit de cette personne que l’on aime ou pour qui, minimalement, l’attirance physique est indéniable. 

Et que dire de ses œillades lancées à l’autre en guise de renforcement, encouragement, soutien. 

Une communication en soit que ces yeux doux !

À quand remonte votre dernière contemplation ? Je parle de cette fois où vous avez pris le temps d’observer l’autre sous toutes ses coutures ? Remarquer chacun des détails de son biotope ? Observer l’ensemble de ses réactions, réponses, secousses ? Un beau bonheur que cette admiration que peu prend encore en considération.

L’ouïe

Je vous épargnerai ces onomatopées que peuvent inspirer les bruits sensuels, voire sexuels. Un bon aiguillage du niveau d’appréciation que ces respires entendus, essoufflements, halètements, gémissements et sans parler de tous clapotis émis par le corps lui-même. Une chanson douce à l’oreille indiquant certainement le diapason de la relation. À vous de tendre l’oreille !

L’odorat

Connaissez-vous l’odeur corporelle de votre partenaire ? Pas celui post bain moussant, savonnage et crémage. Je parle de SA vraie odeur. Celle dégagée par son corps, ses pores de peau, ses fluides. Ce réel parfum, que je vous invite à redécouvrir, joue sur votre mémoire sexuelle en plus d’être source d’« émoustillement » pour plus d’un. 

À l’instar de l’animal, sans tous suppléments olfactifs causés par une hygiène disproportionnée, peut-être, monsieur, êtes-vous aptes à reconnaître les besoins de madame ! Une histoire de phéromones, dit-on. À condition de ne pas avoir le nez bouché ! 

Le goût

La langue et ses milliers de papilles gustatives sont capables de beaucoup plus que de distinguer les goûts amers, sucrés, salés et acides. En fait, elles reconnaissent les saveurs de votre chéri (e) et ce, sur chacune des zones de son corps. Du petit bec dans le cou, en passant par le french en bonne et due forme, du léchage tel le suçon à liqueur ou encore à l’amour oral des organes génitaux, nombreuses sont les occasions de se délecter du fumet unique de cette personne partageant la couette. 

Le toucher

Trop souvent seule vedette de l’investigation des cinq sens, les mains ont la cote pour parcourir les courbes et la génitalité d’autrui. Plus qu’un outil indispensable à la relation sexuelle proprement dite, pourquoi ne pas les considérer comme complices de plaisirs et de découvertes nouvelles ? Puisque membres actives de caresse, câlinerie, bonté et tendresse, elles sont de connivences certaines avec d’autres parties du corps capables, elles aussi du toucher. 

Beaucoup plus qu’une question de préliminaires, l’application des cinq sens au lit peut être également garant de plaisirs charnels menant aussi loin que l’épanouissement orgasmique. À vous d’en faire de complices dignes de mention !

Sexologie

Flirter un peu, beaucoup, passionnément

CHRONIQUE SEXO / Cette espèce de courtisanerie sans but précis, sans sentiment tout à fait défini, sans arrière-pensée, ça vous dit quelque chose ? Ce mode de séduction avec l’étranger, commis de dépanneur, comptable, nouveau collègue, massothérapeute, bref n’importe qui permettant cette décharge d’adrénaline juste bonne au goût, y êtes-vous abonnée ? Le charme, y êtes-vous habituée ? Et la reconnaissance de ces tiers confirmant que vous pourriez encore être sur le marché, y êtes-vous accrochée ?

Qu’on se le dise, si vous avez répondu oui à l’une de ces questions, possiblement qu’adepte du flirt, vous l’êtes ! 

Célibataire ? Pourquoi ne pas s’y adonner ? 

En couple ? En voilà une autre paire de manches pouvant compromettre les valeurs nobles de ce dernier voulant plus souvent qu’autrement unicité l’un envers l’autre. Un jeu dangereux que cette histoire de flirter un peu, beaucoup, passionnément, à la folie. Voyons-y ! 

