Roatán, un petit paradis bordé de corail

Roatán au Honduras : à fleur d’eau

— On va passer une semaine à Roatán. — Où?

C’était systématique, chaque fois qu’on me demandait où je partais en vacances. Visiblement, la destination est peu connue, même si, depuis quelques années, des vols s’y rendent de Montréal, de Québec, même de Saguenay et Mont-Joli.

Un petit paradis bordé de corail.

L’île appartient au Honduras, elle fait à peine 83 kilomètres carrés, un peu moins que L’Isle-aux-Coudres. 

Nous avions une petite semaine en amoureux, sous le soleil, pas question de passer des heures à vironner dans les aéroports. Le vol de Sunwing (Air Transat y va aussi) a pesé dans le choix de la destination, départ prévu à 9h05, arrivée en début d’après-midi. Une heure de plus pour déglacer les ailes de l’avion.

Pour nous donner plus le goût de partir.

Les touristes, pour l’essentiel, se concentrent à l’ouest. Tout au bout de l’île, West Bay propose des hôtels plus luxueux, certains en formule tout-inclus, de belles plages de sable blond, plutôt achalandées, et une vie nocturne plus animée. West End, à quelques kilomètres de là, offre des couleurs et des saveurs plus locales, de petites auberges qu’on devine au travers des palmiers.

Nous avons posé notre baluchon à West End, à la Posada Arco Iris, dans une grande chambre avec vue sur l’océan, pour une cinquantaine de dollars par jour. Pas de luxe, mais tout ce qu’il faut. Surtout un petit bout de plage juste de l’autre côté du chemin, avec des chaises longues et des kayaks, selon que vous soyez en mode passif ou actif. 

Et la mer, comme une piscine.

Notre maison et notre plage pendant une semaine, que demander de plus?

En posant le pied à Roatán, vous comprendrez vite que le principal attrait de l’endroit se trouve dans l’eau, parfois à quelques dizaines de mètres de la plage. Cette petite île paradisiaque est une des destinations les plus prisées sur la planète pour la plongée sous-marine. On y compte plus de 250 sites.

La plupart longent la barrière de corail, la deuxième plus grande après celle de l’Australie, qui s’étend de la Riviera Maya au Mexique jusqu’à Roatán, en passant par le Belize. Les fonds sont poissonneux à souhait, les coraux relativement épargnés et les courants souvent faibles.

L’impression de nager dans un aquarium.

Une jolie tortue croisée durant l’exploration des labyrinthes de coraux.

Vous n’avez pas le profil de l’homme-grenouille? Pas grave, vous en aurez plein les yeux en apnée.

De nombreuses compagnies vous proposeront d’ailleurs de vous emmener en bateau au Blue Channel, un des endroits les plus populaires, moyennant quelques dizaines de dollars américains. Remerciez-les avec votre plus beau sourire et rendez-vous tout au bout de la plage de West Bay.

Le Blue Channel est là, à quelques brassées du rivage.

Si vous n’avez pas de masque, de palmes et de tuba, de petits kiosques en offrent sur la plage pour quelques dollars. Vous pourrez explorer les labyrinthes de coraux à votre rythme, aussi longtemps que vous le souhaitez, et regagner la plage pour boire une bonne bière froide ou un piña colada.

Nous y avons passé un après-midi splendide, mais nous étions contents de regagner la quiétude de West End à la fin de la journée. Vous pouvez aller d’une destination à l’autre en bateau taxi, la course coûte trois dollars.

Moins cher qu’un «vrai» taxi.

C’est Leslie qui nous a reconduits chez nous. Elle est la seule femme à faire la navette autour de l’île, et elle n’en est pas peu fière. Elle mène sa barque depuis de nombreuses années, espérant que d’autres suivent ses traces. «C’est important. Il faut que les femmes prennent leur place.»

Ou, comme Leslie, qu’elles la fassent.

Leslie est la seule femme à faire la navette autour de l’île, et elle n’en est pas peu fière.

