Pagayer dans les eaux turquoise et limpides de la baie Géorgienne

Péninsule Bruce: les Caraïbes près de chez vous

Envie de vacances à proximité d’eaux cristallines? Et si l’on vous disait qu’il existe des plages (presque) aussi grandioses que celles des Caraïbes près de chez nous en Ontario? À distance de voiture du Québec, dans les eaux turquoise et limpides de la baie Géorgienne, baignent des îles, des grottes et plusieurs autres trésors. Petite virée dans la péninsule Bruce.

Pour les Québécois en quête d’une destination de vacances qui se compte en dollars canadiens, la péninsule Bruce peut s’avérer une destination abordable. Et elle n’a pas grand-chose à envier aux Caraïbes ou même à la Côte d’Azur, du moins en ce qui concerne ses plages limpides aux reflets turquoise bordées de cailloux. 

Un peu plus loin que Sandbanks (il faut compter presque 11 heures de voiture à partir de Québec), les paysages époustouflants de la péninsule Bruce valent bien les quelques heures supplémentaires de voyagement. Et d’ailleurs, à entendre notre accent résonner un peu partout, on se dit que nous ne sommes pas les premiers à avoir découvert le secret... 

Une journée à l'île Flowerpot

L’une des attractions vedettes de la péninsule Bruce se trouve au-delà de la pointe, au confluent de la baie Géorgienne et du lac Huron : l’île Flowerpot, célèbre pour ses deux piliers de pierre détachés du rivage. On s’y rend pour admirer ces structures en forme de pots de fleurs et, bien sûr, se baigner dans les eaux turquoise qui les bordent. 

Chaque jour, pendant la saison touristique, des traversiers déversent un flot de vacanciers qui viennent y passer la journée. En effet, on accède à la petite île de 2 km2 par bateau seulement, à partir du village de Tobermory, lui-même situé au bout de la péninsule. 

Le plus imposant des «flowerpots»

Inhabitée, l’île fait partie du parc marin national Fathom Five. On peut y planter sa tente pour une nuit, sur l’un des six emplacements de camping disponibles, mais aucun service n’est offert. La plupart des gens préfèrent donc effectuer l’aller-retour dans la même journée. 

En effet, on explore généralement les lieux en quelques heures, durant lesquelles on a le temps de voir les «flowerpots», de faire une petite randonnée, de pique-niquer et de piquer une tête dans l’eau, si on n’est pas frileux. 

Quand on débarque du bateau, le plus simple est d’emprunter le sentier qui longe la côte et qui mène aux «flowerpots». Ce sont en fait des piliers de pierre qui ont été détachés du rivage par l’érosion. Il y en avait autrefois un troisième, mais il s’est effondré au début des années 1900. Ce n’est pas un phénomène géologique unique, puisqu’on en trouve des semblables ailleurs, notamment au Nouveau-Brunswick (les rochers Hopewell) ou encore en Australie (les Douze Apôtres). 

Un sentier mène à l’ancien phare, qui a été remplacé en 1969 par une tour d’acier.
On peut visiter l’ancienne maison du gardien de phare, où a été aménagé un petit dépanneur.

Ceux-ci valent toutefois largement le détour. Le long du sentier, les gens s’arrêtent ici et là pour pique-niquer ou se baigner. À noter qu’il n’y a pas de plage en tant que telle dans l’île, mais on peut s’installer un peu partout sur les grands rochers plats, qui en font une plateforme idéale pour se jeter à l’eau à condition d’en avoir le courage. 

En continuant la randonnée, on arrive au site du phare de l’île, qui a été remplacé depuis par une tour d’acier. Mais on peut toujours visiter la maison de l’ancien gardien, qui a été transformée en petit musée, et où l’on peut également acheter quelques rafraîchissements et du chocolat. 

Pour finir, il est possible de faire une boucle par un autre sentier afin de retourner au quai d’où partent les bateaux, ou simplement revenir sur nos pas pour pouvoir lézarder un peu plus longtemps au bord de l’eau. 

Des épaves

Les bateaux qui font la navette entre Tobermory et l’île Flowerpot offrent de faire un arrêt dans une baie, tout près du phare de Tobermory, pour voguer au-dessus de deux épaves de bateaux. 

Pour la petite histoire, l’un des vaisseaux avait pris feu en 1907, alors que l’autre, endommagé, avait coulé avant d’avoir pu être réparé en 1885. Puisque l’eau est peu profonde et transparente à cet endroit, elle permet de discerner les détails des épaves avec une précision étonnante. Certains traversiers sont même dotés d’un fond de verre pour mieux admirer les coques ensevelies sous l’eau. 

D’ailleurs, le parc marin Fathom Five compte une vingtaine d’épaves en tout et s’avère très prisé des plongeurs, grâce à ses eaux claires et limpides.

Il n’y a pas de plage officielle dans l’île Flowerpot, mais l’ensemble des berges est très accessible pour les baigneurs.

