Le petit Danny a construit son premier bolide construit par son père, Carol Gervais.

Rallykart: d’un rêve de petit gars à la réalité

Lorsqu’il était petit, Danny Gervais était toujours « dans les pattes » de son père, Carol, qui bricolait dans le garage. C’est à neuf ans que Danny est littéralement tombé en amour avec la mécanique, alors que son père lui avait conçu un petit bolide électrique, à partir d’un moteur de fauteuil roulant. Cette passion que partagent le père et le fils ne s’est jamais essoufflée, si bien qu’il y a une semaine, le duo était présent au Grand Prix de Trois-Rivières, où il présentait officiellement le RallyKart, un véhicule capable d’affronter les voitures les plus puissantes.

Toute cette histoire a commencé il y a 15 ans, dans le garage de la résidence familiale de Jonquière. Le patriarche, Carol Gervais, mécanicien industriel de carrière, passait son temps libre à bricoler.

Voici le premier véhicule construit par Danny Gervais, alors qu’il avait 18 ans.

« Mon père m’a fabriqué un petit véhicule avec un moteur de chaise roulante et, immédiatement, j’ai eu la piqûre. Je voulais en fabriquer moi aussi et créer une voiture de course », raconte Danny Gervais, qui demeure à Trois-Rivières depuis cinq ans, en raison du travail, mais qui demeure grandement attaché à son Saguenay natal. « Mon fils était toujours autour de moi, à regarder ce que je faisais ! Il était toujours dans mes pattes ! », se remémore Carol Gervais, qui réside toujours à Jonquière.

M. Gervais s’est attaqué à la conception d’un autre véhicule de style buggy lorsque Danny avait 12 ans. « À ce moment, je commençais à dessiner des croquis pour fabriquer mon propre véhicule. Tous mes agendas d’école du secondaire sont pleins de dessins de véhicules que je voulais fabriquer. Les pages sont remplies de croquis ! C’est à 18 ans que je me suis lancé dans la fabrication de mon premier bolide », raconte Danny Gervais, qui s’est inscrit à l’époque en génie mécanique au cégep. Son parcours scolaire lui a d’ailleurs permis d’acquérir des connaissances pour réaliser son rêve.

Le RallyKart a très bien performé au Grand Prix de Trois-Rivières.

« Mon premier véhicule avait été fabriqué avec un moteur de motoneige et j’ai ensuite commencé à travailler sur le prototype du RallyKart, qui s’appelait à l’époque le Rapace. Le prototype a tout de suite connu beaucoup de succès auprès des promoteurs et j’ai continué à travailler sur le modèle. Mon père a toujours été avec moi et j’ai eu la chance d’être super bien entouré de personnes qui ont cru en moi, comme Carl Nadeau, qui est animateur de l’émission Propulsion et Jean-Marc Alcaraz, qui est pilote », a expliqué Danny Gervais.

Si Danny Gervais est aujourd’hui fort bien entouré, il a longtemps dû faire face aux découragements, voire même aux moqueries. « Lorsque je disais que mon rêve était d’aller au Grand Prix de Trois-Rivières, les gens riaient de moi. On me disait que je rêvais en couleurs. Mais nous avons réalisé mon rêve de petit gars. Je ne me suis jamais découragé et je me suis entouré des bonnes personnes. J’ai pris les moqueries comme source de motivation », a souligné Danny Gervais.

Le RallyKart a très bien performé au Grand Prix de Trois-Rivières.

Même son père, Carol, lui disait de « rester calme ». « Disons que je n’avais pas la même aspiration et je ne voulais pas qu’il soit déçu. Je lui disais de se calmer un peu. Mais finalement, son rêve s’est réalisé et je dois dire qu’un père ne pourrait pas être plus fier. Nous avons eu un week-end de rêve au Grand Prix et je suis encore sur un nuage », a souligné celui qui est également très fier de sa fille Séphanie, qui est auteure jeunesse.

« Quand nos enfants vivent de leur passion, on ne peut pas être plus heureux », a ajouté Carol Gervais.

L’équipe derrière le RallyKart, dont Danny (à l’avant) et son père Carol Gervais (troisième à partir de la droite).

+ LE RALLYKART, «C'EST UN MONSTRE!»

Le RallyKart, qui a le potentiel de se mesurer à des voitures aussi puissantes qu’une Lamborghini et une Porsche, en plus de battre des records sur les pistes de gravier, de glace ou de neige, sera commercialisé sous peu. Danny et Carol Gervais ont fondé l’entreprise DGX Concept en 2018 afin de transformer ce rêve en réalité, sous les bons conseils du journaliste automobile Carl Nadeau et du pilote Jean-Marc Alcaraz.

Le RallyKart se distingue par sa polyvalence et sa grande rapidité. Il s’adapte à toutes les silhouettes et se détaillera autour de 50 000 $, ce qui fait de lui un véhicule toutes catégories plus abordable que ses compétiteurs. 

« C’est un vrai monstre ! », souligne l’animateur de l’émission Propulsion, Carl Nadeau, qui s’implique au sein de l’entreprise DGX Concept. « C’est mon bon ami, le pilote Jean-Marc Alcaraz, qui m’a parlé de Danny. Il m’a dit qu’un petit gars faisait des choses extraordinaires dans son garage, alors je suis allé voir ça. Je m’attendais à voir quelque chose de pas pire et à donner quelques conseils, mais je suis littéralement tombé par terre ! Je n’avais jamais vu quelque chose du genre. »

« Danny a une grande faculté d’analyse et il accepte les conseils. Le bolide est vraiment unique en son genre, puisqu’il se démarque sur tous les genres de pistes, que ce soit en asphalte, en gravier, en neige ou en glace. Il est ultra rapide et affronte les voitures les plus puissantes », a expliqué Carl Nadeau, lors d’une entrevue accordée au Progrès. 

Lors du week-end du Grand Prix de Trois-Rivières, plusieurs sceptiques s’attendaient à ce que le véhicule ne performe pas autant. Il était en compétition pour la toute première fois. Le RallyKart participait à la série McGregor Offroad Series, en piste avec les bolides de side by side (atmosphérique et turbo). « Plusieurs nous disaient qu’il briserait ou qu’il ne serait pas aussi rapide qu’on le disait. Eh bien, nous nous sommes rendus en finale et nous avons terminé en 2e et 3e position, contre des véhicules Bombardier qui sortaient de l’usine ! Ç’a été vraiment un grand succès », a souligné Carl Nadeau. 

Le bolide de course sera en vente dès septembre et monsieur et madame Tout-le-monde pourront le conduire sur circuit. Le véhicule ne sera pas commercialisé pour la route. 

Il devrait être présent à la fin septembre lors d’une course à Mont-Tremblant.