C’est un début

« Une question de feeling » ai-je envie de répondre à cette question cherchant à savoir quand et comment commence le flirt proprement dit. Au-delà d’un regard aguicheur, d’une révélation flatteuse ou encore d’une complicité amusante, je parlerais de ce petit plus. Oui, de cette chimie faisant en sorte qu’il s’agisse plus que de bonnes intentions, de politesses ou encore de camaraderies. L’autre, de par sa simple présence, vous fait de l’effet autant dans la tête, dans le cœur, que dans la petite culotte… si vous voyez ce que je veux dire.

Attention

« Simple badinage », penserez-vous peut-être d’abord. Ce vers quoi je vous mettrai déjà en garde. Ne serait-ce que contre cette légèreté qui vous habite. Cette sensation d’être vivant, attrayant, séduisant minimalement peut devenir pernicieuse. 

Effectivement, un renforcement positif pour vous qui êtes peut être victime de « routinite » amoureuse comme le prétend Raphaëlle Giordano, l’auteur de ce roman juchant ma table de chevet. Vous voilà officiellement en eaux troubles, je vous l’assure. Regagnez la plage avant le tourment. 

Perte de contrôle

En contrôle, le devenez-vous moins ? À l’image du feu de paille, toujours facile de garder main mise sur ce qui, disons-le, ne semble rien de trop grave initialement. Après tout, cette renaissance retrouvée dans l’attention de cette tierce personne n’est peut-être que le fruit de votre imagination, allons donc savoir. Méfiez-vous de la banalisation ! 

Autre niveau de brasier quand l’échange d’interactions positives devient mutuel. Pas juste vous qui ressentez de l’effet, l’autre aussi ! Vous voilà maintenant artisan des épisodes de flirtage ! Besoin urgent de lait, problème de T4, réunion précipitée, tour de reins réfractaire, telle une nécessité, vous ne savez plus quoi inventer pour recevoir cette attention qui vous fait du bien… tellement de bien. 

Tel un avertisseur de fumée, le temps où je crie : « DANGER-DANGER-DANGER », est plus qu’arrivé. Oui, il est encore temps de prendre vos cliques, vos claques, vos jambes à votre coup et de déguerpir avant qu’il ne soit trop tard et que le jeu devienne sérieux. 

Vous y êtes encore ? 

Trop tard comme quand vous voulez davantage et surtout ressentez davantage. Comme une drogue, un produit addictif, un « high » inassouvi, le troisième niveau devient ensuite inévitable. Ce qui était initialement qu’un simple flirtage se dirige indéniablement vers un rapprochement, voire un adultère. Pire encore, vers cet élan d’émotions pour quelqu’un d’autre que votre partenaire. En êtes-vous là ? 

Le flirt, un jeu brûlant, mais avant tout, certainement pas si anodin. À vous de faire de votre quotidien, de votre couple, de votre vie à deux, votre terrain récréatif. Les règles changent parfois si vite…

Sexologie

Le doigt à la bouche

Madame, votre ou vos hommes ne sont pas le ou les seuls à apprécier cette introduction du possible index dans l’âtre du bec d’autrui. Explorons donc cette tendance du doigt dans la bouche.

Érotisme de la bouche

Ce n’est pas étonnant que plusieurs individus recherchent le plaisir au-delà des fameuses zones normalement associées au monde sexuel. L’excitation peut certainement venir d’ailleurs, à commencer par la bouche qui, soit dit en passant, ne sert pas uniquement à se nourrir, à chanter ou à siffler!

La bouche a de grandes capacités érogènes. Munie de terminaisons nerveuses en quantité plus qu’industrielle, elle trouvera son compte, par ses lèvres, sa langue, mais aussi ses papilles gustatives. Elle saura stimuler par les mordillements, les lèchements ou les mâchonnements, du doigt ou d’autre chose.

Suggestion pornographique

Avec ou sans imagination à tout casser, le doigt peut faire penser à une forme plus longue que large pas si loin de l’apparence pénienne. Une prémisse à la fellation que cette similitude aux allures phalliques? Un bonheur pour les yeux? Une anticipation vers un futur rapproché? Peut-être!

Peu importe, un peu comme le laissent présager ces films pornographiques qui montrent plus que régulièrement des actrices frôlées la mort par orgasme à force d’acharnement phalangien, il n’est pas étonnant que quelques-uns aient pu croire qu’il s’agissait de la pratique du siècle. Pourtant…

Soumission/domination

Dans le principe soumission/domination, je vois aussi une explication. La pratique d’insérer un objet dans la bouche de l’autre, y compris un doigt, par sujétion et autorité, est monnaie courante dans la sphère du sadomasochisme, que ce soit pour contraindre, faire taire ou restreindre la communication. Voilà toutes des explications à la pénétration buccale. Un jeu qui vous plaît? 