Contrairement à d’autres destinations soleil, nous ne nous sommes jamais sentis comme dans une trappe à touristes. Les vendeurs itinérants qui arpentent les plages vont et viennent sans trop insister. Vous avez l’embarras du choix, lunettes soleil, bijoux. Il y a cette vieille dame, magnifique, qui vend les pâtisseries qu’elle cuisine.

Il y a aussi, le long du chemin qui suit le bord de mer, les cantines de fortune, à des lieux de nos camions restaurants, mais combien sympathiques ! Et pas cher. Juste devant le dépanneur vert et blanc, à l’ouest du rond-point, nous avons essayé le «baleada» — un genre de burrito local —, pour un dollar.

Dans un pain qui goûte un peu la crêpe, on tartine du beurre ou de la mayonnaise, puis une purée de fèves noires avec, au choix, des œufs, de l’avocat ou du poulet.

Délicieux.

Une rue colorée et animée, où il est bon de prendre le temps de déguster la nourriture locale.

Nous avons aussi mangé dans les «grands» restaurants de West End, la plupart s’avançant dans la baie, face à l’horizon. C’est le cas du Lighthouse, où nous avons mangé des langoustes et du barracuda sauce coco, pour une vingtaine de dollars. Soyez en appétit, les portions sont énormes.

Et arrivez assez tôt pour voir le soleil se coucher.

Au rez-de-chaussée de notre posada, le restaurant argentin a installé une terrasse directement sur la plage. Coucher de soleil inclus.
Toujours fascinant de voir ces petits lézards aggripés aux arbres, à l’affût d’une proie imprudente...

Si vous avez la bougeotte, allez voir du pays. Vous pouvez embaucher un chauffeur de taxi pour une demi-journée pour environ 70 $US (90$CAN) ou une excursion guidée, qui devrait vous coûter autour de 50 $ par personne. Nous avons opté pour cette formule, avons trouvé notre guide en passant par Alex, notre instructeur de plongée à Roatan Divers.

Il y a aussi des gens, le long de l’unique rue, qui proposent différentes options.

Alex nous a mis en contact avec Javier, qui nous a envoyé Rico, un gars de la place qui nous a emmenés partout sur l’île, qu’il connait comme le fond de sa poche. Il s’est arrêté sur le bord de la route pour nous faire goûter un dessert local, une soupe de caramel avec du riz et du maïs dedans. 

À moins d’être une bibitte à sucre, quelques cuillerées vous suffiront.

Rico nous a raconté son île, il nous a montré les grosses cabanes de touristes, les paysages à couper le souffle, le village de Punta Gorda, où la vie coule encore plus lentement qu’ailleurs. 

Mais aussi, les quartiers défavorisés, où des problèmes criants d’approvisionnement en électricité et en eau font partie du quotidien des habitants. Il ne faut pas oublier que, malgré la douceur du climat, Roatán n’est pas un paradis pour tous.

Rico avait confiance que le nouveau maire, élu quelques semaines plus tôt, allait tenir ses promesses d’une meilleure distribution des revenus du tourisme.

Et celle-là aussi, de réparer les nids de poule, qui peuvent facilement convenir aux autruches. Il fallait voir l’ambulance que nous suivions, avec sa sirène et ses gyrophares, louvoyer entre les trous, à 20 km/h.

L’urgence est à Roatán un concept relatif.

La seule chose qui est arrivée trop rapidement, c’est la fin des vacances, sept journées qui ont filé à la vitesse de l’éclair. Sept journées où nous avons plongé dans les coraux multicolores, où nous nous sommes prélassés sur la plage, où nous avons pris le temps de prendre le temps.

Tout simplement.  

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INFOS PRATIQUES

Langue officielle

Espagnol

Langue parlée partout

Anglais

Monnaie

Le lempira est la monnaie officielle, mais le dollar américain est accepté partout. Le taux de change est d’environ 24 lempiras pour un dollar.

Taxe de départ

49 $US (63 $CAN)

Décalage horaire

Une heure plus tôt qu’au Québec

Meilleure période pour y aller

Janvier et février

Pour plus d’info : tourismroatan.com