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INFOS PRATIQUES

Comment s'y rendre

De nombreux bateaux font la liaison entre Tobermory et l’île Flowerpot tous les jours. En haute saison, il est recommandé d’acheter son billet en ligne à l’avance, pour l’aller et le retour. Deux entreprises privées font le circuit (Blue Heron Cruises et Bruce Anchor Cruises) et offrent différentes options. Nous avons choisi un bateau à fond de verre de Blue Heron Cruises pour l’aller, et un de ses bateaux express pour le retour. Dans les deux cas, les embarcations étaient complètement remplies. Aussi, puisque l’île fait partie d’un parc national, on doit se procurer un permis d’une journée pour le visiter ou pour y camper. On peut facilement l’acheter en même temps que nos billets de traversier, en ligne. 

Manger et boire

Même si l’île compte un petit dépanneur, mieux vaut emporter de la nourriture et des boissons pour pique-niquer parce qu’il n’est pas toujours ouvert et que l’offre est très limitée. L’épicerie Foodland, juste à côté du port à Tobermory, prépare plusieurs sandwichs le matin pour les voyageurs qui partent en excursion.

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Un aperçu depuis la grotte

EXCURSION À LA «GROTTO»

L’une des attractions les plus populaires de la péninsule Bruce est, ironiquement, bien cachée : la grotte. Intriguée par cet endroit dont tout le monde parlait, nous avons tenté l’expérience. Et nous ne l’avons pas regretté, même si nous avons bien failli passer tout droit! 

En pleine saison, pour visiter la grotte (que tout le monde appelle la «grotto», même en français), mieux vaut être bien préparé. Afin d’éviter qu’un trop grand nombre de touristes s’y rende chaque jour, Parcs Canada a instauré récemment un système pour limiter le nombre de places. La façon de garantir un accès au moment voulu est de réserver son stationnement. Chaque journée est divisée en créneaux de quatre heures, et il faut respecter son rendez-vous, sous peine d’être refusé à l’entrée du parc. Toutefois, les gens qui campent déjà au lac Cyprus, situé à proximité, ont accès gratuitement à la caverne et son bassin d’eau bleue. 

On se rend facilement à la grotte, située dans le parc national de la Péninsule-Bruce, à partir du village de Tobermory. Après quelques kilomètres seulement sur l’autoroute, il suffit d’emprunter le joli Cyprus Lake Road, qui serpente dans le parc national jusqu’au stationnement. C’est là qu’on délaisse la voiture pour les jambes : une randonnée d’une trentaine de minutes est nécessaire pour arriver à destination. 

On se retrouve finalement à l’anse Indian Head et sa plage rêvée garnie d’immenses roches calcaires plates, dont l’eau est complètement transparente. 

Pour accéder à la grotte, il faut se faufiler dans ce trou étroit, baptisé à juste titre la «cheminée».

Avec les reflets du soleil et du ciel bleu cette journée-là, l’effet en est presque irréel. Plusieurs baigneurs sont déjà bien immergés dans l’eau claire, malgré sa température glaciale et l’heure plutôt matinale. 

L’excursion peut s’arrêter là, mais les plus aventureux voudront continuer quelques mètres plus loin. En poursuivant sur le sentier, on passe d’abord une arche naturelle, où l’on peut apercevoir l’eau cristalline à travers les rochers. C’est joli, mais on n’est pas encore arrivé à la grotte : il faut continuer sur le sentier. 

On débouche alors sur une esplanade qui surplombe une falaise. En chemin, aucune pancarte n’indique l’entrée de la fameuse «grotto», ce qui contribue à entretenir son petit côté mystérieux. Convaincue que nous sommes passée tout droit, nous envisageons de faire demi-tour jusqu’au moment où un passant nous pointe l’entrée de la grotte. On l’aperçoit alors enfin, dans une fente à peine visible entre deux roches. Le trou est si bien camouflé que nous venions de l’enjamber sans même nous en rendre compte. 

C’est là qu’il faut se faufiler dans l’espace étroit dans le roc, baptisé à juste titre la «cheminée». On peut facilement s’y sentir claustrophobe pendant quelques secondes. Mais une fois à l’intérieur, la perspective s’ouvre et on découvre enfin la fameuse caverne et son bassin d’eau bleue. Les reflets de l’eau chatoient de toutes leurs couleurs, surtout à l’endroit où la pierre est percée par un tunnel immergé qui mène de l’autre côté du bassin. Cette ouverture crée une tache de couleur turquoise plus clair. Même s’il fait assez sombre et humide à l’intérieur, des jeunes sautent dans l’eau et leur «plouf» résonne entre les murs de la grotte. 

Après être remonté à la lumière du jour — en faisant attention aux gens qui y descendent en même temps! —, on peut retourner à l’anse Indian Head pour un bain dans les eaux turquoise. Il faut juste garder la montre à proximité pour s’assurer d’avoir quitté le stationnement à temps.

Ce kayakiste flotte sur les eaux transparentes de la baie Géorgienne.