Tous unis vers cette préférence?

Doigt dans la bouche, doigt dans la bouche… Crions-nous ici à une généralité? Absolument pas. En fait, croire qu’il s’agit d’une habitude rejoignant l’ensemble de la gent masculine serait une erreur. Comme dans tout, il y en a pour tous les goûts. Je pousserai même l’explication en vous confirmant qu’il y a aussi des femmes qui aiment et d’autres qui détestent cette technique. C’est selon! 

Préparation minimale

Grande est la surprise, et pourquoi pas le malaise, quand, pour la première fois, l’emboîtement du doigt se fait sentir. Imaginez-en plus lorsqu’il y a eu caresses génitales. De quoi en laisser plus d’un penaud et attirer les morsures dans tous les sens du terme, non? 

Rien n’est aussi efficace que la communication. La préparation de cette pratique digitale commence elle aussi par là. Demander, en voici une bonne idée éloignant sursaut, brusquerie, malentendu, inconfort, et surtout, bouleversement de la relation sexuelle. 

La bouche est également un orifice nécessitant à la fois respect et invitation. 

À vous de traiter la vôtre et celle de votre chéri comme elles se doivent. 

Bonne continuité, Madame! 

Sexologie

Parlons sécheresse vaginale

Mesdames, la possibilité de souffrir de sécheresse vaginale est plus qu’envisageable pour vous, sachez-le. Un vagin sec, assoiffé, tari de lubrifiant naturel en est certainement un perturbant la séquence sexuelle du moins, sa montée chez plus d’une. Est-ce votre cas? Êtes-vous l’une de ces femmes «qui ne mouillent pas», comme plusieurs me l’expriment dans mon bureau? Si tel est votre cas, lisez-moi.

Lubrification, qui es-tu? 

Phénomène naturel qu’est celui de la lubrification. Comprenez-moi bien, la plupart des corps humains de genre féminin est équipé pour créer plus que cette humidité déjà présente au sein de la muqueuse vaginale et de son entourage. 

Lors de cette première phase de la réponse sexuelle appelée « excitation », les glandes de Bartholin, voisines de la vulve, se mettent au boulot afin de sécréter cette substance nommée cyprine. Liquide et aussi claire que de l’eau de roche, cette dernière enveloppe les organes génitaux histoire de favoriser la venue d’un tiers sans pour autant causer d’irritation, frottement, douleur, alouette. « Un genre de Jig-A-Loo, quoi!» dirais-je, à la blague. 

Pourquoi pas chez moi?

Faute de poursuivre ce cours de biologie-101 en énumérant ces facteurs redondants perturbant la lubrification féminine, que ce soit la ménopause, la grossesse, le tabagisme, la prise de médication ou de je ne sais trop quoi sur lesquels j’interviendrai. 

Non. Il s’agit justement de cette prémisse quasi obligatoire qu’est l’excitation sexuelle dont je parle aujourd’hui comme principale cause. De ce fait, je me dois de vous le demander encore à vous, mesdames, s’il est possible que vous passiez au second niveau côté sexe, et ce, avant même d’être excitées et, indéniablement, lubrifiées? 

Gare à la précipitation

Parce que la vie va vite, pas surprenant que la sexualité, aussi, aille vite! Rythme que plusieurs tiennent, souvent plus par habitude que par nécessité bouleversant officiellement le tempo de la relation sexuelle, telle que vous la définissez. 

Bien sûr qu’il y a de ces fois où l’émoi, l’ébullition, l’effervescence peuvent être rapides. Images, odeurs, souvenirs, pensées fantasmatiques, propos coquins, voilà de quoi réveiller les glandes de quelques-unes en un clin d’œil. 

Mais parfois, souvent et pourquoi pas même tout le temps, c’est de plus dont il est nécessaire. Parce que l’appétit vient en mangeant, c’est davantage d’efforts dont il faut faire preuve pour fournir cette montée préalable à la suite des évènements. « Il n’y a pas de feu sans étincelle », dit-on. 

