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Karine Tremblay
La Tribune
Karine Tremblay
Les comédiens Édith Cochrane et Emmanuel Bilodeau participent à la nouvelle émission <em>C’est plus qu’un jardin</em>, diffusée sur Unis TV, avec leurs trois enfants, Siméon, Paul-Émile et Adélaïde.
Les comédiens Édith Cochrane et Emmanuel Bilodeau participent à la nouvelle émission <em>C’est plus qu’un jardin</em>, diffusée sur Unis TV, avec leurs trois enfants, Siméon, Paul-Émile et Adélaïde.

Plus qu’un jardin...et qu’un show de télé

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Le titre de l’émission le dit : C’est plus qu’un jardin, ça va bien au-delà des plants de tomates et de basilic qu’on fait pousser sur le balcon, le temps d’une saison.

C’est l’idée d’une vague de fond qui induit des changements profonds. C’est aussi une vision citoyenne qui repense nos habitudes de consommation. C’est enfin une inspiration pour nourrir un mouvement collectif. 

Et c’est un peu pour toutes ces raisons qu’Emmanuel Bilodeau et sa famille ont sauté à pieds joints dans le projet télévisuel qu’on leur a présenté en avril dernier, au début de la pandémie, et qui vient d’arriver en ondes sur Unis TV. 

L’association ne surprend pas ceux qui connaissent un peu le parcours du comédien à la fibre environnementaliste bien développée. 

Après tout, celui-ci a déjà accolé son nom à des organisations comme Équiterre. 

Ce qui est nouveau, cette fois, c’est qu’il a accueilli les caméras chez lui, dans le cocon des Laurentides qu’il partage avec Édith Cochrane et leurs trois enfants. 

Le temps d’une saison, la famille s’est prêtée au jeu de l’émission. 

Expérimentations jardinières, alimentaires et écolos de tous genres ont meublé les semaines au chalet devant l’œil d’une équipe télévisée.

« Ouvrir ainsi les portes de notre intimité familiale, ce n’est pas notre tasse de thé, habituellement. Mais dans un contexte de confinement, et dans la mouvance collective où il y a un buzz jardinier, où on sent un intérêt pour tout ce qui touche à l’autonomie alimentaire, on trouvait que le projet tombait pile. C’est une émission qui se veut accessible et inspirante pour la population générale, ça nous plaisait de faire partie d’une aventure télévisée du genre qui, par l’exemple, donne des outils concrets. »

Une autre famille, qui vit à Belœil, a aussi participé aux tournages. Jean-Martin Fortier et Dany Bouchard (de L’Académie potagère de Saint-François-Xavier-de-Brompton) accompagnent tout ce beau monde de semaine en semaine. En tout, 13 épisodes ont été captés. 

On l’a vu lors de la première émission diffusée jeudi dernier, la tribu Bilodeau-Cochrane s’est dotée d’un poulailler. Une première expérience animalière qui a ravi le clan. 

« On ne savait pas si on allait aimer prendre soin des animaux au quotidien, mais on s’est vraiment attaché aux poules, le projet a été très porteur. »

L’élevage de grillons, qu’on verra plus tard au cours de la saison, s’est avéré moins heureux. 

« L’idée de départ était d’en faire une farine. Même si ça ne nous tentait pas tant que ça, on s’est lancé… et on a réalisé que ce n’était pas pour nous. D’abord, des grillons, ça ressemble un peu à des coquerelles, et ça commande beaucoup de soins. Leur chant est charmant, cela dit, on les entend et on a un peu l’impression de vivre en Guadeloupe, mais ce sont de petites bêtes fragiles. Leur vie ne tient pas à grand-chose. On a perdu notre élevage en chemin. On laisse ça à d’autres! » 

Au fil des rendez-vous télévisés des prochaines semaines, les Bilodeau-Cochrane vont notamment tâter la déshydratation et la fermentation d’aliments, apprivoiser le jardinage dans leur périmètre ombragé et expérimenter la toilette à compost, « une petite révolution sanitaire qui gagnerait à être mieux connue tellement c’est fantastique… et sans odeur », assure Emmanuel. 

Fana de boulange, celui-ci s’est aussi lancé le défi de construire un four à pain carboneutre, qui utilise les branches de bois mort tombées sur le terrain.  

« C’est une autre façon d’être autonome. Été comme hiver, quand l’électricité fait défaut, et ça arrive fréquemment dans notre coin, on peut cuisiner une miche ou un repas en cocotte. C’est aussi ça, l’indépendance alimentaire. Parce qu’on prend vite conscience que sitôt que la technologie fait défaut, on est désemparés, on perd nos moyens. »

Les Bilodeau-Cochrane, en train de démystifier les bases de la culture du potager.