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INFOS PRATIQUES

Réserver sa place 

Si l’on ne campe pas dans le secteur, il faut réserver son espace de stationnement pour s’assurer d’avoir une place. Il n’est pas rare que des vacanciers soient refusés à la barrière et doivent rebrousser chemin. Le coût du stationnement est de 11,70 $, auquel il faut ajouter les frais de réservation de 6 $ et la taxe. 

pc.gc.ca/fr/voyage-travel/reserve

Se rendre

Au départ de Tobermory, emprunter la Highway 6, puis tourner à gauche sur le Cyprus Lake Road. On se trouve alors dans le parc national de la Péninsule-Bruce. Continuer sur cette route jusqu’au stationnement P1. La randonnée part de cet endroit.

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Les amateurs de plein air se rendent par milliers à Tobermory pendant la saison touristique pour respirer son air frais, admirer son phare et ses couchers de soleil.

ARRÊT À TOBERMORY

La péninsule Bruce est surtout reconnue pour ses paysages sauvages. Elle est néanmoins traversée par quelques agglomérations : Tobermory, village portuaire situé complètement à la pointe, Lion’s Head, au beau milieu, sans oublier Wiarton et son style un peu western, à la base. 

Ces villages sont reliés par la seule route qui traverse la langue de terre au complet, la Highway 6. En ligne droite, l’autoroute est entourée de chaque côté d’un paysage triste et sec, de stations d’essence souvent fermées et d’une quantité étonnante de magasins Home Hardware. Au point où l’on se demande un peu ce qu’on est venu faire ici...

Mais il faut persévérer parce que la récompense, quand on arrive à la pointe de la péninsule, rachète largement tous ces kilomètres d’asphalte. Au détour d’une jolie courbe, on découvre le charmant petit village de Tobermory, dont le port animé est entouré de quelques restaurants, d’une bibliothèque municipale et de magasins de souvenirs. 

Les amateurs de plein air s’y rendent par milliers pendant la saison touristique pour respirer son air frais, admirer son phare et ses couchers de soleil, faire des randonnées, mais aussi pour profiter de ses côtes. 

Le port de Tobermory

Si on fait rapidement le tour de Tobermory, il s’agit néanmoins d’un arrêt agréable vers d’autres destinations. Certains s’y rendent pour prendre le traversier vers l’île Manitoulin, sur la rive nord de la baie Géorgienne, alors que de nombreux vacanciers profitent de leur passage à Tobermory pour aller visiter l’île Flowerpot et son paysage unique. 

À un jet de pierre du village, accessible à pied, se trouve le centre d’accueil du parc national de la Péninsule-Bruce et du parc marin national Fathom Five. Sa visite peut s’avérer intéressante, car au-delà des informations d’usage, il comporte une tour d’observation haute d’environ 18 mètres qui surplombe le parc national et les îles. Une belle façon d’entamer son séjour. 

C’est là aussi que part la Bruce Trail (sentier Bruce), qui débute à Tobermory et qui traverse l’Ontario jusqu’à Niagara, à l’extrémité sud-est de la province. Nul besoin d’en parcourir les quelque 900 km, mais on en marchera inévitablement des bouts en randonnant dans les parcs nationaux de la péninsule. Partout, les sections de la piste sont indiquées par des traces de peinture blanche sur les arbres, et ces segments passent parfois dans des endroits inusités comme des terrains privés. 

Il faut juste faire attention où on met les pieds : on peut croiser des serpents dans les sentiers de la péninsule. 

Escapade à Southampton

On dit que ce sont les Hamptons de l’Ontario. Après la péninsule Bruce et son côté un peu plus rustique, il peut s’avérer agréable de passer par Southampton, une petite ville chic et mignonne sur les berges du lac Huron. 

Elle comporte tout le nécessaire d’une station balnéaire typique : une longue plage de sable, une jolie rue principale, ainsi que quelques bonnes adresses pour manger. Côté hébergement, on peut opter pour de jolis inns ou des cottages à louer. On y trouve également un motel rétro à la façade turquoise, qui possède aussi un comptoir de gelato! 

Si les berges du lac Huron ne sont pas aussi impressionnantes que celles de la baie Géorgienne, elles ont le mérite d’être tranquilles. Fait non négligeable : la température de l’eau y est légèrement plus supportable! Il fait donc bon s’y baigner, ou y suivre un cours de yoga. 

Southampton est une petite ville chic et mignonne sur les berges du lac Huron.

Il règne aussi une atmosphère agréable sur la rue principale, High Street, qui s’élance perpendiculairement à la plage. L’artère a des allures de grand boulevard, avec son drapeau canadien planté à son extrémité et ses jolies maisons de chaque côté. On y trouve quelques cafés, des glaciers et des magasins de toutes sortes : vêtements, décoration, accessoires... Dans la petite échoppe The Cook’s Cupboard, où quelques étalages ont été disposés devant, on tombe d’ailleurs sur des accessoires de table signés Ricardo. 

En face du bureau de poste, la Walker House occupe tout le coin de rue avec son imposante façade de briques. On y sert une réconfortante cuisine de pub, qu’on peut déguster dans la salle à manger ou sur la magnifique terrasse fleurie bien cachée derrière. 

Southampton est l’un de ces endroits où il fait bon vivre. En chemin vers la maison, on s’y arrête donc volontiers, ne serait-ce que pour prendre quelques butter tarts (ces tartelettes populaires dans la région) avant de repartir, pour rendre la route plus agréable.