Puisqu’à chaque chose en son temps, inutile de prétendre pouvoir accueillir qui que ce soit, doigts, langue, joujou ou pénis, sans ce prérequis qu’est l’excitation sexuelle. L’absence de lubrification vous rappellera qu’il n’y a ni presse ni obligation à avoir, mais bien juste du plaisir… Après tout, l’hôtesse, c’est vous! Nommez le bon moment. 

Et si je n’étais pas excitée?

Après l’éradication de toute hypothèse physique expliquant votre sécheresse vaginale, il y a effectivement lieu d’aller voir ailleurs. La possibilité que cette aridité se définisse comme étant un symptôme du trouble de l’excitation, d’une baisse de libido ou encore d’une autre problématique à caractère sexologique est envisageable. Seriez-vous dues pour une consultation? À vous d’y voir. Sinon, restent toujours les lubrifiants! 

Chroniques

L'éducation sexuelle, un beau défi!

SEXOLOGIE / Être éducateur sexuel pour son enfant, ce n’est pas si facile que ça. Bien qu’il s’agisse d’un mandat faisant officiellement partie des rôles parentaux, vous n’êtes pas la seule à vous questionner. Quand, comment, par quel moyen, de quelle façon, explique-t-on à son bébé d’amour comment se font les enfants ? Un défi en soi !

COURRIER D'UNE LECTRICE

Bonjour Mme Bouchard, 

J’ai une petite question et je me tourne vers vous. Vous pouvez sûrement m’éclairer. 

Ma fille a 9 ans. Très allumée et mature, elle connaît une foule de choses et a beaucoup d’amies. On a une belle relation, et la communication est facile. 

Par contre, elle ne m’a pas encore demandé comment se font les bébés. Personnellement, je ne veux rien brusquer. Je me dis qu’elle le demandera lorsqu’elle sera prête, mais mon inquiétude, c’est qu’elle fasse rire d’elle à l’école. Devrais-je m’en inquiéter ? 

Devrais-je laisser des livres Ma sexualité sur son bureau ? Ouvrir une discussion ?

Merci beaucoup et bonne journée !

Sexologie

L’insidieuse violence sexuelle

CHRONIQUE / Nombreux sont ceux qui sursautent lorsque, pour le besoin de la cause, je me permets d’enligner ces trois termes : « violence conjugale sexuelle ». Ces mots ont l’effet d’un verre d’eau glacée. Dans mon bureau, mes interlocuteurs deviennent soudainement stoïques, incertains, voire confus, lorsque je lève ce drapeau laissant supposer pareille situation chez eux. Réaction que j’explique possiblement par un manque d’informations à l’égard de ce phénomène qu’est la violence à caractère sexuel au sein du couple. Et s’ils ne savaient tout simplement pas en être victimes? Possible...

De quoi est-il question?

Qui dit violence sexuelle prend souvent références aux images que bien des médias proposent : une agression sexuelle commise sauvagement par cet étranger forcené dans l’autogare, les mains baladeuses du patron insidieux, un examen diagnostic un peu trop poussé du médecin traitant ou encore un viol collectif par des bums des rues de Montréal. Pourtant...

Au-delà de ces crimes, des soi-disant partenaires agresseurs, ça existe. Le saviez-vous? Sauriez-vous reconnaître ces sévices s’ils se passaient chez vous, contre vous? 

Ça ressemble à quoi?

« Putain », « salope », « bon à rien ni même à bander », « agace », « anormal »: ces jurons, les a-t-on déjà formulés à votre égard? Peut-être la fois où votre mari jaloux vous soupçonnait de « zieuter » le voisin alors que vous regardiez à peine son gazon? Peut-être aussi lorsque vous aviez perdu votre érection pour un oui ou un non? Peut-être ce soir où vous avez refusé des avances pour cause de fatigue, tout simplement? Finalement, peut-être à l’instant où l’on vous a accusé d’être un extraterrestre devant un refus d’obtempérer pour telle ou telle pratique? En voilà de la violence sexuelle...