Savoir-faire et connaissances

Il y a un savoir-faire et des connaissances à se réapproprier.

« On réalise que nos ancêtres en connaissaient beaucoup... Dans le partage des tours de main et des ressources, il y a quelque chose qui se tisse dans notre lien aux autres. Tu vois, notre four à pain, c’est de l’autonomie possible pour notre famille, bien sûr, mais aussi pour le voisinage. Le fait d’avoir ça chez nous peut profiter à d’autres. Ça nourrit une forme d’entraide, de partage, d’esprit de communauté. »

Ça nourrit aussi un certain contentement.  

« Je pense qu’une des voies inévitables pour tendre vers plus de calme, de bonheur et d’équilibre passe par le fait de ralentir, de faire les choses nous-mêmes. »

C’est vrai aussi en cuisine. 

« Préparer les repas, c’est récurrent, ça revient trois fois par jour. Si on le fait pour se débarrasser et qu’on n’y prend pas plaisir, ça peut très vite devenir assez harassant. » 

A contrario, si on en prend son parti et qu’on décide de faire de ce temps obligé un moment agréable avec ses proches, la perspective devient autre. La valeur qu’on accorde à l’activité quotidienne aussi.   

« Les médecins le disent : manger le moins transformé possible, en cuisinant maison est un gage de meilleure santé. On gagne donc à prendre le temps, à faire de cette activité quotidienne un heureux moment à laquelle on donne une bonne vibe. Et si en plus on apprête des ingrédients qui viennent de notre jardin, c’est doublement satisfaisant. Et pas besoin d’avoir une immense terre pour se lancer. Chacun peut y aller à sa mesure. Un coin de balcon, quelques plants en pots, c’est un début, déjà », dit celui qui avait déjà l’idée de cultiver un bout de terre avant même que la production le contacte, le printemps dernier.

« On avait commencé des semis dans la maison avec les enfants. Sauf qu’on n’avait pas réfléchi à l’endroit où on ferait pousser tout ça. Notre terrain des Laurentides est ombragé, ce n’est pas vraiment pas l’idéal pour un potager. À la fin, on a bien récolté quelques tomates, mais nos carottes étaient minuscules. »

Il a donc fallu repenser les cultures en fonction du sol et de l’ensoleillement. 

« On a finalement misé sur des vivaces comestibles, des champignons, du gingembre, certains arbustes. Ça nous a permis de voir que même si on ne peut pas envisager de faire un jardin classique sur cette terre-là, il y a moyen d’avoir du fun quand même. »

Les anecdotes du genre s’enchaînent au fil de la discussion. Pendant la saison de tournage, il y a eu plusieurs projets heureux, d’autres moins concluants, mais aucun n’a entamé l’enthousiasme du comédien. 

« Tout ça, tous ces projets, on les a faits ensemble, en famille. On a appris, on a aussi transmis quelque chose aux enfants. C’est vrai que c’est plus qu’un jardin. C’est de la joie. »

Dans le cadre de l’émission<em> C’est plus qu’un jardin</em>, la famille Bilodeau-Cochrane s’est lancée dans l’élevage de poules pondeuses.
  • Vous voulez regarder?
  • C’est plus qu’un jardin
  • Le jeudi à 20 h
  • Unis TV
  • (plusieurs rediffusions en semaine dont le dimanche, à 17 h 30)

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Jardiner au lieu de gazonner

C’est le beau temps de l’année où, entre deux saisons, les amoureux des projets maraîchers bichonnent leurs semis en rêvant au jardin nourricier qu’ils vont cultiver pendant l’été. Emmanuel Bilodeau fait (un peu) partie de cette frange qui gagne toujours davantage d’adeptes. 

« Ça calme les angoisses, mettre les mains dans la terre. Ça permet de t’ancrer et de t’amener ailleurs tout à la fois. Et c’est bon pour la planète et l’environnement. Si chacun cultive davantage de plantes sur son terrain, ça ajoute à la biodiversité de notre environnement. »

S’il n’en était que de lui, on dirait adieu au vert gazon façon terrain de golf qui sévit à l’envi, en ville comme en banlieue. 

« Pourrait-on se dire qu’on arrête ça, les monocultures gazonnées? Je pense d’ailleurs que les municipalités devraient être plus proactives dans ce dossier et encourager les potagers de façade. Imaginez le résultat si on convertissait nos grands carrés de pelouse en jardins. » 

Édith Cochrane, Emmanuel Bilodeau et leur fille Adélaïde.

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