Cet être cher qui porte des remarques négatives sur votre corps, c’est également une façon de perpétuer ce type de violence. Poids, poitrine, fesses, grosseur pénienne, abdomen proéminent, traits faciaux... alouette! Toutes des caractéristiques physiques sont trop souvent injuriées ou encore comparées défavorablement à un tiers supposément mieux « foutu » corporellement parlant. Que de violence sexuelle !

Mesdames, quelqu’un vous a déjà obligées, contraintes ou fortement recommandées de porter des dessous vous rendant inconfortables, gênées, voire embarrassées? D’utiliser de ces jouets si populaires sur le net ou les boutiques olé olé? De vous adonner à ces pratiques qui ne vous disent rien, malgré le fait qu’elles soient supposément de dernière mode? De regarder ces images pornographiques sur le Web ou ailleurs? Encore de la violence sexuelle...

Et si on y allait de bouderie, fâcherie, bourrassage. Il y a effectivement des gens qui utilisent la sexualité, l’intimité du couple et la proximité pour arriver à leurs fins. La punition ultime, quoi? 

Il y a aussi de ceux sans autocritique reportant sur l’autre l’entière responsabilité de leurs malheurs pour cause qu’ils manquent de sexe! Et la fameuse masturbation, combien en vois-je le faire sans «autorisation»? C’est aussi de la violence sexuelle...

De là à ne pas les reconnaître?

Comme pour bien des maux, rares sont les fois où la violence sexuelle au sein du couple s’installe du jour au lendemain. Elle est insidieuse, vous mène vers le bas, mine la force en vous, et souvent, vous pousse à la tolérer. Après tout, la sexualité reste un sujet intime, même tabou. 

S’en sortir est un défi en soi. La première étape est d’en prendre conscience. S’en libérer, la seconde. Pour cela, il y a de l’aide. La violence sexuelle au sein du couple, c’est NON, sachez-le. 

Sexologie

Le vibrateur n’est pas un rival

Bonjour madame. D’emblée, quel courage que cette confidence. Aucune femme sur terre ne souhaite douter du tonus de son vagin et encore moins s’en faire récriminer. Bravo. A priori, qu’en est-il de cette histoire de « vagin lousse » comme vous le dites si bien? Ce dernier, cet organe menant l’orifice vaginal au col utérin, est constitué principalement de muscles ayant une capacité remarquable de s’agrandir pour ensuite revenir à ses valeurs initiales. À ce titre, rappelez-vous du passage de la tête de votre petit dernier… Une image vaut mille mots, dit-on !

De ce fait, d’une grosseur de pénis à l’autre, « monsieur vagin » se voit apte à tous les envelopper sans faire de différence entre celui de Pierre, Jean, Jacques ou encore du godemiché vedette de votre boutique coquine préférée. N’ayez crainte. 

Ceci dit, comme pour tous les membres du système musculaire, il va de soi ici de parler d’élasticité, de tonicité, de force, d’endurance. Sans voler le chapeau du physiothérapeute, je vous dirai qu’un vagin en forme, mais encore plus un plancher pelvien, sont officiellement garants d’une musculature digne de l’étau de l’établi du sous-sol. Si vous craignez le « vagin lousse », tel que nommé précédemment, à vous la mise en forme de cet endroit trop souvent négligé ! Allez hop, à vous les exercices de Kegel et compagnie. 

Son vibrateur, mon rival

Bien entendu que j’ai déjà vu de ces hommes inquiets du fait que leur douce se masturbe, mais pire encore, qu’elle ne se contente pas de ses doigts, mais plutôt d’une forme phallique capable de beaucoup. Au-delà d’une grosseur précise, je parle de vibrations, de rotations, de textures, de capacités clitoridiennes et vaginales. De quoi douter de sa propre expertise chez certains. 

Louables que tous ces soucis ? Bien sûr. De là à les projeter sur une conjointe qui, je vous le rappelle, ne fait que se masturber ? Jamais de la vie ! Une crainte, quelle qu’elle soit, nécessite d’être nommée, expliquée, désamorcée de façon à être apprivoisée. Un couple capable de communication sera en mesure de discuter de l’enjeu du vibrateur sans escalade, réprimande, accusation, actes de jalousie et contrôle. L’exemple de crier à l’élargissement vaginal sous prétexte d’un non-vouloir masturbateur m’apparaît une cause à effet « boboche » témoignant d’une souffrance possible.

Mon corps, c’est mon corps !

Permettez-moi cette confidence. Me voilà toujours estomaquée à l’idée qu’un ou une partenaire soit outrée par la masturbation de l’autre. Ma raison s’explique par cette question, en quoi est-ce de ses oignons ? Ces gestes commis par soi et pour soi se rapportent à sa propre intimité, chasse gardée de l’individu. 

Comment se fait-il alors que chéri(e) soit au courant, primo, mais pire encore, sache le comment, le quand et le pourquoi ! Que vous soyez adeptes ou non de la branlette, libres à vous de le garder pour vous ! À chacun son jardin secret.

Un beau bonheur que de répondre à vos questions sous le couvert de l’anonymat. Ce qui vous chicote en chicote toujours un autre, n’ayez crainte de me questionner. 

Sexologie

Guide de survie pour les collègues amis de coeur

Semaine après semaine, jour après jour, heure après heure, ces deux-là se côtoient tout le temps ! Je parle, bien entendu, de ces amoureux qui travaillent ensemble, voire qui possèdent une entreprise ensemble.

Oui, qui dit location d’un nouveau bureau dit, dans mon cas à moi, nouveaux sujets à l’étude. La manne ! Sachez-le, chers collègues, à l’instar de bien des gens, vous voilà maintenant tous et toutes à l’observation. 

Ceci dit, je me suis donc inspirée d’un de ces couples qui gère conjointement une entreprise. Au-delà du domaine sentimental, voici que j’observe davantage chez lui les vertus du covoiturage, des dîners communs, des réunions d’affaires usuelles, l’art de la gestion des ressources humaines, les aléas d’une même poche financière, et bien entendu, les soucis et les ennuis. 

Est-ce une si belle affaire que de travailler ensemble ? Mis à part cette possible relation sexuelle vite faite, bien faite, dans la salle de conférence ou encore le fait de « baptiser » chacun des bureaux, j’ai cru qu’il y avait officiellement lieu de se questionner sur cette communion du métro, boulot, dodo, chez la dyade contemporaine ! 

Faire la différence

D’entrée de jeux, tourtereaux, je vous supplie de faire la différence ! La première clé du succès est assurément une dissociation entre l’être cher et le collègue. 

Si l’un ne va pas sans l’autre à votre oeil, je vous assure que vous aurez des difficultés professionnellement et conjugalement.

L’indulgence, le compromis et la bienveillance ne sont pas des qualités recherchées en affaires, contrairement à en amour. On ne gère pas une entreprise comme on gère une vie à deux !

Une collaboration professionnelle égalitaire, respectueuse et impartiale s’avère certainement à la base du guide de survie.

À qui le meilleur ?

La compétition et la domination sont deux dangers qui vous guettent. Le premier, si vous vous retrouvez sur ce même piédestal et que vous ne savez plus quoi inventer pour vous élever en termes de performance, d’efficacité, de productivité ou autres. Le second, si l’un se retrouve subalterne et se voit contraint aux exigences disproportionnées d’un patron profitant un peu trop de la situation. 

À chacun sa place, au bureau comme à la maison ! 

« Donne-moi du lousse ! »

Être trop souvent en présence de l’autre nuit à l’indépendance nécessaire au couple composé, je vous le rappelle, de deux entités propres ayant chacune besoin de solitude et d’autonomie. S’ennuyer de l’autre et ressentir l’envie de l’informer des événements qui ont marqué sa journée sont des sentiments qui doivent éclipser l’étouffement.

C’est important de vous en garder pour la sphère personnelle !

Ça va mal

Quand ça va mal, ça va doublement mal ! Peu importe le déboire, impossible de compter sur l’autre comme remontant, qui se voit forcément affecté, lui aussi, par cette tracasserie. 

Les problèmes se poursuivront peut-être même jusqu’à la maison, ne serait-ce que les préoccupations mentales. 

Il est nécessaire d’être en mesure de laisser les angoisses sur le paillasson. Un beau défi ! 

Bref, travailler ensemble, pourquoi pas ? À condition, bien entendu, d’établir des règles précises, qui nécessiteront des mises à jour fréquentes, à l’occasion d’une réunion de couple... plutôt qu’une réunion du bureau !

Sexologie

Source de déplaisir

Allô Myriam, Je ne pensais jamais dire ça, mais je fréquente un nouvel homme, et son pénis est trop gros! Quand nous faisons l’amour, je ressens plus de douleur que de plaisir. Plus nous essayons, plus il y a de stress, et plus ça fait mal...

C’est un peu la même douleur que lors de mes premières relations sexuelles. Aussi, dans certaines positions, son pénis entre trop profondément, et j’ai mal. Mais le plus problématique, c’est vraiment le frottement à l’entrée. Je t’en prie, j’ai besoin d’aide! As-tu des trucs?

Bonjour à vous, chère dame, 

Quelle confidence que cette douleur vaginale lors de la pénétration ! Merci pour la confiance. Pour connaître un tant soit peu votre pedigree sexologique, de par quelques questionnements antérieurs, je comprends que ce phénomène est une première pour vous. Jamais, auparavant, vous n’aviez connu ce type d’inconfort avec d’autres partenaires masculins. 

Bien que visuellement indéniable, avant de crier à l’hypothèse du «Trop gros pénis, source de déplaisir», je ferai cette parenthèse afin d’éradiquer toute pathologie. Les douleurs gynécologiques, comme discuté dans une autre chronique, peuvent être à l’origine de votre situation. Vestibulite, dyspareunie, voire même un début de vaginisme. Rien n’est impossible. À cet égard, je vous recommande donc, à vous et à toutes celles dans un bateau similaire, une visite médicale histoire d’avoir un examen physique complet et de ne pas échapper le diagnostic à la base d’un bon traitement. 

Ceci dit, passons au second dossier! Un pénis suffisamment gros pour occasionner des douleurs à la pénétration, c’est rare, mais tout de même envisageable! En fait, le terme «inaccoutumé» serait de mise puisque cet organe génital masculin, une fois bien bandé, devient semblable en termes de dimension d’un monsieur à l’autre.

Alors, que faire de cet oiseau rare au membre remarquable? Permettez-moi d’abord de vous demander, si vous êtes bien prête à l’accueillir. Recevoir un géant, versus un rikiki, nécessite un minimum de préparation, pour ne pas dire un petit coup de main. 

Outre l’envie, l’excitation, le lâcher-prise, je parle ici de cette réponse physique qu’est la lubrification qui, soit dit en passant, se voit fortement incompatible avec la peur, l’angoisse, l’anxiété de performance. Madame, êtes-vous suffisamment lubrifiée? 

Question légitime puisque techniquement parlant, un bon lubrifiant pourra certainement aider à adoucir la venue de ce phallus, mais aussi les redoutables va-et-vient. 

Pour votre esprit, il faudra bien sûr vous détendre un tant soit peu! Pas si facile de ne pas anticiper la douleur, penserez-vous, peut-être par expérience. Ce à quoi je conviendrai parfaitement. Par contre, il vous faut réfuter la peur avant qu’elle ne devienne un pattern difficile à déprogrammer. Une collaboration sexologique peut s’avérer nécessaire. 

Parlons pénétration. « Wô les moteurs!» Bien sûr que la lenteur est de mise. Les muscles vaginaux présents à l’entrée du vagin ne sont pas nécessairement toujours friands des «grandes arrivées»! Pourquoi, alors, ne pas les préparer, pour ne pas dire les dilater, de par des touchers d’abord digitaux. Caresses, insertions d’un ou deux doigts, d’un vibrateur, pourquoi pas, et ensuite, dudit pénis. En voilà des préalables prenant des airs de préliminaires.

Et les positions dans tout ça? Comme tout le monde vit de bonheur, mais aussi, ici et là, de contraintes sexuelles, la vôtre consiste à être restreinte de certaines positions plus invasives. Celles où vous êtes prise par l’arrière ou encore grimpée sur votre chéri risquent d’être source de souffrance.

Pour conclure, étant donné que la pénétration vaginale ne représente pas la finalité suprême, gardez en tête qu’une relation sexuelle comporte aussi autre chose. Lorsque du déplaisir survient, à vous de rectifier le tir en changeant la séquence des choses. Rien ne sert d’insister!